Superviseurs et adjoints de l’éducation: Appel à une reconnaissance socioprofessionnelle
Mobilisés depuis plus d’une année contre le décret exécutif n°25-54 portant statut particulier des fonctionnaires de l’Éducation nationale, jugé« injuste » et « loin des aspirations » de leur corps, les superviseurs et adjoint de l’éducation réclament la reconnaissance de leurs droits socioprofessionnelles.
Réunis à Oran en ce début du mois d’aout pour leur neuvième Conseil national, les membres du Syndicat national des superviseurs et adjoints de l’éducation (SNSAE) ont réaffirmé leur détermination à poursuivre la mobilisation jusqu’à satisfaction de l’ensemble de leurs revendications. Cette réunion s’est tenue dans un climat de franchise et de fermeté, après une année entière de protestations contre le nouveau statut particulier, que le syndicat accuse d’avoir « trahi les espoirs » des adjoints et superviseurs.
Le SNSAE pointe des « violations graves et inacceptables », notamment, les affectations à des tâches étrangères aux fonctions, interprétations abusives de textes pourtant clairs, pressions psychologiques, menaces et atteintes à la dignité professionnelle.
Le Conseil exige que le ministère respecte le calendrier de finalisation des amendements à la loi spéciale, honore ses engagements et transmette le texte au syndicat avant toute soumission au gouvernement. Il rejette catégoriquement la proposition ministérielle d’un « consensus syndical » entre toutes les organisations agréées comprenant ce corps, estimant qu’elle donnerait un droit d’opposition indu, contreviendrait à la loi 02/23 et mènerait à un fonctionnement syndical inefficace.
Sur le plan socioprofessionnel, le Conseil revendique la reconnaissance de l’ancienneté générale pour tous, la prise en compte de l’ensemble des diplômes universitaires (technicien supérieur, diplôme d’instituts, licence, master) sans conditions, ainsi que la valorisation des certificats de formation délivrés par les instituts nationaux de formation et de perfectionnement du personnel de l’éducation comme critères d’intégration et de promotion. Il exige la suppression définitive des grades obsolètes d’assistant et de directeur adjoint, leur intégration automatique, la fin des rétrogradations jugées discriminatoires et la mise en place d’un processus de promotion continue sans plafond.
Le SNSAE refuse toute modification des acquis et toute affectation à de nouvelles tâches non prévues par la loi spéciale. Il demande aussi la réduction de la charge de travail hebdomadaire, l’harmonisation des vacances d’été avec celles des enseignants et l’application des dates d’entrée en fonction fixées pour la rentrée scolaire. Il insiste sur la nécessité d’organiser des formations pour les superviseurs et chefs de service, de prévoir des dispositions transitoires pour l’intégration et de maintenir les avantages matériels et moraux du poste de conseiller pédagogique pour le nouveau poste de superviseur général.
Parmi les autres revendications, le syndicat réclame le recrutement temporaire de superviseurs pour remplacer les absents en congé longue maladie ou maternité, l’attribution du grade de base 12 à tous les superviseurs pédagogiques, la reconnaissance du service national dans toutes les wilayas, la modification du taux de grade, l’intégration des nouveaux superviseurs de la promotion 2024 dans les grades créés récemment, et l’instauration d’un système de rémunération à hauteur de 30 %.
Il exige également le droit à la retraite anticipée compte tenu de la pénibilité du métier, l’application rétroactive des revalorisations salariales à partir du 1er janvier 2024 conformément au décret présidentiel, ainsi que la révision de la circulaire ministérielle n° 16 de 1996 sur les critères d’attribution des postes administratifs et pédagogiques.
Le SNSAE appelle aussi à revaloriser la rémunération des surveillants d’examens en tenant compte de la charge réelle de travail au sein des centres, et non de simples critères de classification. Enfin, il condamne fermement toutes les formes d’abus constatées lors de l’application de la loi spéciale 54/25 et toutes les restrictions à l’activité syndicale. Il exige que les bureaux provinciaux concernés convoquent des conseils extraordinaires pour prendre les mesures nécessaires.
À travers cette déclaration, le syndicat réaffirme son engagement à défendre la dignité, le statut et les acquis de ses membres. Il appelle l’ensemble des adjoints et superviseurs pédagogiques à resserrer les rangs et à se préparer aux prochaines étapes de la mobilisation, estimant que la stabilité du secteur éducatif passe par une reconnaissance pleine et entière de leurs droits.