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Nationale

Takdjout appelle à une refonte du militantisme  

Takdjout appelle à une refonte du militantisme   

Le secrétaire général de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), Amar Takdjout, a dressé, à l’occasion de la Journée internationale des travailleurs, un état des lieux de l’action syndicale en Algérie, appelant à insuffler un nouvel élan au militantisme et à tisser les contours d’un monde du travail mieux organisé et plus solidaire.

A propos de la dynamique de l’action syndicale dans le pays, Amar Takdjout a décrit une évolution en dents de scie, et ce depuis l’indépendance. Sur la base de ses observations, le mouvement syndical a connu des « hauts et des bas », évoluant ainsi « à géométrie variable ».

Lors d’une intervention diffusée sur les ondes de la Radio nationale, le syndicaliste a affirmé avoir connu, entre 1975 et 1980, de grands moments de militantisme, tout en indiquant que la situation est appelée à s’améliorer en 2026, en misant sur une plus grande implication de la jeunesse. « Plus de vingt années de clientélisme avaient impacté l’action syndicale ». Il y a, en l’occurrence, des personnes qui rejoignent, selon ses propos, les syndicats pour « des intérêts personnels, matériels, voire occultes ». Dans ces conditions, remettre l’action syndicale sur les rails, a-t-il affirmé, n’est pas une tâche facile.

De ce fait, le secrétaire a insisté sur le fait d’investir « dans les jeunes générations et d’encourager la participation des femmes travailleuses au sein des structures syndicales », y voyant un levier essentiel pour revitaliser l’action syndicale et mieux défendre les intérêts professionnels et sociaux.

S’exprimant sur la situation du secteur des transports, Amar Takdjout a pointé un déficit d’organisation et de structuration syndicale. Il a fait savoir que près de 80 % de l’activité dans ce domaine échappe à toute organisation formelle, en raison du statut non-identifié de nombreux travailleurs.

Il a, de manière générale, plaidé pour une meilleure identification économique et sociale de tout travailleur, appelant à leur inscription auprès des organismes étatiques habilités ainsi qu’à leur affiliation à des organisations syndicales. « On ne peut permettre à quiconque de travailler sans identité économique et sociale », a-t-il asséné, considérant que l’absence de cadre clair à la fois juridique et législatif complique l’intervention de l’Etat, tant en matière d’aides que de régulation, y compris en cas de mouvements de contestation, où l’absence d’interlocuteurs clairement identifiés complique le dialogue.

L’intervenant a, par ailleurs, soutenu que les rencontres périodiques entre les ministères de l’Education et de la Santé et les syndicats constituent un processus normal, permettant d’identifier les insuffisances et incohérences relevées après l’élaboration des statuts particuliers. Il a souligné que ce dossier progresse positivement « en l’absence de blocage ».

Il a ajouté que des progrès restent à accomplir en matière de communication, regrettant que les informations ne parviennent pas toujours aux travailleurs sur le terrain. « Le monde du travail, ce n’est pas seulement la structure syndicale », a-t-il rappelé, soulignant la nécessité impérieuse d’une meilleure diffusion de l’information. Pour ce qui est de l’inflation, il a appelé à davantage de pédagogie, en vue d’expliquer les mécanismes aux citoyens.

Amar Takdjout a indiqué que l’UGTA est engagée dans un vaste processus de restructuration, aujourd’hui achevé à plus de 80 %. Cette opération concerne à la fois « les structures organisationnelles et les finances, avec un assainissement des dettes estimé à 90 % », a-t-il dit. Il a aussi annoncé la réhabilitation prochaine de plusieurs espaces de réunion et de formation, fermés depuis plusieurs années, qu’il juge essentiels à la dynamique de l’organisation.

 

Vers une relance du dialogue tripartite

 

Evoquant la tenue d’une prochaine rencontre tripartite réunissant le gouvernement, les syndicats et les organisations patronales, le secrétaire général a indiqué qu’aucune date n’a encore été fixée. Il a toutefois assuré que ce rendez-vous reste d’actualité.

Amar Takdjout est revenu sur la non-application de certaines décisions de justice rendues en faveur de travailleurs, bien qu’ils aient eu gain de cause. Il a, à ce sujet, dénoncé une situation « anormale », déclarant qu’il ne revient pas aux syndicats de défendre l’exécution de jugements, celle-ci devant s’imposer naturellement à tous. Cela étant dit, il a fait savoir que ses appels avaient été entendus, faisant état d’une évolution positive dans certains cas.

Le responsable a abordé les questions liées à la pénibilité du travail et à la santé mentale des travailleurs. A ses yeux, tout travail comporte une forme de pénibilité. S’agissant des activités les plus exigeantes, il a distingué entre une pénibilité tout court et une « haute pénibilité », cette dernière ayant un impact direct sur la fin de carrière des travailleurs.

Concernant la santé mentale, Amar Takdjout a plaidé pour une approche plus globale et préventive, impliquant les experts et les scientifiques. Il a regretté le manque de prise en compte de cette dimension dans les entreprises, tout en soulignant la responsabilité des syndicats dans la défense non seulement des intérêts matériels des travailleurs mais aussi moraux.

Dans ce cadre, il a rappelé que certaines entreprises disposaient, par le passé, de services psychologiques intégrés aux ressources humaines, une pratique qu’il estime nécessaire de réhabiliter.

 



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