Tebboune au chevet des brulés: Solidarité incandescente après les brasiers
Une fois les brasiers éteints et les fumées dissipées, les villages meurtris de plusieurs wilayas découvrent l’immensité des dégâts et amorcent une longue convalescence, au moment où le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, s’est enquis, ce samedi, de l’état de santé des brûlés hospitalisés à l’hôpital de Zeralda. Alors que les familles déplacées, blessées ou profondément traumatisées affrontent les stigmates de la tragédie, une course de fond s’engage pour recenser les besoins et panser les plaies. À Jijel comme dans de nombreuses régions affectées, le dispositif de solidarité passe à la vitesse supérieure, déployant ses forces au plus près des populations, jusque dans les recoins les plus enclavés des massifs forestiers.
Fidèle aux directives émises par les autorités, l’Agence de développement social a orchestré le renfort des cellules de proximité en y intégrant des équipes venues de wilayas limitrophes. Cette stratégie vise à élargir considérablement le maillage territorial pour couvrir les zones rurales les plus isolées ainsi que les hameaux perchés en altitude.
Ce plan de déploiement de terrain, mûrement réfléchi et mené en étroite collaboration avec les autorités locales, permet aux travailleurs sociaux et aux psychologues d’aller à la rencontre directe des sinistrés sur leurs lieux de vie ou d’accueil, garantissant ainsi la pertinence et la complémentarité des interventions jusqu’à la réhabilitation complète des foyers touchés.
Depuis maintenant trois jours consécutifs, ces cellules s’activent sans répit dans les centres d’hébergement et les localités sinistrées pour dispenser un accompagnement global. L’écoute attentive, le soutien psychologique indispensable pour surmonter le choc émotionnel et la prise en charge sanitaire quotidienne constituent le cœur de cette mission de terrain.
À Jijel, l’ampleur de cette mobilisation citoyenne et institutionnelle s’illustre à travers les chiffres enregistrés vendredi. Dans la commune de Chekfa, près de neuf cents personnes évacuées et regroupées au lycée local ont pu bénéficier de bilans médicaux et d’un accompagnement adapté, tandis que des centaines d’autres ont profité de cellules d’écoute installées au lycée Bougroum et au centre de formation professionnelle. La dynamique solidaire s’est également déployée à Texenna, à Ouled Yahia Khedrouche et dans la région de Bordj Tahar Ghebala, où des dizaines de familles relogées temporairement ont reçu une assistance sociale personnalisée.
Cette chaîne de solidarité nationale transcende les frontières administratives et irrigue l’ensemble des territoires frappés par les feux de forêt. À Béjaïa, les équipes de terrain sillonnent les sites d’accueil et se sont notamment rendues au chevet des patients hospitalisés à Souk El Tenine pour leur apporter réconfort et assistance administrative. De la même manière, dans la wilaya de Mila, les cellules ont investi la commune d’Amira Arrès pour prêter main-forte aux habitants d’El Ouazta.
À Bouira, Médéa, Annaba et Skikda, le même élan de fraternité s’organise au sein des écoles primaires et des centres de formation reconvertis en refuges d’urgence. De l’école Bir Kader Ammar à Filfila jusqu’aux quartiers d’Hamadi Krouma, des centaines de citoyens traumatisés trouvent auprès de ces brigades de solidarité un appui psychologique précieux et une oreille attentive pour surmonter l’épreuve.
Une fois l’urgence de l’extinction passée, l’action publique entre dans une phase où la constance et la proximité humaine s’avèrent déterminantes.
Loin de marquer le pas, les cellules de proximité de solidarité demeurent en état de mobilisation générale à travers l’ensemble des wilayas touchées, ajustant en temps réel leurs bases de données et leurs modes d’intervention selon l’évolution des besoins sur le terrain. La bataille contre les conséquences du désastre se joue désormais dans l’intimité des centres d’hébergement, au chevet des blessés, dans les venelles des villages reculés et auprès de chaque âme qui tente de reprendre vie après le passage destructeur des flammes.