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Nationale

Stephen Zunes : «Je n’ai jamais vu un état policier pire que celui du Maroc»

Stephen Zunes : «Je n’ai jamais vu un état policier pire que celui du Maroc»

« J’ai visité plus de soixante-dix pays mais je n’ai jamais vu un état policier pire que celui du Maroc » cette sentence n’est pas celle d’un dirigeant politique hostile au gouvernement marocain mais pluton d’un universitaire américain Stephen Zunes lors d’une conférence sur la décolonisation de l’ONU et repris par l’APS.

Ce dernier a même cité un rapport de l’ONG américaine Freedom House qui a « classé la situation des droits de l’homme au Sahara occidental comme l’une des pires au monde ».

Dans ses critiques envers ce pays, l’universitaire va encore plus loin pour dénoncer sa politique de répression dans les territoires occupés qu’il compare à celui que pratique l’état juif en Palestine : « Le Maroc a colonisé illégalement le Sahara occidental en installant des dizaines de milliers de colons dans ces territoires, exactement comme a fait Israël en Cisjordanie et au plateau du Golan (…)

Le transfert d’une population civile d’un pays vers des terres saisies par l’usage de la force militaire est une violation flagrante de la quatrième convention de Genève » dit-il. La situation des droits de l’homme au Sahara occidental constitue selon lui une autre raison « pour se méfier du plan d’autonomie proposé par le Maroc ».

Dans ces territoires occupés, « tout sentiment nationaliste ou protestation est brutalement réprimé », a dénoncé cet universitaire qui constate que les initiatives des partisans du droit international visant à arrêter l’exploitation illégale des ressources naturelles du Sahara occidental « doivent avoir plus d’impact en France et aux États-Unis, deux pays responsables de l’échec de l’ONU à faire appliquer ses résolutions relatives au conflit ».

Pour ce professeur de sciences politiques à l’Université de San Fransisco les enjeux ne portent pas simplement sur l’avenir d’un pays, « mais aussi sur la question de savoir quel principe va prévaloir au 21eme siècle » : le droit à l’autodétermination, ou le droit de conquête ? »

Le Maroc demeure en violation d’une série de résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU « en empêchant le peuple sahraoui d’exercer son droit à l’autodétermination », a ajouté ce spécialiste du Moyen-Orient et membre du réseau Foreign Policy in Focus.

Il fustige la France pour son soutien constant au Maroc

Il a livré un témoignage dans lequel il a pu à force d’arguments prouver que les revendications territoriales du Maroc au Sahara occidental ne sont pas fondées : « Le Royaume du Maroc demeure en violation d’une série de résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU qui appellent le gouvernement marocain à permettre au peuple sahraoui de déterminer son propre avenir », a-t-il fait savoir : « Au lieu de cela, le gouvernement marocain et ses alliés ont fait pression pour un soi-disant plan d’autonomie (à) cette proposition est bien en deçà de ce qui est nécessaire pour parvenir à un règlement pacifique du conflit », a-t-il soutenu, expliquant que ce plan crée « un précédent dangereux » qui menace les fondements mêmes du système juridique international de l’après seconde guerre mondiale.

Selon lui l’acceptation de ce plan revient à approuver l’expansion territoriale d’un pays par l’usage de la force militaire, en ajoutant que le conflit du Sahara occidental « est un cas clair d’autodétermination d’un peuple luttant contre une occupation militaire étrangère ». Le politologue a affirmé que le Maroc n’allait pas tenir sa promesse d’accorder « une véritable autonomie » au peuple sahraoui vu qu’il avait rompu plusieurs autres promesses auparavant.

Le démantèlement de la Minurso, est à ce titre, un acte illustratif qui a démontré que le Maroc a failli aux obligations liées à son engagement de maintenir cette mission chargée de préparer le référendum d’autodétermination, a-t-il rappelé. Selon cet universitaire, le Maroc a « réussi à échapper à ses obligations juridiques internationales pendant plus de quatre décennies grâce au soutien de la France et celui de certaines administrations américaines ».

Le soutien de ces pays a empêché le Conseil de sécurité d’imposer des sanctions ou d’autres leviers appropriés pour forcer le régime marocain à respecter les mandats de l’ONU », a-t-il ajouté.

Selon lui une lecture attentive de la proposition soulève également des questions quant au niveau d’autonomie qui sera offert au peuple sahraoui : « Les questions importantes telles que l’exploitation des ressources naturelles du Sahara occidental et l’application des lois restent ambiguës », dit-il.

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