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Nationale

Tamazight: vers l’élaboration d’un dictionnaire unifié

Tamazight: vers l’élaboration d’un dictionnaire unifié

Après l’officialisation de tamazight et la consécration de Yennayer fête nationale, de grands chantiers seront ouverts en vue de la promotion de cette langue.
Il sera question, dans un premier temps, d’écrire certains dialectes pour les sauver de la disparition, car ils demeurent parlés uniquement par les personnes âgées. Après la collecte de tout le patrimoine immatériel viendra le travail de la promotion de tamazight.
C’est ce qu’a indiqué samedi le secrétaire général du Haut Commissariat l’amazighité (HCA), Si El Hachemi Assad, au forum d’El Moudjahid. C’est dans ce sens que le premier responsable du HCA a souligné l’importance d’évaluer d’abord le cumul des expériences et des travaux réalisés par les diverses associations et militants de la culture berbère. Pour ce faire, a-t-il poursuivi, le HCA avait organisé un séminaire national sur les dictionnaires de la langue berbère, tout en précisant que l’élaboration d’un dictionnaire unifié doit se faire par des experts et des spécialistes en linguistique. Il a ajouté qu’en mars 2016, le HCA avait organisé un autre séminaire d’une dimension internationale à l’université de Béjaïa, et que toutes ces rencontres tendent à statuer sur un dictionnaire référentiel. Assad s’est félicité que tous ces efforts se soient soldés par la parution en 2017 d’un dictionnaire de tamazight contenant plus de 65 000 mots, qui a été coédité par le HCA et les éditions ENAG. Outre le dictionnaire général et unifié, l’intervenant a signalé qu’il y a d’autres initiatives pour élaborer des dictionnaires thématiques sur la santé, les sciences naturelles ainsi qu’un dictionnaire du lexique administratif. Toutes ces expériences constitueront le socle d’un dictionnaire dit « le grand dictionnaire de la langue amazighe », dont l’élaboration prendra le temps nécessaire, a-t-il expliqué. A propos de l’écriture de cette langue nationale, M. Assad a estimé que pour le moment l’objectif est de la généraliser et de la rendre accessible au large public, ce qui nous laisse opter, dans une première phase, pour trois écritures : le tifinagh, la graphie arabe et la graphie latine. Pour sa part, le chercheur et enseignant en histoire antique à l’université d’Alger 2, Mohamed-El Hadi Hareche, a appelé d’emblée à ce que notre histoire soit écrite par nos propres chercheurs pour éviter toute altération, car l’histoire d’un peuple relatée par un étranger risque d’être dénaturée en sa faveur. Lors de son intervention, M. Hareche a éclairé l’assistance sur, notamment, certains détails relevant du calendrier adopté par les amazighs (les habitants de l’Afrique du Nord), qui est en fait un calendrier agraire considéré comme le plus proche de l’année solaire. Ce calendrier reflète la dimension culturelle et identitaire du peuple amazigh et son premier jour, soit en 950 avant Jésus Christ, n’est qu’une date symbolique, étant donné que l’existence des Amazighs remonte à une époque beaucoup plus ancienne. Le chercheur a soutenu dans la foulée que Yennayer est lié aux quatre saisons agricoles et que l’agriculture est apparue en l’an 4000 A.J.C. en Afrique du Nord, ce qui témoigne encore de l’antiquité de cette fête. Par ailleurs, le président du Haut Commissariat à la langue arabe, Saleh Belaïd, tout en saluant la consécration de Yennayer fête nationale, a exprimé la disponibilité de son institution en vue de collaborer pour promouvoir la langue amazighe. Il a indiqué que le gouvernement mise sur trois ministères : ceux de l’Education nationale, de la Formation et de l’Enseignement professionnels et de l’Enseignement supérieur pour intégrer l’usage de cette langue. Viennent ensuite les autres départements ministériels.

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