-- -- -- / -- -- --
Culture

Standing ovation pour ces artistes handicapés

Standing ovation pour ces artistes handicapés

La première troupe théâtrale officielle composée exclusivement de handicapés qui ont interprété, hier, au Théâtre National Algérien (TNA) « Mahieddine Bachtarzi », la pièce « Handicapé, mais … » a mis en émoi plus d’un spectateur.

La ministre de la Culture Nadia Labidi, accueillie par Mohamed Yahiaoui, directeur général du TNA, Mohamed Nabil Rezzak, auteur de ladite pièce théâtrale et Djamel Guermi, le metteur en scène, a assisté au premier spectacle de la troupe théâtrale composée exclusivement de personnes à capacité physique réduite. Une fois le public en place, M. Yahiaoui prend la parole pour dire toute sa fierté et ses encouragements à la troupe et fait savoir que « c’est une première dans l’histoire du théâtre algérien, mais que ce n’est certainement pas la dernière », avant de donner la parole à Mme Labidi qui souligne que « cette journée du 14 mars nous permet de mettre en avant le handicapé et d’organiser des festivités afin de l’encourager ; il faut dire que les handicapés sont une partie indissociable de la société, un membre important du corps constituant notre société et qu’ils doivent se fondre dans la vie quotidienne, dans les différents secteurs et tous les domaines, puisque les introduire dans la société sera un plus pour cette dernière et l’émancipation du pays », avant d’ajouter que « lorsque j’ai reçu le synopsis et ai lu le titre « Handicapé, mais… », une phrase a traversé mon esprit et je me suis dit « handicapé, mais artiste » et ça me touche de savoir qu’ils font des efforts pour relever le défi.

Aussi, je tiens à saluer toute l’équipe qui a participé à la réalisation de cette pièce, ces personnes qui ont donné la chance à ces jeunes gens de s’exprimer, mais surtout de démontrer qu’ils sont aussi capables qu’une personne en bonne santé de relever les défis et de surmonter les difficultés ».

Mme Labidi s’adresse ensuite aux parents de tous les handicapés algériens et les salue pour leur courage et leur dévouement et leur assure que « vous n’êtes pas seuls dans votre combat quotidien et ne croyez pas que vous êtes seuls face à cette lutte journalière ; les entités concernées ne vous oublient pas et sont là pour porter avec vous cette charge que je sais très lourde et difficile à porter. Je sais aussi que dans certaines familles, il y a plus de deux handicapés. Je salue votre courage, votre dévouement et surtout celui de vos enfants qui, malgré toutes les difficultés du quotidien, continuent à s’accrocher à la vie. »

Humour contre la carte de 4 000 DA

La pièce théâtrale raconte d’une manière humoristique les obstacles administratifs que rencontre cette tranche de la société dans son quotidien, ses péripéties et les heurts contre les portes fermés des APC et de certaines associations qui, au mieux, leur remettent la fameuse carte du handicapé afin d’obtenir la pension alimentaire mensuelle de 4 000 DA qui ne couvre pas une semaine de leurs besoins et au pire, leur demandent de revenir et leur promettent d’étudier leur cas. Une des scènes de la pièce simule la fête du fameux 14 mars lorsque le président de l’APC organise une fête dans les maisons de jeunes et remet des cadeaux qui ne servent en rien au soulagement du quotidien de la personne à capacité physique réduite.

On y retrouve des scènes de ce quotidien lourd où le handicapé est réduit à un membre facultatif de la société, ce qui n’est pas exagéré dans beaucoup de cas. Si certaines APC et associations se sucrent sur le dos de ces gens en difficulté, certains de ces derniers arrivent bon gré, mal gré, à se « débrouiller » afin survivre et subvenir à leurs besoins.

Après la représentation de la pièce, Mme Labidi a rejoint les comédiens, leurs parents et l’équipe qui a contribué à relever ce défi et a salué Mme Amzal Hamida, la costumière qui a consacré tout son temps à la confection de différents costumes qui ont servi aux comédiens à incarner plus d’un rôle, Beroual Riadh, le chorégraphe qui, jusqu’au dernier moment, a revu les postures des comédiens sur scène, Cherkit Nour, musicien qui a composé les chansons et musiques du spectacle, Chikh Chioukh Cherif, régisseur général, Kamel Djaib, à la conception des lumières et enfin, Djamel Guermi, le metteur en scène et Abbas Mohamed Islam, scénographe et metteur en scène assistant qui, depuis un mois et demi, avaient « travaillé d’arrache-pied pour arriver à ce beau résultat », souligne la ministre.

Ces jeunes gens, qui ne se connaissaient pas avant la mise en scène de la pièce théâtrale, ont été réunis grâce à l’initiative de M. Yahiaoui, le directeur général du TNA qui a créé l’atelier théâtral pour les personnes handicapées et leur a permis de, non seulement se connaître, d’échanger des idées, mais aussi et surtout a fait de l’art théâtral un ciment pour construire solidement cette troupe qui s’est liée d’amitié et a fait d’elle une bande inséparable sur les planches et dans la vie.

M. Yahiaoui et Mme Labidi ont assuré qu’il feraient tout leur possible afin que cette troupe aille plus loin, mais aussi que d’autres troupes soient formées pour leur donner leur chance et que des possibilités d’échanges inter-wilayas et pourquoi pas internationaux seront prévus, afin qu’ils « nous donnent d’autres leçons de vie », a souligné le directeur général du TNA.

M. Nabil Rezzak, l’auteur de la pièce, continue de se battre administrativement pour réussir à signer la convention entre les caisses d’assurance sociale, les kinésithérapeutes privés et le ministère de la Solidarité afin que les handicapés puissent suivre leur rééducation physique près de leur domicile car pour l’anecdote, dix personnes sur les 12 membres de la troupe ont besoin urgent de faire leur rééducation sinon tout espoir de récupérer la mobilité de leurs membres serait chose impossible avec le temps.
 

Commentaires
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email