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Monde

Sotchi nouvelle étape du règlement de la crise syrienne

Sotchi nouvelle étape du règlement de la crise syrienne

Les participants au sommet pour la paix syrienne à Sotchi sur la mer noire ont convenu ce mardi soir à mettre en place une large commission de réformes qui servira de plateforme pour la refondation de l’Etat syrien.
C’est ce qu’a fait savoir  le communiqué final de la réunion qui a mis l’accent sur l’unité territoriale de la Syrie, y compris le recouvrement du Golan occupé, de sa souveraineté et du droit du peuple syrien de disposer de son avenir par les moyens démocratiques.
Le communiqué souligné « l’indivisibilité du territoire syrien et de la volonté du peuple syrien à reconquérir le Golan occupé par tous les moyens légaux ».
Le texte insiste sur « le droit exclusif du peuple syrien de choisir son régime politique par les moyens démocratiques et par la voie des urnes sans pression ou intervention étrangère ».
Le communiqué a aussi indiqué que « la Syrie est un Etat démocratique non sectaire qui repose sur le pluralisme politique et l’égalité des citoyens ».
Le texte a également mis l’accent sur l’engagement de chacun dans la lutte contre toutes les formes du terrorisme, du radicalisme, d’extrémisme et de sectarisme et qu’il s’engage à combattre les sources de leurs propagations ».
En dépit de la défection de plusieurs mouvances notamment kurde, soutenue par les Etats-Unis, 1511 délègues venus de Moscou, Genève, le Caire et Ankara et 107 autres membres venus d’Europe et des Etats-Unis ont pris part au Rendez-vous de Sotchi.
La réunion de Sotchi intervient alors que la crise syrienne bouclait sa 7e année. Les syriens étaient venus à cette rencontre en vue d’aboutir à un terrain d’entente notamment sur la question de l’élaboration d’une constitution.
Sur ce chapitre, de nombreuses voix ont demandé à ce que la commission soit nommée par décret présidentiel tandis que l’envoyé spécial de l’Onu Stefan Di Mistura a affirmé que la commission doit être composée de personnalités du gouvernement et de l’opposition sous l’égide de l’ONU.


Le directoire syrien de la conférence

L’accord de Sotchi constitue un nouveau pas vers une solution définitive de la crise, faute de quoi la tension risque de s’exacerber sur le terrain pendant encore des mois si ce n’est des années. C’est en tout cas, la réalité avec laquelle devront composer les factions syriennes et le gouvernement, tous les deux blasés par sept années de guerre fratricide qui a fait plus de 340 000 morts et plus de 5 millions de réfugiés. 
C’est ainsi que le président russe, Vladmir Poutine, fort du succès obtenus lors du processus d’Astana, faisait part de son souhait de faire de Sotchi une étape censée conclure le processus de paix en Syrie. Un pari ambitieux mais difficile tant les manœuvres fusent de toute part pour faire capoter toute idée de compromis définitive en Syrie. Sotchi a été l’illustration de ces manouvres grandeur nature. Prévu sur deux jours, le sommet ne s’est ten finalement tenu que le mardi.En cause notamment, le nombre important de défections. En effet, l’opposition syrienne- le comité des négociations syriennes (CNS) — et les Kurdes ont quitté les lieux après leur arrivée exigeant la présence de leur drapeau.
Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avait accusé, la semaine dernière, les Etats-Unis de dissuader les kurdes de participer au dialogue.
« Les États-Unis essaient de persuader les Kurdes de ne pas mener de dialogue avec Damas et encouragent les tendances séparatistes de cette communauté », avait affirmé Lavrov.

Sergei Lavrov

Auparavant présentes lors de conférence d’Astana, aucune des puissances occidentales n’a dépêché le moindre représentant à Sotchi.
À la recherche d’une stratégie commune, les États-Unis, le Royaume-Uni et la France ont tourné le dos au rendez-vous de la ville côtière de la mer Noire dans l’espoir de vider le rendez-vous de sa substance. Toutefois, la participation d’une majorité des représentants des courants et factions syriennes ayant un ancrage populaire a donné de la consistance au dialogue inter-syrienne notamment la construction d’une assise politique à même de favoriser un consensus à terme.
Pour beaucoup d’observateurs l’absence d’émissaire de Washington est la seule à pouvoir influencer sur le cours des choses, Paris et Londres étaient davantage des acteurs secondaires dans la résolution du conflit syrien.
Mais les Nations unies ont tout de même dépêché un émissaire à Sotchi, Staffan de Mistura. Choisi par l’ancien secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, ce diplomate européen etait bien présent en Russie, ce qui accorde une légitimité internationale à l’assise de la mer noire. « Le Secrétaire général est convaincu que le Congrès de Sotchi sera une contribution importante à un processus de négociations intersyriennes relancé sous les auspices des Nations Unies à Genève qui s’appuie sur la mise en œuvre intégrale du Communiqué de Genève (2012) et de la résolution 2254 (2015) du Conseil de sécurité », a déclaré le porte-parole du secrétaire général des Nations unies António Guterres dans un communiqué, le 26 janvier.
L’annonce de sa venue par Antonio Guterres a été hautement saluée par Moscou, qui y voit un appui important à l’effort russe pour la paix en Syrie. Les officiels Russes ont d’ailleurs expliqué et rappelé que le processus d’Astana, dans lequel s’inscrit la conférence de Sotchi, n’avait pas pour but de remplacer les pourparlers de Genève, mais de les compléter.

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