Tebboune dans un discours à la Nation : Le citoyen au cœur de l’action de l’Etat
Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, s’est adressé ce mardi à la Nation dans un discours prononcé devant les deux chambres du Parlement réunies en session extraordinaire. Il a réaffirmé sa détermination à honorer ses engagements au service du peuple et de l’intérêt national, soulignant que ni les résistances internes au changement ni les tentatives de déstabilisation provenant de l’extérieur ne sauraient détourner l’Algérie de ses objectifs stratégiques.
Le chef de l’État a insisté sur la poursuite de la mise en œuvre des programmes de développement, plaçant le citoyen au cœur de l’action publique, notant que le processus de réformes engagé demeure et vise à consolider la transparence, à instaurer les fondements de la bonne gouvernance, à lutter contre la corruption et à mettre fin à toute forme de négligence ou de laxisme. Dans ce cadre, il a souligné que la justice restera vigilante face à toutes les formes de corruption, tout en assurant la protection des cadres intègres de l’État.
Sur le plan économique, le Président a affirmé que l’Algérie est entrée dans une phase décisive, marquée par une dynamique de l’investissement, aussi bien au niveau national qu’international. Selon les chiffres de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI), 19 000 projets ont été enregistrés pour une valeur globale de 8 242 milliards de dinars (environ 61 milliards de dollars), permettant la création de près de 500 000 emplois. Il a également fait état de 309 projets impliquant des investisseurs étrangers, pour un montant de 1 300 milliards de dinars, réfutant ainsi toute idée d’isolement de l’Algérie en matière d’investissement.
Les résultats de la Foire commerciale intra-africaine (IATF) ont, selon le Président, confirmé le dynamisme de l’investissement en Algérie et illustré les contours d’une nouvelle ère économique, reconnue par plusieurs instances internationales. Ces indicateurs traduisent la capacité d’adaptation de l’économie nationale, a-t-il estimé, précisant que le taux d’inflation a été maintenu à 2,8 %, un niveau jugé stable, attestant de la solidité de l’économie algérienne et de la préservation du pouvoir d’achat.
Le Président a salué l’ensemble des travailleurs et cadres ayant contribué à ces résultats, rappelant notamment la réalisation de 1 000 kilomètres de voies ferrées et l’équivalent de 22 kilomètres de ponts en une année et demie, grâce à des compétences nationales mobilisées à 90 %. Il a indiqué que le taux de croissance du PIB a atteint 4 % en 2023 et poursuit sa progression, plaçant l’Algérie parmi les économies les plus dynamiques.
Abordant la politique industrielle, le chef de l’État a souligné que la construction de l’économie nationale repose sur l’industrie, en particulier la sidérurgie, le ciment et les matériaux de construction, désormais érigés en véritables moteurs de croissance et non plus en simples produits de substitution aux importations. Il a rappelé qu’après une période de désertification industrielle marquée par des fermetures d’usines et une dépendance excessive aux importations, l’industrie, qui représentait 18 % du PIB sous la présidence du défunt Houari Boumediene avant de chuter à 3 %, connaît aujourd’hui une relance significative. Sa contribution au PIB atteint actuellement 10 % et devrait s’élever prochainement entre 12 et 13 %, sans distinction entre secteur public et secteur privé.
Dans le secteur pharmaceutique, il a indiqué que la production nationale couvre 82 % des besoins en médicaments, permettant à l’Algérie de s’imposer comme un acteur majeur, notamment dans la fabrication de médicaments complexes, y compris les traitements anticancéreux. Le pays figure également parmi les rares producteurs dans la région de stylos à insuline et de dispositifs de dépistage du diabète. Une économie estimée à 250 millions de dollars est attendue en 2025 au profit du Trésor public grâce à ce secteur.
Concernant l’écosystème des start-up, le Président a fait savoir que leur nombre a atteint 13 000, certaines ayant acquis une reconnaissance internationale. Il a évoqué l’existence de 545 incubateurs, dont 292 agréés, et les incitations fiscales en leur faveur, soulignant que la richesse réelle de l’Algérie réside dans sa jeunesse et ses compétences, capables de surmonter les lourdeurs administratives, permettant aujourd’hui à de nombreux étudiants universitaires de disposer à la fois d’un diplôme et d’un projet. Des pays comme la Corée, la Chine et la Slovénie, leaders en entrepreneuriat, témoignent, selon lui, de la qualité des porteurs de projets algériens.
Mines, industrie, agriculture, des secteurs clés
S’agissant du secteur minier, le président a mis en avant l’avancée notable enregistrée, notamment avec le lancement effectif de l’exploitation de la mine de fer de Gara Djebilet à partir de janvier 2026, date de l’arrivée du premier train transportant ce matériau à l’usine d’Oran. Un événement qualifié de victoire nationale, compte tenu des conditions climatiques difficiles ayant entouré la construction de la voie ferrée dans la région de Tindouf.
Il a également annoncé le lancement imminent de la mine d’Oued Amizour. Actuellement, 20 mines sont exploitées pour couvrir les besoins nationaux, bien que cela ne garantisse pas encore une indépendance totale vis-à-vis des hydrocarbures, selon lui. Il a aussi rappelé le caractère stratégique du projet intégré de phosphate de Bled El Hadba, dont la production passera de 2 à 2,5 millions de tonnes par an pour atteindre 10,5 millions de tonnes, renforçant ainsi la souveraineté nationale à travers la production d’engrais.
En matière d’énergies renouvelables, le Président a évoqué le projet de 25 centrales solaires totalisant une capacité de 3 200 mégawatts dont une partie sera destinée à l’exportation, précisant que le gaz demeure la principale ressource d’exportation du pays. Abordant le secteur agricole, le chef de l’État a insisté sur la réduction des importations, indiquant que les superficies consacrées à la culture du maïs atteignent actuellement 30 000 hectares, avec un objectif de 200 000 hectares afin de dégager un excédent de production.
Tebboune a mis l’accent sur l’amélioration des rendements céréaliers, notamment du blé dur et tendre, de l’orge et du maïs, affirmant que l’émancipation vis-à-vis des importations garantirait l’autosuffisance du pays. Il a également annoncé que la culture des légumineuses d’atteindra prochainement l’autosuffisance, saluant les techniques introduites par les agriculteurs et spécialistes qu’il a qualifiées d’initiatives individuelles à encourager. Il a précisé que 15 000 exploitations agricoles ont été raccordées à l’électricité entre 2024 et 2025.
Le Président a toutefois exprimé son regret quant à la carence dans la production de viande malgré les grandes potentialités, dénonçant des dysfonctionnements et une forte spéculation notamment à la veille de l’Aïd El-Adha. Il a rappelé que la population algérienne a atteint 47 millions d’habitants et que l’espérance de vie s’élève à 77 ans, des indicateurs reflétant l’amélioration des conditions de vie, tout en soulignant la nécessité de diversifier les sources de revenus, notamment à travers l’industrie et l’agriculture, secteurs grâce auxquels l’Algérie exporte désormais des produits autrefois importés.
Réaffirmant le caractère social de l’État, conformément à la Déclaration du 1er Novembre, le Président a souligné la poursuite le soutien notamment au logement, ainsi que la gratuité de l’enseignement, rappelant également l’octroi de 8 000 bourses d’études aux Africains.
Dans le secteur de l’éducation, il a annoncé la construction de 700 établissements en 2025 et la généralisation des tablettes électroniques, désormais fabriquées localement, avant de souligner la satisfaction des parents quant à l’introduction de l’anglais au primaire.
Qualifiant le secteur de la santé de pilier fondamental de la politique sociale, il a annoncé la mise en service de 1 200 lits hospitaliers en 2025, en sus de nouveaux hôpitaux et projets de centres hospitalo-universitaires. Il a également rappelé l’augmentation des salaires et allocations, avec des hausses atteignant 47 % et l’ambition de les porter à 100 %. Depuis 2029, l’Algérie a distribué 1,7 million de logements, dont 400 000 en 2025, construits avec des matériaux locaux.
Sur la sécurité hydrique, il a affirmé que le dessalement de l’eau de mer est devenu une solution incontournable face aux changements climatiques. Les cinq stations déjà réceptionnées couvrent près de 1,5 million de mètres cubes, avec un objectif de couverture de 60 % des besoins. Une fois les nouvelles stations mises en service, l’Algérie deviendra le premier pays arabe et africain en la matière.
Sur le plan diplomatique, le président a réaffirmé le soutien indéfectible de l’Algérie à la cause palestinienne, malgré les pressions, soulignant l’attachement du pays au respect du droit international, position illustrée notamment au Conseil de sécurité. Sur la Libye, il a exprimé son souhait de voir une solution émerger entre les Libyens, sans ingérence étrangère, à travers des élections. Il a également mis en garde contre les tentatives de déstabilisation visant la Tunisie, rappelant que la sécurité des deux pays est indissociable et que l’Algérie n’a jamais interféré dans les affaires intérieures tunisiennes.