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Monde

Sommet Trump-Kim: une lettre, un tweet et de la confusion

Sommet Trump-Kim:  une lettre, un tweet et de la confusion

En décidant d’annuler de manière unilitérale et brusque, sa rencontre historique avec le président Kim Jong Un, et d’évoquer ensuite sur Twitter, que le sommet pourrait avoir lieu à la date prévue, le président Donald Trump confirme l’état d’incertitude et de manque de visibilité de l’administration américaine s’agissant  de la crise de la péninsule coréene.
L’action de Trump à l’égard de cette question cruciale aura des retombés très importantes sur les relations internationales et la paix dans le monde.
Jugé hâtif pour avoir accepté rapidement de rencontrer son homologue nord-coréen, le président Trump a en toute vraisemblance, été recadré par son entourage.
Le nouveau conseiller à la sécurité nationale, John Bolton, partisan de la manière forte, serait pour beaucoup dans cette décision et notamment dans le retrait des États-Unis de l’accord sur le nucléaire avec l’Iran. Changement de cap, ou plutôt retour à la stratégie de la « pression maximale » à l’égard du régime nord-coréen ?
Dans sa lettre annonçant sa décision, le président américain laisse d’ailleurs apparaitre un ton plus ou moins menaçant : « Vous évoquez votre arsenal nucléaire, mais le nôtre est si massif et puissant que je prie Dieu que nous n’ayons jamais à en faire usage » écrit le président Trump, avant d’ajouter le jour même, en fin de journée, devant la presse : « J’ai parlé au général Mattis et notre armée qui est la plus puissante du monde est prête si nécessaire. » Autrement dit, l’option du « nez ensanglanté » n’est plus à écarter. Quelques jours avant cette décision, Donald Trump et son conseiller John Bolton, s’autorisait publiquement, mais de manière différente, d’évoquer l’exemple libyen : « Cela pourrait probablement avoir lieu si nous ne trouvons pas d’accord, mais si nous trouvons un accord, je pense que Kim Jong un sera très très heureux » dira Donald Trump. Nous voilà donc à la case de départ, alors que les choses semblaient avancer dans le bon sens, du moins du côté de Pyongyong, dont l’agence de presse officielle affirmait jeudi, que le site nucléaire de Punggye-ri, dans le nord-est de la Corée du Nord, avait été démantelé en présence de journalistes étrangers venus de Chine, de Russie ou encore des États-Unis. Par ailleurs, Pyongyang avait libéré trois ressortissants américains, détenus depuis des mois en Corée du Nord. Pourquoi donc ce revirement ?
Pour le justifier, le dirigeant américain explique ne pas avoir apprécié « l’hostilité des récentes déclarations nord-coréennes » à l’égard de son administration. Mais est-ce suffisant pour vouloir interrompre un processus qui allait constituer une victoire diplomatique sans précédant pour une administration partie du mauvais pied dans plusieurs autres dossiers, notamment au Proche et Moyen-Orient ?
Forcément pas, à moins que la situation de statu quo dans la péninsule coréenne convienne aux États-Unis ainsi qu’à d’autres pays de la région. La Chine et le Japon et en dépit d’une menace d’attaque nucléaire très peu probable, n’aimeraient pas voire, selon certains observateurs, émerger une puissance économique qui reproduira le modèle de l’Allemagne unifiée en Europe.

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