Tebboune en Turquie : Un nouveau souffle pour le partenariat stratégique
Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a entamé une ce mercredi visite officielle de trois jours en Turquie, à l’invitation du président Recep Tayyip Erdogan. Cette visite vise à consolider les relations d’amitié et de coopération entre les deux pays.
A cette occasion, le chef de l’Etat coprésidera, aux côtés de son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, les travaux de la première session du Conseil de coopération stratégique de haut niveau algéro-turc, qui se tient aujourd’hui à Ankara.
Cette session, à laquelle participeront plusieurs ministres des deux pays, permettra de passer en revue de manière globale les relations bilatérales avec la Turquie, et d’examiner les moyens de renforcer davantage la coopération. Il est également prévu que les discussions bilatérales porteront sur les développements régionaux et internationaux actuels.
Il est attendu, à l’issue de cette visite, la signature de plusieurs accords importants visant à consolider le cadre juridique des relations bilatérales.
Il convient de relever que la tenue de cette session du Conseil de coopération de haut niveau est la première dans l’histoire des relations entre les deux pays, traduisant avant tout la volonté de structurer davantage cette coopération et de consacrer ainsi un partenariat appelé à se développer, d’autant que l’Algérie et la Turquie partagent une convergence de vues sur de nombreux dossiers internationaux, notamment sur la question palestinienne, la crise libyenne, les tensions au Moyen-Orient et la situation dans la région du Sahel en Afrique.
Entre Alger et Ankara, au-delà des liens historiques et culturels, dont l’Algérie partage un héritage commun remontant à l’ère ottomane, les échanges ont connu un boom considérable ces dernières années dans les domaines politique, économique, commercial et même militaire.
Selon des données officielles, la Turquie est devenue l’un des principaux partenaires économiques de l’Algérie, avec un volume d’échange qui ne cesse de progresser chaque année, ainsi qu’une présence visible et remarquée sur le marché national de plusieurs entreprises turques dans l’industrie, la sidérurgie, les textiles, les travaux publics et le bâtiment, dont le nombre a dépassé les 1 500 entreprises, créant ainsi plusieurs dizaines de milliers d’emploi directs.
Actuellement, les investissements turcs en Algérie ont dépassé les 5 milliards de dollars. Un chiffre que les deux pays entendent porter à plus de 10 milliards de dollars à moyen terme. Le champ des investissements devrait s’ouvrir sur d’autres secteurs économiques, comme les énergies renouvelables, les mines, l’agriculture saharienne et l’industrie pharmaceutique, d’autant que l’Algérie a lancé récemment de mégaprojets dans ces secteurs. De même que des efforts se poursuivent pour renforcer la coopération dans les domaines de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique, de la santé et de la culture.
En quelques années, l’Algérie est devenue le deuxième partenaire commercial de la Turquie en Afrique, tandis que la Turquie est le premier investisseur étranger en Algérie avec plus de 377 projets d’investissement.
La Turquie exporte vers l’Algérie principalement du fer, de l’acier, du textile ainsi que des produits manufacturiers. À l’inverse, l’Algérie exporte surtout des combustibles minéraux, du sucre et des produits chimiques. En 2017, le solde extérieur entre l’Algérie et la Turquie était presque à l’équilibre.
Selon les experts, la densité des relations entre les deux pays devrait encourager à l’instauration d’une zone de libre-échange algéro-turque. En janvier 2020 s’est tenu le forum d’affaires Algérie-Turquie à Alger, qui a notamment été l’occasion pour le président Erdogan de prôner la signature d’un traité de libre-échange.
Sur le plan politique, l’axe stratégique Alger-Ankara s’est considérablement consolidé grâce à une convergence de vue sur des questions sensibles sur la scène régionale et internationale, notamment en Libye, au Proche-Orient et au Sahel.