-- -- -- / -- -- --
Nationale

Sonatrach à l’heure des grands choix

Sonatrach à l’heure des grands choix

Le groupe Sonatrach a mis en place sa nouvelle stratégie de développement tous azimuts dans le cadre de sa “visions 2030”. Cette stratégie qui sera essentiellement axée sur des pôles plus rentables que budgétivores, est censée dissiper l’image de la vache aux mamelles généreuses qui colle au groupe depuis 1971.

Dans sa nouvelle stratégie, Sonatrach s’est employée à se débarrasser de sa division liquéfaction du gaz pour s’orienter exclusivement vers le raffinage et la pétrochimie, un secteur très prometteur en termes de rentrée de devises. Autre secteur qui sera développé, celui de l’extraction du gaz de schiste qui va connaître un saut qualitatif dans les prochaines années. Attendu depuis longtemps, ce nouvel organigramme va permettre à l’entreprise de s’insérer dans le concert des géants pétroliers mondiaux. Le schéma ancien hérité de l’expérience française a vécu. Le PDG de Sonatrach, Abdelmoumen Ould Kaddour devrait dévoiler, lors d’une conférence de presse prévue le 30 avril, les grands axes de cette nouvelle organisation interne et les objectifs visés. Cet organigramme est venu suite à de larges consultations effectuées par Boston Consulting Group, une société américaine de conseil en management, auprès des cadres de l’entreprise, des syndicats ainsi que des anciens cadres de Sonatrach, voire de personnalités externes au groupe.
Les changements ont touché les unités LRP (liquéfaction, raffinage et pétrochimie) puisque la liquéfaction a été éjectée de l’organigramme au profit du raffinage et de la pétrochimie, selon le modèle adopté par la compagnie saoudienne Aramco. 
Ainsi Sonatrach misera sur la pétrochimie. Une entité entière sera dédiée à la pétrochimie et au raffinage.
Déjà le siège de la division raffinage devrait être transféré de Sidi R’cine (Baraki) vers Oran pour se retrouver sous la coupe d’Aval. Il convient de rappeler que dans la liquéfaction, Sonatrach s’est dotée de plus d’une vingtaine de complexes et d’unités industrielles depuis 1964, date de mise en production par l’Algérie du premier complexe de liquéfaction de gaz naturel au monde, dénommé GL4Z .
Depuis cette date, Sonatrach s’est hissée au rang de leader de l’industrie du GNL, a développé ses gisements gaziers et conforté son rôle de pionnière dans l’industrie internationale du gaz, notamment dans la production et la commercialisation du GNL. Le second segment de la nouvelle stratégie touchera les énergies renouvelables dont le gaz de schiste, puisque Sonatrach compte relancer le projet Desertec avec les Allemands. Cette tâche incombera au ministère de l’Energie qui se chargera des projets de grandes capacités, jusqu’à atteindre l’objectif de 22 000 MW à l’horizon 2030.
Enfin le troisième axe prévu dans ce nouvel organigramme est la digitalisation du groupe, devenue aujourd’hui une option incontournable pour le fonctionnement jugé jusqu’à l’heure obsolète.
Ainsi le cabinet d’études américain avait recommandé de numériser sans tarder l’ensemble des activités du groupe.

Le nouvel organigramme n’a pas manqué de susciter des mécontentements au sein du groupe pétrolier. Des cadres ont dénoncé leur mise à l’écart par un sit-in devant leur fédération syndicale, accusant la nouvelle direction de procéder à des nominations sur des « bases régionalistes », notamment dans le raffinage, tandis que d’autres ont estimé que ce nouvel organigramme allait compromettre la mise en œuvre des procédures de management de qualité de la norme ISO 9001 : 2015, comme elle ne résout pas le problème de l’avenir du groupe en termes d’activités de production et de rentabilité aussi longtemps que le groupe est assujetti aux décisions politiques. 

Commentaires
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email