Statut particulier et régime indemnitaire : Le ministère de la Santé en concertation avec le SNPSP
Le Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP) a été convié par le ministère de la Santé pour participer, Ce mercredi, à une réunion de concertation autour de la révision des statuts particuliers et des régimes indemnitaires des praticiens généralistes et spécialistes. C’est ce qu’a fait savoir, hier, le Dr Lyès Merabet, président du SNPSP, au Jeune Indépendant.
Le Dr Merabet a tenu à souligner, à l’occasion de l’organisation de cette rencontre, longtemps réclamée par les syndicats du secteur, que « nous avons envoyé plusieurs écrits officiels au ministère de la Santé pour réclamer que les syndicats et les partenaires sociaux soient associés à la rédaction de la mouture finale du projet de la révision des statuts particuliers et du régime indemnitaire », conformément aux orientations des instructions du président de la République, qui a fixé le mois de février prochain pour la présentation de ces projets en Conseil des ministres.
Le syndicaliste a insisté sur le fait que l’« on est à la fin du mois de janvier, et il était temps de commencer à faire ce travail. J’espère qu’on ne va pas être en retard et j’espère qu’on va pouvoir le faire d’une manière correcte, tout simplement ».
Concernant l’importance de cette réunion de concertation, il a expliqué qu’il s’agit « premièrement de voir si les propositions concernant la révision de ces textes ont été prises en considération, et deuxièmement, dans le cas où il y a eu changement, de nous expliquer pourquoi il y a des propositions qui ont été refusées ou modifiées ».
Il s’agit aussi, lors de cette réunion de concertation, de donner l’occasion aux syndicats de faire des contre-propositions ou de faire des rajouts au niveau de l’argumentaire afin de justifier et de convaincre justement les vis-à-vis par rapport aux propositions qui ont déjà été formulées. Il a précisé que ces vis-à-vis sont le secrétariat général du gouvernement, la fonction publique et le ministère des Finances. Il a expliqué que c’est à ce niveau-là de l’étude du dossier de la révision des statuts particuliers et des régimes indemnitaires que les syndicats ne peuvent pas être présents. Ce sont uniquement les représentants du ministère de la Santé qui défendent les révisions apportées, d’où l’importance que cette révision soit faite en concertation avec les syndicats.
A propos des principales propositions du SNPSP, concernant la révision du statut particulier, le Dr Merabet a indiqué qu’il s’agit notamment de revoir des dispositions réglementaires, à l’instar de celles ayant trait à la titularisation des praticiens dès leur recrutement.
Il a affirmé que « jusqu’à présent, avec un doctorat de médecine générale, de médecine dentaire ou de pharmacie, les médecins, lorsqu’ils sont recrutés dans la fonction publique, le sont, malheureusement, en tant que stagiaires ». La période de stage est d’une année renouvelable, cela peut aller jusqu’à plus deux ans avant leur titularisation, « alors que ce même médecin, s’il va dans le privé, est recruté, installé et se voit attribuer son cachet, et ce dès le premier jour. C’est une aberration qu’il faudrait à tout prix corriger », a-t-il soutenu.
En outre, le syndicat a également réclamé l’accès à la gestion des établissements de santé. Selon le Dr Merabet, cet accès existait dans les statuts depuis 1985, mais depuis 2008, lors de la révision des statuts, « on nous a carrément enlevé ce droit » alors que c’est une condition sine qua none dans le secteur privé. Il s’est insurgé du fait que « dans le même pays, le même système de santé ne donne pas les mêmes droits ».
En outre, le SNPSP a également émis comme proposition la rectification au niveau de la classification. Il a cité, à titre d’exemple, le cas de la médecine dentaire ou des doctorats de pharmacie qui ont bac+6 et sont classés dans la catégorie du 13e échelon de la grille des salaires des fonctionnaires. Le syndicaliste a réclamé qu’il soit classé à l’échelon 16 dans la grille des salaires.
Une revalorisation du point indiciaire est incluse dans la liste des propositions de la révision du régime indemnitaire. Ainsi, le syndicat propose 90 DA au lieu des 45 DA actuellement. C’est-à-dire une majoration à 100 % de la valeur du point indiciaire. De plus, il est aussi demandé une pérennisation de la prime Covid sous forme de prime contre les risques pandémiques.
La dernière proposition, qui revêt un caractère important pour le SNPSP, est la mise en place d’une indemnité de départ à la retraite, comme c’est le cas dans le secteur économique et d’autres secteurs dans la fonction publique.
Il convient de rappeler que le ministère de la Santé a indiqué, lundi dernier, dans un communiqué, que dans le cadre de l’élaboration des statuts particuliers des médecins, dentistes, pharmaciens et médecins spécialistes, le ministère s’est engagé à des concertations et à un débat autour de ces textes.
En outre, il sera procédé, à partir de la semaine prochaine, à l’organisation de rencontres avec les partenaires sociaux représentant les corps paramédicaux, les auxiliaires médicaux, les anesthésistes et réanimateurs, les sages-femmes, les psychologues, les biologistes et les administrateurs des services de santé ainsi que les inspecteurs et les professeurs.