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Nationale

Tayeb Zitouni : «La France ne remettra jamais des archives qui lui font tort»

Tayeb Zitouni : «La France ne remettra jamais des archives qui lui font tort»


Le ministre des Moudjahidine, Tayeb Zitouni, a affirmé hier que la France ne remettra jamais à l’Algérie des archives qui risquent de lui faire tort, en allusion aux crimes de guerre et contre l’humanité dont les Algériens ont été victimes depuis 1830.

« La France refuse de remettre ce qui reste des archives à l’Algérie ou tarde à le faire. Elle ne remettra jamais ces archives qui risquent de lui faire tort », a soutenu Zitouni dans un entretien à l’APS. « La France n’acceptera jamais de s’avouer vaincue dans sa guerre contre l’Algérie.

La France doit admettre que l’Algérie est indépendante et que les Algériens n’oublieront jamais les affres du colonialisme. La plus grande partie de ces archives se trouve actuellement au centre national des archives, a indiqué le ministre, ajoutant que les institutions algérienne et française des archives « ont convenu du principe de restitution de ce qui reste de ces archives à l’Algérie ».

Quant à la question des excuses et de la reconnaissance des crimes, le ministre a estimé qu’il s’agissait simplement d’une question de temps, affirmant que « tôt ou tard la France devra reconnaître les crimes de guerre et contre l’humanité qu’elle a commis en Algérie pendant 132 ans ».

Revenant sur un certain manquement dans la revendication d’une reconnaissance de la France de ses crimes coloniaux, Zitouni a rappelé que la meilleure manière de procéder consiste à préserver l’histoire et à la transmettre aux générations futures afin de leur inculquer les valeurs du patriotisme et de fidélité au serment des chouhada : « Les Algériens doivent savoir comment défendre leur legs historique et demeurer fidèles à la génération du 1er Novembre, et vigilants quant aux menaces qui nous guettent », a-t-il dit pour conclure.

4 000 heures d’enregistrements sur les affres du colonialisme

Le musée national du Moudjahid, qui relève du ministère des Moudjahidine a enregistré jusqu’à présent 4 000 heures de témoignages de moudjahidine et moudjahidate, qui ont vécu les différentes étapes de la révolution et celles qui ont précédé, sur les affres endurés par les Algériens sous le joug colonial, a encore indiqué le ministre.

Plusieurs moudjahidine, malgré leur âge, apportaient leur témoignage soit au niveau du musée du moudjahid, soit à titre individuel (mémoires ou enregistrements audio).
Le ministère des Moudjahidines a initié une entreprise gigantesque pour collecter le maximum de témoignages vivants, a-t-il encore soutenu. Zitouni estime que le rythme d’écriture de l’histoire « n’est pas tout à fait satisfaisant ».

« Il est faux de croire que le ministère des Moudjahidine est celui qui écrit l’Histoire. Il collecte tous les témoignages, enregistrements et documents auprès des citoyens et les met à la disposition des étudiants, des chercheurs et des historiens », a-t-il soutenu. « Nous possédons des milliers de livres d’histoire et nous allons, à l’occasion du 60e anniversaire du déclenchement de la révolution nationale, publier plusieurs titres en langues arabe, française, anglaise et amazighe, outre les mémoires de moudjahidine en cours d’écriture.

Il est du devoir du ministère des Moudjahidine de mettre tout le patrimoine historique qu’il recèle à la disposition des personnes intéressées, notamment les jeunes assoiffés de connaître leur histoire et leur passé, ainsi que les chercheurs », a-t-il rappelé. Pour ce qui est de l’importance des archives dans l’écriture de l’histoire de la révolution, le ministre a tenu à préciser que son département « ne retenait aucune de ces archives qui constituent un dénominateur commun entre tous les Algériens ».

A ce propos, il a démenti catégoriquement l’existence d’archives secrètes détenues par le ministère des Moudjahidine. « Nous n’avons rien à cacher. Tout le contenu des archives relève de l’histoire commune à tous les Algériens et il leur appartient à tous ». Quant à l’affaire des « faux moudjahidine » examinée par 200 magistrats, Zitouni a indiqué suivre le dossier par le biais de la presse, affirmant que le ministère appliquera les décisions de la justice à la lettre. Il a, par ailleurs, déploré les retombées de cette affaire qui porte atteinte aux Algériens et à l’Algérie.

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