Surveillance de la pollution des cours d’eau à Annaba
La surveillance du degré de pollution des trois principaux cours d’eau de la wilaya se perfectionne avec la multiplication des prélèvements opérés de façon permanente à certains points sensibles par la direction de l’environnement de la wilaya depuis l’an dernier. L’eau prélevée est analysée au niveau du laboratoire de cette direction, et les résultats portés sur un tableau de données qui est mis à jour au fur et à mesure.
Selon le responsable de ce service, cette année l’opération a commencé en juin dernier pour s’achever à la fin du mois de décembre prochain, en englobant les périodes de chaleur où de froid où les cours d’eau sont soumis à diverses pollutions. Une opération qui a débuté par Ain Berda, en passant par El Hadjar et le Pont Bouchet, jusqu’à l’embouchure du fleuve Seybouse, des zones particulièrement touchées par la pollution industrielle qui n’épargne aucun des principaux cours d’eau de la wilaya, que ce soit le fleuve, ou les rivières Meboudja et Bejima, sans parler de leurs affluents.
Une pollution qui va en s’aggravant, avec l’apparition chaque année de nouveaux points sensibles, comme celui des rejets d’eaux usées dans la Meboudja, à partir de la zone urbaine. Ce cours d’eau est d’autant plus pollué, comme nous l’avons rapporté dans un précédent article, qu’il charrie en plus, les rejets industriels liquides du complexe sidérurgique d’El-Hadjar, au point où cette rivière prend littéralement feu de temps à autre, saturée par les huiles.
D’après des sources l’administration locale, pas moins de 7 paramètres sont inclus dans ces analyses, et en cas de pollution avérée, l’irrigation agricole est aussitôt interdite dans les zones incriminées, comme cela s’est passé l’an dernier. Mais cette interdiction est rarement observée par les agriculteurs, particulièrement ceux dont les terres sont situées en bordure des cours d’eau.
Dans ces cas là, selon un fonctionnaire de la police des eaux, un véritable jeu du chat et de la souris commence. Un jeu qui se fait en pleine nuit, car c’est le moment choisi par les agriculteurs indélicats pour d’adonner à l’irrigation à partir des eaux polluées, sans aucune considération pour ce qui est des conséquences que leur geste peut avoir sur la qualité des produits agricoles.
Différents stratagèmes sont appliqués par ces derniers, comme le remplissage de faux puits durant la nuit à partir de la rivière polluée, ou simplement l’irrigation nocturne et manuelle afin de ne pas donner l’alerte avec le bruit des pompes.