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Nationale

Sonatrach, la boîte de Pandore ?

Sonatrach, la boîte de Pandore ?

Le procès Sonatrach I dans lequel est impliqué l’ex-PDG du groupe, Mohamed Meziane, a créé un contexte politico-médiatique dans lequel tout le monde rivalise de surenchère au détriment de la compagnie et, par conséquent, de l’Algérie.

Depuis le déclenchement de cette affaire, en 2010, l’attention de l’opinion publique a focalisé sur les hommes qui étaient aux commandes soit au sein de la compagnie ou bien au niveau de la tutelle, le ministère de l’Energie et des Mines, en faisant peu cas du discrédit que ces révélations fracassantes ont jeté sur cette prestigieuse compagnie.

Le mot prestigieux n’est pas de trop car une certaine manière de gérer et d’informer a fabriqué une opinion insensible à la souveraineté et à l’indépendance du pays, dès lors que tout ce qui intéresse l’opinion ce sont les frasques dont se seraient rendues coupables un certain nombre de responsables.

Rares sont les voix qui se sont élevées pour dire qu’il faut préserver la compagnie de ce battage médiatique sans précédent. Car le feuilleton des révélations s’est transformé en véritable campagne visant à casser le symbole de la souveraineté retrouvée un certain 24 février 1971, lorsque le regretté Houari Boumediène a annoncé la nationalisation des hydrocarbures.

A la faveur de la reprise du procès de Sonatrach, il est des déclarations qui laissent stupéfaits les plus avertis des observateurs. L’avocat de la famille Meziane, Amara Mohsen, s’est distingué récemment en affirmant que ce dossier fait partie d’actions planifiées « contre l’économie algérienne » et vise à « détruire les cadres algériens ».

« On fabrique des affaires » sans preuves, pour liquider les cadres. Cette attaque en règle contre les institutions de la République n’a pas tardé à faire réagir maître Sellini, le premier bâtonnier d’Alger, qui s’en est pris aux « voix qui disculpent les accusés dans les affaires de corruption de Sonatrach sans attendre les jugements ».

Me Sellini a défendu également la justice, les services de renseignements et les institutions de souveraineté de l’Etat dont on veut ternir la réputation au plan international.

Mais combien de Sellini faudra-t-il qu’ils s’élèvent pour faire cesser cette politique qui consiste à noyer le poisson dans l’eau. La valse des limogeages au sein du groupe Sonatrach depuis la mise en accusation de Mohamed Meziane, témoigne du mal profond qui ronge une société nationale qui compte parmi les dix compagnies pétrolières les plus importantes dans le monde.

Dans ces affaires scabreuses révélées, quelques hommes se sont certes sucrés mais Sonatrach ne doit pas subir le sort qu’a subi dans le conte ancien la vache des orphelins qui a été vilipendée et vouée à la misère par une belle-mère cruelle et maléfique.

Outre la classe politique aux abonnés absents dans cette affaire, force est de s’interroger où est passé l’esprit corporatiste qui a prompte à réagir lorsqu’il s’agit de défendre son bifteck et jamais là pour défendre la compagnie dont l’Algérie tire 98 % de ses recettes et qui fait vivre 40 millions d’Algériens. N’en déplaise à ceux qui se targuent de créer de la richesse en Algérie, car leur argent est celui du pétrole et donc celui de tout un peuple.

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