-- -- -- / -- -- --
Monde

Tariq Ramadan l’islamologue mis en examen

Tariq Ramadan l’islamologue mis en examen

C’est la chute d’une icône aussi controversée qu’influente. Tariq Ramadan, 55 ans, a été mis en examen, vendredi soir, pour viol en 2012 et viol sur personne vulnérable en 2009 puis incarcéré. Une onde de choc dans la communauté musulmane.

Dans le sillage du scandale Weinstein aux Etats-Unis, deux femmes de confession musulmane avaient porté plainte contre l’islamologue. Le théologien a été incarcéré dans l’attente d’un débat différé en début de semaine sur son placement en détention devant le juge des libertés et de la détention (JLD).

La première femme à l’avoir accusé, Henda Ayari, ancienne salafiste devenue militante féministe et laïque, dit avoir eu “le courage” de nommer son agresseur dans le contexte de la campagne #BalanceTonPorc en France.

Malgré les “centaines de messages de menaces” envoyées via les réseaux sociaux par des partisans du charismatique intellectuel, Henda Ayari, 40 ans, avait étayé ses accusations contre celui qui, selon elle, “utilise l’islam pour assouvir ses pulsions sexuelles”. Elle racontait avoir d’abord échangé avec le petit-fils du fondateur de la confrérie égyptienne islamiste des Frères musulmans sur les réseaux sociaux avant de le rencontrer en 2012 à l’occasion d’un rendez-vous qu’il lui donne dans un hôtel parisien en marge d’une de ses conférences.

Elle mentionnait également son admiration initiale pour celui qu’elle voyait comme “un grand frère, un homme religieux”, avant le “cauchemar” : “il s’est littéralement jeté sur moi comme une bête sauvage”, “m’a étranglée”. “J’ai vraiment cru mourir. J’étais certaine ce soir que si je continuais à le repousser il me tuerait”, a-t-elle raconté dans plusieurs médias.

Le témoignage d’une deuxième victime présumée, révélé par Le Monde et Le Parisien, faisait état d’un modus operandi similaire : un rendez-vous en marge d’une conférence après une correspondance écrite avec l’islamologue, une agression au bout de quelques minutes, d’une extrême violence.

Les deux femmes ont été entendues par la police, à Rouen et à Paris. L’essayiste Caroline Fourest, qui a indiqué avoir remis des documents aux enquêteurs, a également été auditionnée.

Depuis ces accusation Tariq Ramadan s’est défendu publiquement à deux reprises au sujet de ces diverses accusations. Dès la fin du mois d’octobre, le théologien publiait un communiqué sur Facebook pour dénoncer une “campagne de calomnie” venant selon lui de ses “ennemis de toujours”. Il a réitéré la manoeuvre sur Twitter début novembre, alors que La Tribune de Genève publiait un article sur de présumés abus sexuels sur mineures. Une plainte pour diffamation était alors annoncée. Les avocats de Tariq Ramadan ont aussi porté plainte contre Caroline Fourest pour “subornation de témoin”.

Commentaires
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email