Taoufik Makhloufi n’en finit pas de manger son pain noir – Le Jeune Indépendant
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Sports

Taoufik Makhloufi n’en finit pas de manger son pain noir

Taoufik Makhloufi n’en finit pas de manger son pain noir

Malheureux qui comme notre champion que ses blessures, à répétition, empêchent de sortir de l’infirmerie et de retrouver la forme et, par ricochet, le niveau avec lequel il a pu, avec la classe qu’on lui connaît, s’imposer au plus sommet mondial. Entrer dans la légende de la discipline reine olympique, l’athlétisme.

Il devait, devant son public algérien, à El Bahia, constituer l’attraction N°1 du très attendu rendez-vous sportif du bassin méditerranéen.

Après le rassemblement quadriennal de l’élite sportive universelle, le plus prestigieux de tous, les tout récents Jeux Olympiques de Tokyo, où il fera contre mauvaise fortune bon cœur, faux bond pour raison de blessure en officialisant un forfait inévitable, le natif de Souk Ahras, freiné dans son élan, est resté à la maison et rate ses retrouvailles avec ses fans. Croix sur Oran et des ambitions d’inscrire son nom dans le livre d’or de la seule compétition de renom dans laquelle il ne figure pas, qui tombent à l’eau. Suprême déception. Pour tout le monde.

Et pour le double vice-champion olympique du 800 et 1.500 mètres à Rio de Janeiro en 2016 qui suivra l’or de l’édition londonienne (2012) sur le 1500m où il confirmera son statut d’un des maîtres du demi-fond mondial. Et pour les millions d’Algériens encore sous le charme de la belle cérémonie d’ouverture suivie par une première moisson de médailles annonçant une représentativité de qualité. Dans toutes les disciplines.

Makhloufi, qu’on savait en délicatesse avec un genou récalcitrant, ne sera pas là. La même blessure qui l’empêchera, la mort dans l’âme, de faire le déplacement du « Pays Du Soleil Levant » où il espérait (il en avait les moyens et le talent) rééditer les performances qui l’ont fait découvrir au monde entier en damant le pion aux meilleurs de la planète sur ses deux distances de prédilection.

Grosse déception et de nouvelles étapes inscrites encore, malheureusement, au registre des absents de marque, ses proches comme les responsables de la fédération algérienne, annonçant d’ores et déjà que le porte-drapeau de l’athlétisme national, l’enfant prodige du sport national, voire sa locomotive, ne quittera pas, pour de longs mois encore, l’infirmerie.

Ne sera pas (son état de santé ne leur permettant toujours pas) de la partie de la future messe mondiale (les prochains championnats du monde) prévus en principe à partir de la seconde moitié du mois de juillet (15-24), à Eugene aux Etats-Unis d’Amérique.

Pas prêt d’illuminer, à nouveau des pistes qui l’ont vu briller de son éclat. Où les étoiles ne manquent pas. Parmi lesquelles il a su imposer sa griffe. Trôner tout là-haut, dans un ciel s’ouvrant à doses homéopathiques aux exploits.

Makhloufi, un champion seul face à la fatalité. Un destin dur à assumer. Lourd à porter quand de la gloire naissante (il n’a rien à prouver dans la cour des grands qu’il est venu, à force d’abnégation, tutoyer avant de s’envoler vers des titres faisant jalouser plus d’un) s’inscrit en pointillés. Mais qui prend son mal en patience. Attend son heure. Un hypothétique retour qui ne ferait que du bien à une sélection nationale en manque de leader.

Qui a besoin plus que jamais d’une telle icône pour rattraper le retard accusé depuis le retrait de la scène de monstres sacrés à l’instar des Morceli, Boulemerka et consorts qui ont eu leur heure de gloire. Non encore opérationnel (dur pour un athlète de cette trempe de rester en retrait), celui qui créera, l’immense surprise, un certain après-midi anglais, en réglant la finale du 1500m comme du papier à musique, à son rythme avant de décrocher la « lune », à la senteur vermeille, a-t-il le courage de se remettre au travail et retrouver ses moyens et ses sensations à temps pour le dernier baroud d’honneur, en 2024 à Paris et des JO tournant presque à l’impossible ?

Depuis sa mésaventure sud-africaine, en pleine pandémie mondiale de Covid qui mettra fin à ses ultimes espoirs japonais, Taoufik, s’il ne s’avoue pas, on l’imagine connaissant sa force mentale, vaincu, peine semble-t-il à se défaire de sa méchante blessure. A Oran, sur son sol, Makhloufi aurait sûrement voulu montrer la voie à l’équipe nationale. A des valeurs sûres.

A de belles promesses portées notamment par la quintette (autant de chances de médailles selon les prévisions de la FAF) composée des Lahoulou, Triki, Sedjati, Hathat, ou Bouanani, menés par le vieux briscard Bouraâda. Comme argument présenté, la toute récente virée de l’Ile Maurice où les sélections messieurs et dames (neuf médailles dont cinq or, trois argent et une bronze) termineront 4e au classement final sur 23 pays classés, ont annoncé la couleur avec une participation somme toute positive.

Makhloufi a dû apprécier, malgré une absence remarquée. En attendant bien sûr (c’est le souhait de tous) un retour tonitruant au premier plan.

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