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Nationale

Succession ouverte à la présidence du Sénat

Succession ouverte à la présidence du Sénat

La bataille dans les coulisses au sein du Conseil de la nation fait rage. Après le renoncement de Abdelkader Bensalah à reprendre la présidence du Sénat, la voie de la succession est ouverte.
On annonce déjà une quinzaine de candidatures de sénateurs issus, soit du Front de libération nationale, soit du Rassemblement national démocratique, soit du tiers présidentiel. Chacun veut arracher le quitus de son parti politique ou de ses pairs. Cette bataille électorale a été attisée par le refus de la présidence de la République de désigner rapidement un successeur, qui fera office de deuxième personnage de l’Etat, comme de tradition depuis la création de cette Chambre parlementaire en 1997. L’ex-président déchu Abdelaziz Bouteflika a imposé sa règle, désignant toujours son préféré à la tête du Sénat sans passer, ni par un vote interne même pour donner le change, ni par des consultations avec des partis politiques détenant la majorité.
Si des observateurs pensent que les autorités vont garder Salah Goudjil comme intérimaire pendant un certain temps, d’autres estiment que son âge avancé ne lui permet guère d’assurer la gestion future du Sénat, d’autant qu’il sera très sollicité au cours de ce premier semestre de l’année. Des sénateurs ne cachent pas que le départ de Goudjil est très envisagé, et qu’ils n’attendent que le vote avant la fin de ce mois.
Hier dans l’après-midi, le Bureau politique du FLN a tenu une réunion, dont un point à l’ordre du jour aurait été la question de la candidature d’un membre issu du parti à la tête du Sénat. Pour le BP, il n’est pas question de perdre encore une autre institution après celle de l’APN, revenue à un islamiste après la démission de Bouchareb.
Mais les candidats au sein de ce vieux parti sont nombreux, dont les plus actifs sont l’homme d’affaires Abdelwahab Benzaim et Mahmoud Messari. D’autres encore ont exprimé leur souhait comme le fils de Ben Boulaid, Abdelhak, ou Ahmed Bouziane, un sénateur originaire de l’Ouest. Il faut également mentionner dans ce volet des ambitieux comme Bouhadja Said, l’ancien président de l’APN, éjecté par ses propres pairs lors d’un rocambolesque feuilleton politique en octobre 2018.
D’autres sénateurs n’hésitent pas à exprimer ouvertement leur souhait de remplacer Goudjil, notamment ceux qui ont eu une longue carrière dans les sphères de l’Etat, et qui connaissent parfaitement les jeux des équilibres régionaux et les mécanismes des nominations et des désignations. Sauf que parmi ceux-ci, il y a ceux qui sont devenus indésirables au sein même du Sénat.
Toutefois, la faveur des membres du Conseil de la nation ne pèse pas lourd dans le contexte actuel. Car le chef de l’Etat pourrait bien revoir complètement le schéma et bousculer les traditions. En effet, il suffit que Tebboune désigne avant la mi-janvier (pour rester dans le respect des règlements) une quinzaine de sénateurs, dont les sièges sont vacants, pour chambouler les données et offrir enfin une personnalité de choix au poste de président et de deuxième personnage de l’Etat. Déjà des rumeurs font état du retour de Karim Younès, qui connaît le jeu institutionnel, à la tête du Sénat, lui qui était président de l’APN lors de la mandature de 2002 avant de démissionner en 2004, après la défaite électorale de son ami Benflis lors de la présidentielle.
Il faut noter qu’il y a près de vingt sièges vacants que le président de la République aura à pourvoir si toutefois il n’est pas prévu de dissoudre, à terme rapproché, les deux chambres du Parlement et d’organiser des élections législatives et locales. Un scénario peu probable dans les conditions politiques actuelles.

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