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Op-Ed

Sona… traque

Aujourd’hui, les juges algériens auront la bien enviable tâche de ré-éplucher l’affaire Sonatrach. La caverne d’Ali Baba au Maghreb où tous les désirs souhaitent se faire « pomper ». Sonatrach.

Que vont nous raconter comme Bob encore ces juges ? Comment classeront-ils cette affaire suivie par tous les traqueurs du monde depuis très longtemps ? En 2005, notre président de la République a invité une personne célèbre du prétoire, Eva Joly, qui avait instruit l’affaire Elf.

« Plus nous parlons de corruption, plus il m’assure –Bouteflika- que, chez lui, l’industrie pétrolière est un modèle de transparence », écrit Eva Joly dans son livre. J’ai appris, continue-t-elle, lors de ces rencontres internationales qu’il ne faut pas jouer à l’expert, mais rentrer dans l’univers mental de l’autre, l’accompagner, l’entendre… uniquement l’entendre.

« Quand Bouteflika me dit qu’il lutte contre la corruption, il faut le féliciter et le prendre à ses propres mots. L’horloge tourne. »
Six ans après l’installation donc de Chakib Khelil à la tête du département de l’Energie, l’idée des instances juridiques internationales sur la gestion de notre richesse nationale était bien juste et précise. Cause toujours, M. le Président.

Bouteflika, dont l’intention première fut, semblerait-il, d’après les aveux de Joly, la volonté de mettre en cage à la Haye les militaires, désenchanta de l’idée diabolique et se rétracta derrière le concept d’une amnistie inspirée des équilibres.

Au passage brader Sonatrach au profit des étrangers qui fermeront les yeux sur le retour de Highlander président en Algérie. Le gaz de schiste arrivera après. Mais c’était compter sans les services de sécurité.

Le veto, le leur, a donc permis la sauvegarde de la grosse mise au poker et la souveraineté nationale de l’entreprise qui devint, par un énième subterfuge, une entreprise au service de la politique nationale, un soutien à une transmutation du régime avec l’apparition de barons d’un système archilibéral, sauvagement libéral, sans économie, des fortunes nationales qui s’élèvent à des millions d’euros ou de dollars, une lourde facture d’importation, un changement de lois régissant le commerce au bénéfice de quelques clients des hommes au pouvoir, une réforme promise mais scellée, une liberté de la presse promise mais scellée, une révision scellée, une bonne gouvernance, une révision de la Constitution, une loi d’investissement…

Sous scellé, sous scellé, sous scellé… Une Algérie sous scellé pour le bien-être d’un clan. C’est tout cela Sonatrach traquée par les bandits de la République.

C’est l’argent du peuple qui fait aujourd’hui la fortune du vendeur ambulant de pastèque dont les prières ont été exaucées la veille de Leylat al Qadr. Aussi, l’argent du concessionnaire qui s’est vu le fils illégitime de l’industriel Renault. C’est l’argent du peuple, de Sonatrach, dont parle Swissleaks…

C’est, aussi, l’argent du peuple qui a fait la fortune du vendeur de cacahuètes qui, pour réussir, en a planté deux dans chaque cervelle de nos simplets gouvernants assoiffés de vol, de corruption et apprenant sur le tard l’art du détournement, croyant que l’Histoire ne retiendra rien. Bien sûr que si elle en retiendra l’Histoire. Et rattrapera son retard.

Son premier rendez-vous d’ailleurs c’est aujourd’hui. Aujourd’hui, c’est aux juges de la faire, cette Histoire. De nous dire clairement que Sonatrach n’est pas une affaire de corruption, non, de détournement. Non. Sonatrach a été traquée politiquement pour maintenir ce pouvoir.

Tout ce qu’il en découlera est un crime aggravant. Il y aura même de la traîtrise car une étrangère, la femme de Chakib Khelil, dirigeait illégalement la plus grande boîte nationale sans tenir compte de la souveraineté nationale. Sonatrach est une affaire de trahison planifiée, une affaire politico-financière commanditée. A l’instruction de décoder ses actes.

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