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Syrie : Confusion à la frontière syro-turque

Syrie : Confusion à la frontière syro-turque

Les Etats-Unis, depuis qu’ils ont annoncé cette semaine le redéploiement de leurs troupes en Syrie, entretiennent depuis le flou sur leur réelle stratégie dans la région, où Ankara veut aller en Syrie guerroyer contre l’opposition kurde.

Le Pentagone a ainsi confirmé que le ministre de la Défense Mark Esper et le président du Comité des chefs d’état-major interarmées Mark Milley ont été consultés au sujet du redéploiement des troupes américaines en Syrie, contredisant ainsi les informations selon lesquelles les hauts responsables du Pentagone avaient été pris de court par cette décision. MM. Esper et Milley ont été “consultés ces derniers jours par le président au sujet de la situation et des efforts visant à protéger les forces américaines dans le nord de la Syrie face à l’action militaire de la Turquie”, a déclaré dans un communiqué Jonathan Hoffman, porte-parole du Pentagone.

“Quelque 50 militaires américains stationnés dans la région frontalière devraient être redéployés ailleurs en Syrie”, a révélé, lundi, un haut responsable de l’administration Trump. Le but de la présence d’un nombre limité de soldats américains dans le nord de la Syrie n’était pas seulement d’empêcher une résurgence de l’Etat islamique (EI), mais aussi de dissuader les Turcs de s’en prendre aux Kurdes syriens. Ces derniers ont en effet été les alliés des Etats-Unis dans leur campagne contre l’EI, mais ils demeurent des terroristes aux yeux d’Ankara. De son côté, quelques heures après l’annonce d’une nouvelle opération militaire dans le nord de la Syrie contre les unités kurdes soutenues par les États-Unis, la Turquie a commencé à rassembler de l’équipement et du personnel militaire supplémentaires à sa frontière, près de la ville d’Akçakale, selon la télévision d’État turque. La Turquie a envoyé des véhicules blindés et des troupes supplémentaires dans la ville frontalière d’Akçakale samedi 5 octobre au soir, en face de la ville syrienne de Tell Abyad.

Le même jour, le Président Recep Tayyip Erdogan a déclaré

qu’« aujourd’hui ou demain », Ankara pourrait décider de lancer une nouvelle opération militaire dans les airs ainsi que sur terre, sur la rive est de l’Euphrate. Selon le chef de l’État turc, cette opération aura pour but le nettoyage du territoire syrien voisin de la Turquie des Unités de protection du peuple, la création d’une zone tampon et l’installation des réfugiés syriens qui se trouvent en Turquie.

Ankara et Washington se sont mis d’accord en août sur la création d’une zone de sécurité dans le nord de la Syrie. Or, de nombreuses questions demeurent sur ses contours et sur l’utilisation qui en sera faite, ce qui divise les pays.

A Paris cependant, on se méfie de ces manœuvres, et la ministre des Armées Florence Parly a mis en garde contre une éventuelle « manœuvre de diversion » en Syrie qui pourrait profiter aux djihadistes de Daech. Il ne faudrait pas que le retrait américain de Syrie et une éventuelle offensive turque dans le nord-est du pays constituent une « manœuvre de diversion » à même de renforcer Daech, a déclaré la ministre française des Armées Florence Parly.

« Nous allons être extrêmement attentifs à ce que ce désengagement des États-Unis qui est annoncé ainsi qu’une éventuelle offensive de la Turquie ne créent pas de manoeuvre de diversion dangereuse de l’objectif que nous poursuivons tous – la lutte contre Daech », a indiqué Mme Parly en marge d’un déplacement à Valenciennes (Nord). Elle a appelé à être « extrêmement vigilant » pour qu’une manoeuvre de ce type ne puisse « renforcer Daech plutôt que l’affaiblir et l’éradiquer ». Plus tôt dans la journée, les militaires américains présents dans le nord de la Syrie ont entamé leur retrait de secteurs proches de la frontière turque, ouvrant la voie à une offensive militaire d’Ankara contre les forces kurdes pourtant soutenues par Washington dans la lutte antiterroriste. Le Président Donald Trump a justifié cette décision en expliquant vouloir laisser aux Turcs et Kurdes le soin de « résoudre la situation » par eux-mêmes. Pour sa part, Recep Tayyip Erdogan a averti que l’offensive turque pourrait désormais être lancée « sans prévenir ».

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