Sommet Inde-Afrique : Le retour d’une ambition stratégique
Après près d’une décennie de pause, le Sommet du Forum Inde-Afrique (IAFS) fera son retour du 28 au 31 mai prochain à New Delhi, marquant une nouvelle étape dans le renforcement des relations entre l’Inde et le continent africain.
Institué en 2008 pour structurer et dynamiser les relations bilatérales, ce mécanisme avait connu sa dernière édition en 2015. Cette quatrième édition vise à insuffler un nouvel élan stratégique au partenariat Inde-Afrique, en l’alignant notamment sur l’Agenda 2063 de l’Union africaine et sur le programme de développement indien « Viksit Bharat 2047 ».
Selon les informations fournies par l’ambassade de l’Inde en Algérie, le sommet s’articulera autour de trois volets principaux : politique, culturel et économique. Sur le plan politique, les travaux débuteront le 28 mai avec la réunion des hauts fonctionnaires, suivie le 29 mai par celle des ministres des Affaires étrangères. La rencontre au sommet, réunissant les chefs d’État et de gouvernement, est prévue pour le 31 mai.
L’Inde affiche son ambition de consolider un partenariat historique avec l’Afrique, fondé sur une solidarité ancienne, des intérêts convergents et des aspirations communes. New Delhi met en avant le potentiel du continent africain, caractérisé par une population jeune, des ressources naturelles abondantes et des marchés en pleine expansion. De son côté, l’Inde souligne également la vitalité de son économie, considérée comme l’une des plus dynamiques au monde, ainsi que la jeunesse de sa population.
Dans cette dynamique, les autorités indiennes insistent sur une approche renouvelée de leur engagement en Afrique. Le Premier ministre, Narendra Modi, a ainsi défini dix principes directeurs, axés notamment sur le renforcement des capacités, le développement local, le partage d’expertise, l’ouverture des marchés et le recours aux technologies au service du développement. L’accent est également mis sur des secteurs-clés, tels que l’éducation, l’agriculture et la santé. New Delhi affirme, par ailleurs, placer les populations africaines au cœur de ses priorités.
Sur le plan économique, l’Inde s’impose aujourd’hui comme le quatrième partenaire commercial du continent, avec des échanges dépassant les 100 milliards de dollars et des investissements cumulés de plus de 80 milliards de dollars. Lors de sa présidence du G20, elle a également contribué à l’intégration de l’Union africaine en tant que membre permanent du groupe, tout en soutenant les positions africaines sur plusieurs dossiers internationaux.
L’Algérie occupe, dans ce contexte, une place stratégique aux yeux de l’Inde. Considérée comme un pilier des relations avec l’Afrique, elle bénéficie d’une position géographique-clé, à la croisée des marchés africains et européens. New Delhi appelle ainsi à une participation active de l’Algérie à l’ensemble des travaux du sommet.
Les assises devraient se conclure par l’adoption de la Déclaration de New Delhi, qui définira les axes prioritaires de coopération pour les années à venir. Le partenariat entre l’Inde et l’Algérie devrait, à cette occasion, s’élargir au-delà des secteurs traditionnels pour englober de nouveaux domaines de collaboration.
En parallèle, le volet économique du sommet prévoit l’organisation de sessions plénières de haut niveau, de rencontres sectorielles, de réunions B2B et d’expositions, destinées à renforcer les échanges et à stimuler les investissements entre les deux parties.
Un dialogue d’affaires Inde-Afrique, accompagné d’une exposition, se tiendra également du 29 au 31 mai à New Delhi. Ces événements sont organisés par plusieurs grandes organisations professionnelles indiennes. Les autorités indiennes invitent les opérateurs économiques algériens, notamment les chambres de commerce telles que la CACI et la CREA, ainsi que les structures locales, à prendre part activement à ces rencontres.
Au-delà des échanges commerciaux, l’Inde met en avant son rôle dans le développement des infrastructures en Afrique. Plus de 206 projets ont été réalisés dans 43 pays du continent, couvrant divers secteurs tels que l’irrigation, l’énergie, l’industrie, les technologies et les infrastructures ferroviaires.