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Monde

Tchad : Emeutes dans plusieurs villes du pays contre la cherté de la vie

Tchad : Emeutes dans plusieurs villes  du pays contre la cherté de la vie

Le syndrome burkinabé serait-il en train de se répandre en Afrique ? Un autre pays du Sahel commence à bouger : il s’agit du Tchad. Le mécontentement des Tchadiens semble prendre de l’ampleur.

Des habitants de la ville de Sarh (sud) et des lycéens de N’Djamena ont manifesté mardi pour dénoncer la pénurie de carburants, la cherté de la vie dans le pays et soutenir des enseignants grévistes qui réclament le paiement de primes. Des notaires, avocats et huissiers se seraient également joints au mouvement de grève, selon RFI.

A Sarh (500 km au sud-est de N’Djamena), tôt mardi matin, des habitants ont frappé sur des casseroles pour dénoncer à grand bruit le coût de la vie, selon des habitants joints par téléphone par RFI. Des groupes de manifestants ont également lancé des pierres sur la mairie et brûlé des pneus dans des rues, entraînant l’intervention de la police, selon les mêmes sources.

« La hausse du prix des carburants et le non-paiement des primes des examens des enseignants sont à l’origine du mécontentement », a expliqué l’un d’eux sous couvert d’anonymat. Plusieurs manifestants auraient été blessés, dont certains grièvement. Certains médias locaux évoquent le décès de deux manifestants, mais ce chiffre n’a pas été officiellement confirmé.

« A l’appel de syndicats d’enseignants qui ne supportent pas la cherté de prix de carburant aux environs de quatre heures du matin, la ville s’est réveillée par un concert de casseroles », a ajouté cet habitant, assurant que « toute la circulation est bloquée, aucun engin ne circule.

Toutes les boutiques sont fermées ainsi que le marché de la ville ». A N’djamena, des groupes de lycéens sont également descendus dans la rue mardi matin pour manifester leur soutien aux revendications des enseignants. Les manifestants ont été dispersés par la police anti-émeutes.

Le Tchad a commencé à produire du pétrole en 2003. La production était de l’ordre de 100.000 barils par jour en 2013, selon le département américain de l’Energie. Les revenus pétroliers lui ont permis de moderniser son armée, de se doter d’un meilleur réseau routier et de construire de nombreux bâtiments publics.

Mais les membres de la société civile et de l’opposition demandent au président Idriss Déby Itno d’employer davantage cette manne pour améliorer les conditions de vie de la population aux revenus très bas. Le Tchad figure parmi les dix derniers pays au monde, classés selon l’Indice de développement humain (IDH) des Nations unies.

Le gouvernement a tenu un point presse à la mi-journée de mardi pour tenter d’apaiser les tensions. Le ministre des Finances Bedoumra Kordje a appelé à « maintenir le dialogue avec les syndicats », expliquant que les salaires impayés de certains fonctionnaires n’étaient dû qu’à un décalage d’une semaine lié au recensement.

D’après le ministre, certains fonctionnaires émargent en effet à plusieurs reprises, faisant perdre jusqu’à 30 millions d’euros par an à l’Etat.

En revanche, la cherté de la vie et la question de la pénurie de carburant n’ont pas été évoquées par le ministre. La tendance serait-elle la radicalisation des revendications et des foules ? Les prochains jours le diront. 

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