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Culture

Souad Massi la conteuse

Souad Massi la conteuse

Lors de son concert au Théâtre de verdure du complexe culturel Laâdi-Flici à Alger, dans la soirée de ce samedi 27 juin, la chanteuse Souad Massi a retrouvé le public algérien qui a notamment apprécié les titres de son dernier album El Mutakallimûn-Masters of the World.

Après une longue absence de la scène algérienne – depuis 2006. Elle s’est produite en 2013 à l’Institut français d’Algérie –, la chanteuse Souad Massi viendra à Alger pour présenter les titres de son nouvel album El Mutakallimûn (les maîtres du verbe, sorti en avril 2015).

Elle a alors interprété, dans un Théâtre de verdure, à moitié rempli de spectateurs, des textes de grands poètes arabes. Elle leur rend hommage en mettant en musique dix poèmes du VIe au XXe siècle, non sans assurer des arrangements modernes.

Accompagnée de musiciens aux percussions, guitare-basse, guitare électrique, banjo, oûd et claviers, elle chantera dans une inspiration folk El-Mutanabbi, Ilia Abou Madhi et autres classiques de la poésie arabe, avec des sonorités allant du rock aux musiques d’Amérique latine, en passant par le flamenco et le chaabi. Dans ce répertoire ouvert aux musiques du monde, cette chanteuse explore les mots mais aussi la rythmique, comptant sur la virtuosité de ces accompagnateurs durant les deux heures du spectacle.

L’une des chansons marquantes de son album est le poème Ila toghat el aalam, écrit par le grand poète tunisien Abou El Kacem Echebbi (1909-1934), un texte enveloppé dans des rythmes entraînants du reggae. C’est alors que Souad Massi affirme : « Je dédie cette chanson à toutes les victimes du terrorisme et de l’injustice, ici et à travers le monde », évoquant ainsi la Tunisie, affectée la veille par un sanglant attentat terroriste.

Au delà des titres de son dernier album, la chanteuse a également repris les succès de ses précédents opus, des balades dans le pur style de la musique folk, chantées en arabe algérien et qui ont fait la renommée internationale de cette artiste, partie en France en janvier 1999.

Elle est alors invitée à Paris pour participer au festival Femmes d’Algérie, au Cabaret Sauvage dans le Parc La Villette. Ce sera un aller sans retour au bercail et elle finira par éditer Raoui (Le conteur, 2001) dans la capitale de l’Hexagone, son premier opus et ses premiers succès sur la scène internationale qui ont fait sa notoriété.

Plus réactif à ces chansons accessibles par la langue, le public d’Alger est conquis par ces titres mélancoliques, particulièrement par ce titre, repris en chœur par les spectateurs dans un moment de grande complicité avec l’artiste. « J’ai écrit cette chanson à l’âge de dix-sept ans », se souviendra la native d’Alger, émue jusqu’aux larmes par cette communion avec le public algérien. 

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