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Syrie : Ankara décidée à poursuivre son offensive

Syrie : Ankara décidée à poursuivre son offensive

L’offensive de l’armée turque en Syrie contre des positions des YPG, des factions Kurdes considérées comme terroristes par Ankara, se poursuivait hier samedi au milieu d’une réprobation internationale, Paris y voyant même un soutien indirect aux groupes terroristes de Daech, que les milices Kurdes étaient parvenus à chasser du territoire syrien.

Les forces turques et leurs alliés syriens tentaient hier de progresser, sous un barrage de feu, en direction de la ville frontalière kurde de Ras al-Aïn dans le nord de la Syrie, après des avancées nocturnes, a indiqué une ONG. Au quatrième jour de l’offensive turque visant à chasser une principale milice kurde syrienne des zones frontalières, “les forces turques et leurs alliés locaux attaquent Ras al-Aïn”, une ville clé qu’ils cherchent à conquérir, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). Sous un barrage de l’artillerie lourde et la couverture de l’aviation turque, les forces turques ont lancé à partir de trois fronts un assaut en direction de cette ville, a précisé cette organisation qui s’appuie sur de vastes sources dans le pays en guerre.

Les bombardements ont visé les secteurs tout autour. Le bruit de bombardements incessants était entendu dans ce secteur alors que les combattants syriens proturcs armés de lance-roquettes se dirigeaient vers l’un des fronts, selon des médias. Un responsable militaire kurde à Ras al-Aïn a affirmé que les forces kurdes avaient “repoussé l’avancée sur trois fronts” et fait état de combats en cours. Selon l’OSDH, les forces turques ont pris aux forces kurdes 11 villages la nuit, la plupart près de Tal Abyad, une autre ville frontalière que les forces turques veulent prendre. Au total depuis mercredi, 23 villages du nord-est syrien ont été conquis par les forces turques et leurs supplétifs syriens, d’anciens rebelles ayant combattu contre Damas au début de la guerre, a poursuivi l’ONG en faisant état de 20 combattants kurdes tués dans la nuit. D’après un dernier bilan de l’OSDH, 74 combattants kurdes et 20 civils ont péri selon une ONG, et 100.000 personnes ont fui leurs foyers d’après l’ONU. Les YPG sont l’épine dorsale des Forces démocratiques syriennes (FDS) qui défendent, face à l’assaut turc, leur région autonome instaurée sur de vastes zones du Nord syrien à la faveur du conflit syrien.

Par ailleurs, face aux appels de la communauté internationale à un retrait immédiat des troupes turques de Syrie et l’arrêt de l’offensive contre des positions des rebelles Kuyrdes, Ankara a répondu vendredi qu’elle “ne stoppera pas” l’offensive qu’elle mène en Syrie contre une milice kurde soutenue par l’Occident, a affirmé le président Turc Recep Tayyip Erdogan.”Peu importe ce que certains disent, nous ne stopperons pas cette” opération qui vise les Unités de protection du peuple (YPG) dans le nord-est de la Syrie, a déclaré M. Erdogan lors d’un discours à Istanbul. “On reçoit maintenant des menaces à droite et à gauche, on nous dit +Arrêtez+. (…) Nous ne reviendrons pas en arrière”, a insisté M. Erdogan. Vendredi, Washington a indiqué que le ministre américain de la Défense avait “fortement encouragé” la Turquie à “interrompre” son opération en Syrie, lors d’un entretien téléphonique la veille avec son homologue turc. “Nous continuerons notre combat jusqu’à ce que tous les terroristes soient descendus au sud des 32 km” prévus par cette zone, a déclaré vendredi M. Erdogan. D’autre

part, la Turquie a nié hier samedi avoir tiré sur des positions américaines dans le nord de la Syrie, après que le Pentagone eut affirmé que ses militaires s’étaient retrouvés sous le feu de l’artillerie turque.

“Il n’a absolument pas été question du moindre tir contre le poste d’observation américain”, a dit le ministre turc de la Défense Hulusi Akar, ajoutant que l’artillerie turque avait bombardé des positions de la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), contre laquelle Ankara mène une offensive en Syrie, situées à un kilomètre d’un poste d’observation américain. Le Pentagone a déclaré vendredi qu’une “explosion” s’était produite dans “une zone où les Turcs sont informés de la présence de forces américaines”, ajoutant que ce tir d’artillerie n’avait pas fait de blessés parmi les soldats américains. Selon le Pentagone, l’incident, qui illustre le risque de collision entre militaires turcs et américains en Syrie, s’est produit vers 18H00 GMT vendredi à proximité de la ville de Kobané. Après avoir semblé donner son feu vert à cette opération en retirant des soldats américains de secteurs frontaliers dans le nord syrien, le président Donald Trump a menacé notamment d’”anéantir” l’économie turque si Ankara “dépassait les bornes”.

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