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Nationale

Soutien de l’Algérie aux peuples opprimés : Du refus des ingérences au devoir de mémoire

Soutien de l’Algérie aux peuples opprimés : Du refus des ingérences au devoir de mémoire
Fidèle à la philosophie de sa Révolution.

Le rôle historique et contemporain de l’Algérie dans le soutien aux mouvements de libération, la défense des causes justes et la consolidation d’une vision africaine affranchie des ingérences a été mis en avant, ce lundi, par Riadh Sidaoui, politique et directeur du Centre arabe d’études politiques et sociales de Genève.

Dès le début de son intervention, M. Sidaoui a affirmé, sur les ondes de la Radio nationale, que « l’Algérie est restée fidèle à la philosophie de sa Révolution. Elle soutient les peuples opprimés parce qu’elle a elle-même connu l’oppression ». Abordant la révolution de Novembre, M. Sidaoui a soutenu qu’elle constitue un événement historique et un repère politique et moral pour de nombreux peuples, expliquant que « la Révolution demeure l’un des modèles les plus puissants pour les mouvements de libération », un modèle qui a façonné, au fil des décennies, la perception internationale de l’Algérie.

Cette légitimité historique se manifeste encore aujourd’hui dans les positions fermes d’Alger sur les questions sahraouie et palestinienne. Le politologue a rappelé que l’Algérie fut parmi les premiers Etats à reconnaître la République arabe sahraouie démocratique et qu’elle continue de défendre, sur toutes les tribunes internationales, le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination.

Il a également souligné le soutien « constant et profondément ancré » de l’Algérie à la Palestine, rappelant l’engagement du Président et l’activisme diplomatique d’Alger sur cette cause.

Pour M. Sidaoui, l’Algérie joue un rôle central sur la scène africaine en prônant une diplomatie de stabilité et de non-ingérence. Elle défend le principe « Afrique – Afrique » et encourage les solutions internes aux crises, comme en Libye, où elle a soutenu un dialogue exclusivement libyo-libyen, jugé aujourd’hui « la seule solution viable pour une paix durable ». Par ailleurs, l’Algérie intervient activement dans la prévention et la gestion des conflits au Sahel, à travers les accords d’Alger et divers mécanismes régionaux, assumant un rôle que peu de pays africains peuvent jouer.

L’enjeu stratégique du dossier mémoriel

Interrogé sur le poids de la mémoire dans les relations entre Alger et Paris, Riadh Sidaoui a été catégorique : « L’histoire et la mémoire restent les principaux déterminants de la relation bilatérale », soutenant qu’il ne peut y avoir de normalisation durable sans reconnaissance des crimes commis durant un siècle et trente-deux ans de colonisation. Il a également souligné que l’Algérie a toujours été ferme sur ses exigences, qui sont la reconnaissance des crimes coloniaux, l’excuse officielle et un processus sérieux de réparation symbolique et morale.

Il a cité à ce sujet les déclarations du ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, qui a affirmé que « l’Afrique possède le droit complet d’obtenir réparation pour les crimes coloniaux ». Cette position, a noté M. Sidaoui, s’inscrit dans une dynamique continentale plus large visant à criminaliser le colonialisme sur les plans juridique, politique et historique. Par contre, il a relevé que la France a adopté une stratégie basée sur la formule « regarder vers l’avenir ». Une façon de « contourner la profondeur du traumatisme colonial », a expliqué le politologue.

Au-delà du face-à-face algéro-français, M. Sidaoui a appelé les pays africains à construire une position commune sur les grands dossiers stratégiques du continent. Selon lui, l’Afrique ne peut avancer sans une vision partagée et sans institutions solides capables d’imposer un véritable rapport de force sur la scène internationale. Il a relevé, en outre, l’obligation d’adopter officiellement le principe de criminalisation du colonialisme et d’avancer vers des mécanismes de réparation, assurant que cette démarche constitue « un acte de souveraineté, de dignité et de justice historique ».

Sidaoui a plaidé pour une intégration africaine plus poussée afin de bâtir une véritable économie continentale, un marché unifié et une stratégie commune de lutte contre le terrorisme, estimant que « si l’Afrique parle d’une seule voix, personne ne pourra l’ignorer ». Il a souligné l’importance du NEPADNEPAD Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique dans la modernisation des économies africaines, tout en mettant en garde contre les ingérences étrangères qui freinent l’autonomie du continent. Selon lui, l’Algérie joue aujourd’hui un rôle moteur en faveur d’une identité africaine indépendante et s’appuie sur sa tradition diplomatique pour promouvoir le dialogue, la souveraineté et la solidarité, ce qui la place au cœur des initiatives africaines sur la scène internationale.



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