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Nationale

Tebboune : «Ce peuple est désabusé par des années de gestion folklorique »

Tebboune : «Ce peuple est désabusé par des années de gestion folklorique »

Le président de la République Abdelmadjid Tebboune s’est exprimé mercredi dans le quotidien français l’Opinion, en duplex depuis Alger, dans un long entretien dans lequel il revient sur la situation politique du pays depuis la destitution de l’ancien président Abdelaziz Bouteflika.

Cette fois-ci, il a tenu des propos très durs envers l’ancien locataire d’El-Mouradia. D’emblée, le président Abdelmadjid Tebboune a tenu à lever toute équivoque : « La Constitution est un document sacré. En Algérie, plus personne ne pourra la toucher pour réaliser un troisième mandat», promet-il. Pour la première fois, il désigne son prédécesseur comme étant impotent : « Le 22 février 2019, pratiquement toute la population est sortie dans la rue pour exprimer son ras-le-bol par rapport à tout ce qui s’était passé les deux à trois années précédentes et s’était achevé par une comédie de préparation d’une élection pour un cinquième mandat, sachant que le président Bouteflika était devenu impotent ».

Selon le chef de l’Etat, le Hirak, « protégé »  par l’Armée et les services de sécurité, «a mis fin à cette comédie. Ce mouvement populaire et civilisé s’est exprimé de façon très politique et très pacifique. Ses représentants avaient plusieurs doléances : l’arrêt du processus électoral, la fin du quatrième mandat, un changement radical de la gouvernance». Toujours selon le chef de l’Etat, le mouvement de protestation «est protégé par les services de sécurité contre les risques de provocation et de dérapage avec cette attitude civilisée qu’aucun lampadaire, aucune vitrine n’ont été cassés pendant le déroulement des marches». Ne mâchant pas ses mots sur les dernières années du règne de Bouteflika, le président Tebboune ose même comparer le pays alors à une république bananière, voire folklorique : «Ce furent les premières élections propres et transparentes. Le plus difficile fut de regagner la confiance de ce peuple désabusé par des années de gestion folklorique qui tenait de la république bananière. Il fallait montrer que le changement était radical au niveau de la gestion locale, régionale, nationale. Nous avons procédé à des changements dans tous les corps de l’Etat et nous nous sommes attelés à fournir les efforts pour que  l’avant -projet de Constitution soit le reflet réel de la demande populaire de changement, comme je m’y étais engagé durant la campagne… La paix et la sérénité sont revenues. Nous sommes sur le bon chemin du retour de la confiance des Algériens envers leur État et leurs responsables et, à leur tête, leur président de la République.»

En réponse aux accusations qui fusent de toutes parts de la part d’ONG, de personnalités nationales et celles d’une partie de l’opposition, il répond sans hésiter : «Nous avons dépassé depuis longtemps la période de l’unanimité et de l’unanimisme. Il y aura toujours des voix discordantes. Chacun voit les choses à sa manière. Une République qui cherche à entamer une vraie démocratisation de la vie publique tient compte de l’avis de la majorité tout en respectant les avis minoritaires. Il y a des ONG qui sont stigmatisées pour leur accointance, leur manière de voir les choses, leur négativisme, il y en a d’autres qui sont respectables, nous tenons compte de leurs avis». Evoquant l’état de santé de l’ancien Président, à la veille de sa destitution, Abdelmadjid Tebboune décrit «un Président malade, il ne parlait pas, il ne marchait pas, cela aurait pu aboutir à une catastrophe».

Interrogé sur l’arrestation de journalistes, le président Tebboune s’en défend, rappelant, à ce propos, son engagement sur la liberté de la presse et insistant sur «la nécessité du respect de l’ordre public, mais les arrestations opérées ne sont pas faites sur la base des idées des personnes (…)  Je peux vous assurer qu’aucun journaliste n’est arrêté parce qu’il est journaliste, nous respectons les journalistes, j’ai le plus grand respect pour la presse, mais le fait d’être journaliste ne donne pas droit à l’immunité».

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