Soudan du Sud : Tebboune appelle à « sauver le processus électoral »
Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a appelé les parties signataires de l’accord de paix au Soudan du Sud à renouer avec le dialogue politique, à faire taire les armes et à réunir les conditions nécessaires à la tenue des prochaines élections. Son discours, prononcé ce mardi lors du sommet virtuel du Comité de haut niveau de l’Union africaine sur le Soudan du Sud (C5), a été lu en son nom par le Premier ministre, Sifi Ghrieb. Le chef de l’État a estimé que les trois prochains mois seront décisifs pour ce pays, attendu aux urnes dans un contexte politique, sécuritaire et humanitaire toujours fragile.
À trois mois de l’échéance présidentielle, le processus de transition reste confronté à de sérieux obstacles. Pour Abdelmadjid Tebboune, la situation sur le terrain demeure préoccupante malgré les efforts engagés cette année par l’Union africaine et les avancées enregistrées dans le processus électoral, notamment l’enregistrement des partis politiques et les ajustements techniques apportés à deux dispositions de l’accord de paix revitalisé.
« Le Soudan du Sud se trouve à la veille d’une étape charnière », a relevé le président de la République, soulignant que les élections constituent « un moment déterminant dans l’histoire de cet État ». Mais leur organisation reste tributaire du règlement des blocages qui persistent entre les signataires de l’accord de paix revitalisé.
Alger considère cet accord comme « le cadre politique légitime » susceptible de permettre au Soudan du Sud de dépasser la crise actuelle. Le président Tebboune a surtout rappelé que « le peuple sud-soudanais est seul maître de la décision de déterminer son avenir », plaçant ainsi le processus politique et électoral au cœur de la sortie de crise.
Dans ce contexte, l’Algérie appelle d’abord toutes les parties signataires à s’engager dans « un dialogue politique inclusif et constructif », où « l’intérêt national supérieur » doit primer sur les calculs de circonstance. Elle salue, à ce titre, l’initiative de l’Afrique du Sud, en sa qualité de présidente du C5, d’accueillir un dialogue entre les parties signataires de l’accord.
Le chef de l’État a également appelé à l’arrêt de « toutes les actions hostiles » sur l’ensemble du territoire et à la poursuite des efforts de désescalade. Il a insisté sur la nécessité de traiter les défis sécuritaires et de parvenir à l’unification des forces.
Sur le volet électoral, Alger demande aux autorités de transition d’accélérer la mobilisation du financement national nécessaire au fonctionnement des institutions électorales et de publier « une feuille de route électorale réaliste et consensuelle ». Celle-ci doit, selon le président Tebboune, être de nature à rassurer aussi bien les acteurs politiques que la population sud-soudanaise.
Le financement du processus électoral constitue également un point central du message algérien. Abdelmadjid Tebboune a appelé les États membres de l’Union africaine et les partenaires internationaux à « faire preuve de responsabilité » et à honorer leurs engagements afin de combler le déficit financier avant octobre prochain, conformément à l’appel lancé par le Conseil de paix et de sécurité de l’UA.
L’Algérie demande parallèlement au monde de renforcer l’aide humanitaire destinée aux populations affectées et de garantir un accès sûr et sans entrave aux secours.
« L’engagement de l’Algérie envers le Soudan du Sud n’est pas né aujourd’hui », a rappelé le président de la République, réaffirmant la disponibilité d’Alger à apporter « tout le soutien logistique et technique nécessaire » aux autorités et aux institutions électorales sud-soudanaises durant cette phase.
Pour Tebboune, l’enjeu dépasse désormais le seul calendrier électoral. Il s’agit de préserver les acquis de la transition, de consolider l’accord de paix et d’éviter que les tensions politiques et sécuritaires ne compromettent davantage la stabilité du pays.
Dans ce sens, le président de la République a appelé le sommet africain à adresser « un message africain fort et uni » au peuple sud-soudanais. « Le succès du Soudan du Sud dans l’instauration de la sécurité est un succès pour toute l’Afrique », a-t-il affirmé, plaidant pour une mobilisation collective en faveur de la paix et de la stabilité dans ce pays.