Tarik Ouhadj, organisateur de Algé’Rire au Jeune Indépendant « Ce sera un événement de qualité »
Après une rupture de sept ans, le festival Algé’Rire est de retour du 12 au 15 juillet 2023 au Palais de la culture Moufdi Zakaria. Organisé par l’agence Broshing Events sous le signe « L’Algérie aux cœurs », la cinquième édition revient aux portes de l’Afrique, avec un ancrage résolument Africain et comme objectif de faire rayonner cet événement sur l’Afrique et sur la Méditerranée. Dans cet entretien, son organisateur Tarik Ouhadj révèle au Jeune Indépendant les grandes lignes, les projets et les nouveautés de cette nouvelle édition.
Quelles ont été les raisons de l’absence du Festival Algé’Rire ces dernières années ?
Pour des raisons indépendantes de notre volonté au départ, puis par démotivation par la suite… car il n’y avait pas d’implication des autorités pour motiver ce genre de projets. Il faut savoir qu’organiser un tel événement pour un opérateur privé relève du parcours du combattant, à tous les niveaux, domiciliation, financements, communication (heureusement aujourd’hui, il y a le digital qui aide beaucoup), logistique… Il y eut aussi les deux années de pandémie, car nous allions faire notre retour en Mai 2020, mais hélas, il y eut ce Covid-19, qui a forcé les pouvoirs publics à tout fermer en Mars 2020.
Aujourd’hui, les choses vont dans le bon sens, et cela nous motive à entreprendre davantage dans le domaine de la culture et de l’événementiel. Le pays en a tant besoin !
Les anciennes éditions du festival n’ont pas eu l’appui des autorités… Pour cette nouvelle édition, vous avez réussi à avoir le parrainage du ministère de la culture, comment cela s’est-il fait ?
Cela s’est fait par la voie normale, à savoir dépôt d’une demande officielle au niveau du Ministère de la culture et des arts et quelques jours plus tard, nous avons été contactés par Monsieur le chef de cabinet, qui nous a demandé de lui présenter le projet et d’argumenter. Ce que nous avons fait, puis quelques jours plus tard, nous avons appris que Madame la Ministre a été séduite par le projet et qu’elle a donné son accord pour son parrainage.
Pensez-vous que le privé peut rivaliser avec le secteur public dans l’organisation de festivals ?
Oui, il y a des professionnels en Algérie capables d’organiser des événements aux standards internationaux. Seulement, l’Etat doit jouer un rôle de facilitateur et d’accompagnateur, pour permettre la réussite de ces événements.
C’est-à-dire ?
Je m’explique, si l’accès aux espaces culturels est compliqué, s’il y a des barrières administratives au niveau des collectivités locales, si les visas ne sont pas traités rapidement pour les participants étrangers (artistes, techniciens, accompagnateurs…)… etc… la réussite ne sera pas au rendez-vous. Ce sont des petites choses, qui au final nous aident dans notre organisation et permettent l’excellence, et j’en profite pour remercier les services du Ministère de la culture et des arts pour leur disponibilité et support.

J’encourage mes confrères à faire des formations ici et ailleurs, dans la sécurité, gestion des flux, communication, logistique, comme nous le faisons et continuerons à le faire. Il y a chaque année des nouvelles techniques et des nouveautés à ce niveau. Nous devons rester en contact avec le monde.
Quelles seront les grandes lignes de cette cinquième édition du festival ?
Nous avons mis tous les éléments pour en faire une belle édition, avec un melting-pot artistique et technique, qui va donner au public du bonheur, du divertissement et des éclats de rire, dans une ambiance de folie. Ce ne sont pas juste des mots, mais avec ce qu’on a concocté, le public assistera à un événement international de qualité.
Pouvez-vous nous donner quelques noms d’artistes connus qui participeront au festival cette année ?
Je ne peux pas tout dire pour le moment, mais disons que nous aurons les meilleurs de la scène actuelle pour les algériens. Il y aura Abdelkader Secteur, Zoubir Belhor, Krimo Derradji, Walid Seddiki, Samy Gougam, Yamna et la nouveauté, Houria Les yeux verts, qui jouera son spectacle pour la première fois en Algérie.
Pour les artistes venant de l’étranger, nous aurons le plaisir d’accueillir Foudil Kaibou, qui animera le Gala international, qui ouvrira le festival, AZ, Farid Chamekh, John Sulo, Sacko Camara, Redouane BH et bien d’autres.
Cette année, le festival mettra l’accent sur l’Afrique, expliquez-nous ce choix ?
Les ambitions de l’Algérie sont là et nous devons nous aussi dans nos domaines respectifs participer à cela. L’Algérie est africaine et nous partageons un tas de choses avec les autres pays de notre continent, notamment au niveau culturel, encore plus sur les disciplines orales. Le Rire et la comédie font partie intégrante de nous, africains et nous avons décidé d’organiser ce spectacle de l’Afro’Comedy, ou le Panafricain du rire, pour donner la chance au public de découvrir ces humours venus du Congo, de Côte d’ivoire, du Sénégal, de Tunisie et d’Algérie, tout cela animé par Redouane BH, humoriste algérien, résidant entre la France et l’Afrique. Je dis l’Afrique, car sa belle famille est originaire du Congo, et il se produit un peu partout dans le continent.
Et pourquoi le spectacle English Show ?
Pour ce qui est du spectacle English Show, il s’agissait là aussi d’apporter une nouveauté pour le public algérien, qui s’intéresse de plus en plus à la langue de Shakespeare, plus particulièrement les jeunes et de leur permettre de découvrir cette langue différemment, à travers l’humour. Nous aurons un comédien américain, deux britanniques et deux jeunes algériens résidant en Europe, qui performent en anglais tout au long de l’année, et qui auront la mission d’animer ce spectacle et d’être le lien entre le public et la scène.
Tous ces artistes (Afro’Comedy et English show) seront les ambassadeurs d’Algérie à leur retour chez eux et raconteront leurs expériences vécues durant ce Festival, sur et en dehors de la scène.
Quels sont les projets futurs pour le Festival en termes de formation et de promotion des artistes algériens ?
Tout à fait, il y a beaucoup de projets prévus pour la scène algérienne, pour le festival et à venir. Durant le festival, il y aura une équipe qui se chargera de coacher et de préparer les jeunes artistes, à travers la mise en scène, l’écriture, la préparation, le rythme…
Nous avons deux projets en préparation, l’un consiste à organiser un concours national pour détecter les pépites de demain, qui auront la chance de participer à une finale à l’édition 2024 du festival, en vue d’intégrer un programme africain, initié par un grand festival européen, qui donnera aux potentiels lauréats, une visibilité internationale.
Le second concerne une résidence artistique en collaboration avec un grand établissement international canadien, qui nous assistera pédagogiquement, avec la présence de formateurs en arts scéniques, afin d’apprendre aux participants (10 jeunes artistes) comment préparer un show, comment l’écrire, le mettre en scène et l’interpréter. Nous vous en dirons plus lors de la conférence de presse prévue quelques jours avant le début du Festival.