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Nationale

Spectre d’une deuxième crise financière

Spectre d’une deuxième crise financière

Les prix du pétrole poursuivent leur baisse et s’approchent du seuil des 90 dollars. Pour l’Algérie, cette tendance baissière des cours
est un sujet de préoccupation. Aujourd’hui, l’économie nationale demeure très dépendante des exportations des hydrocarbures.

I l y a quelques jours, alors que le baril se négociait encore à 98 dollars, le ministre de l’Energie Youcef Yousfi évoquait sa « grande préoccupation », avant de se rétracter plus tard. Que s’est-il passé entre-temps ? Motus et bouche cousue. L’Algérie tarde à sortir de sa dépendance du pétrole.

Et cela devient de plus en plus inquiétant pour l’avenir des générations futures. Si le pétrole a été utilisé depuis l’indépendance pour développer les infrastructures de base du pays, la gratuité des soins, le logement et surtout permis l’éducation de générations entières, aujourd’hui il n’est plus en mesure de supporter encore la masse financière énorme. 

Le Fonds monétaire international (FMI) a averti déjà en janvier dernier l’Algérie des dangers d’une baisse imminente des prix du pétrole pendant une longue période, et a également suggéré à l’Algérie de contenir la masse salariale et la suppression progressive des subventions, parallèlement à la révision de la politique de subvention. En effet, le FMI a estimé que les revenus d’Algérie des hydrocarbures, qui représente 98 % de son revenu sont menacés par l’effondrement des prix du pétrole. Le FMI a averti sur l’impact d’une baisse continue des prix du brut sur les économies 

Une baisse prolongée des prix du pétrole provoquerait l’apparition de déficits budgétaires dans de nombreux pays exportateurs de pétrole de la région », a-t-il indiqué récemment. Il relève également que depuis quelques années, « l’augmentation des dépenses se traduit par une évolution à la hausse du prix d’équilibre du pétrole ». Le FMI note que dans certains pays, dont l’Algérie, le prix d’équilibre budgétaire du baril de pétrole est actuellement supérieur au prix du marché indiqué par les projections pour 2014.
Si aujourd’hui le FMI n’est pas allé trop loin dans ses critiques comme en 1992 après la lettre que lui a adressée Mouloud Hamrouche, alors chef du gouvernement, c’est aussi parce qu’il se sent un peu redevable au pays qui lui a prêté récemment 5 milliards de dollars. A l’époque, le FMI avait proposé à l’Algérie un programme d’ajustement structurel (PAS) qui avait fait tant de mal à l’économie algérienne : Des entreprises fermées, des centaines de milliers de travailleurs licenciés et un savoir-faire industriel à jamais perdu.

2015, l’année où la dépense publique frôlera les 100 milliards de dollars 

Dans quelques jours, le président Bouteflika signera la loi de finances pour 2015. Le cap symbolique des 100 milliards de dollars de dépenses annuelles est prêt d’être franchi alors que le FMI a, une nouvelle fois, mis en garde contre la « vulnérabilité ». La croissance des dépenses du budget, qui a connu une pause en 2013, reprend de plus belle dans la loi de finances 2014.

Le montant des dépenses budgétaires connaît une croissance à deux chiffres avec des prévisions de 7600 milliards de dinars dans la LF 2014 ! Il y a deux mois, la Banque d’Algérie avait, au titre de l’année 2012, attiré l’attention sur la tendance haussière que suivent actuellement les dépenses publiques. Elle relevait que le poids de la dépense publique a pris des proportions importantes, passant de près de 45% en 2011 à 50% du PIB en 2012.

Le déficit budgétaire prévu pour 2014, estimé au niveau faramineux de 45 milliards de dollars, devrait relancer le débat sur le niveau de plus en plus élevé du prix d’équilibre budgétaire.
De tous les secteurs à fort développement industriel, seul le secteur du tourisme commence à sortir la tête de l’eau.

L’Algérie est la quatrième (4e) destination touristique en Afrique en 2013, avec 2,7 millions de touristes étrangers, selon le rapport annuel de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT). La richesse culturelle, avec ses musées, ses ruines, ainsi que la nature diversifiée de l’Algérie composée de son littoral, ses montagnes et son Sahara, sont les principaux facteurs de cette affluence, indique le rapport de l’OMT.

 La léthargie du secteur touristique algérien n’a pas empêché d’attirer environ 2,7 millions de touristes, un chiffre en nette progression par rapport à 2012, quand 2,3 millions de personnes étrangères se sont déplacées en Algérie. En attendant la nouvelle politique industrielle promise par le nouveau ministre Bouchouareb, l’Algérie table sur une croissance de l’ordre de 4%, un taux très faible pour rattraper le retard et corriger les lacunes de plusieurs décennies.

Le FMI revoit à la baisse ses prévisions de croissance pour l’Algérie

 Le Fonds monétaire international (FMI) a légèrement revu à la baisse ses prévisions pour le taux de croissance du produit intérieur brut de l’Algérie en 2014 que l’institution financière internationale estime autour de 4% contre 4,3% dans ses précédentes estimations. Le chef de mission du FMI à Alger, Zeine Zeidane, a estimé que l’activité économique s’est « raffermie » en 2014 en Algérie, mais que la croissance du PIB réel devrait s’élever à 4% seulement contre 2,8% en 2013. 

Le recul de la production d’hydrocarbures, la forte consommation intérieure et la baisse des cours du pétrole pèsent sur les exportations tandis que les importations continuent d’augmenter  », relève le représentant du FMI en Algérie. 

L’institution financière internationale prévoit aussi que « le déficit budgétaire devrait se creuser à plus de 6% en raison de la diminution des recettes des hydrocarbures, d’une nette augmentation des dépenses en capital et du maintien d’un niveau élevé de dépenses courantes ». 

Ce travail de rééquilibrage doit passer par une plus forte mobilisation de recettes hors hydrocarbures et par une maîtrise des dépenses courantes, notamment salariales », tranche le FMI qui recommande, à ce propos, l’adoption d’une règle budgétaire pour, explique-t-on, « aider à gérer les recettes provenant des hydrocarbures et imposer une discipline en matière de dépenses.

Des réformes s’imposent pour améliorer le climat des affaires, lever les contraintes à l’investissement étranger, promouvoir l’intégration au commerce international et réduire les rigidités du marché du travail, recommande encore le FMI.

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