Sommet du G20: Des défis et des absences
Le Sommet du G20 prévu les 22 et 23 novembre à Johannesburg en Afrique du Sud se tiendra en l’absence de trois grands ténors à savoir les présidents chinois, Xi Jinping, le russe Vladimir Poutine et l’américain Donald Trump. Le Premier ministre, Sifi Ghrieb, est depuis jeudi à Johannesburg pour représenter le président de la République, Abdelmadjid Tebboune.
Il s’agit du premier sommet du G20 organisé en Afrique, après un cycle dominé par des sommets tenus dans des pays du Sud global, au Brésil (2024), en Inde (2023) et en Indonésie (2022). Après cette édition, l’Afrique du Sud doit passer le relais de la présidence du G20 aux Etats-Unis.
Ce sommet devrait réunir, durant deux jours, les dirigeants des plus grandes économies du monde. Fondé en 1999, le Groupe des 20 économies majeures comprend 19 pays et deux organisations continentales, à savoir l’Union européenne (UE) et l’Union africaine (UA). Les membres du G20 représentent 85 % du PIB mondial et environ deux tiers de sa population.
Ce sommet survient dans une conjoncture marquée par une instabilité mondiale grandissante et des tensions politiques, notamment entre Pretoria et Washington.
Donald Trump n’a cessé les attaques contre l’Afrique du Sud depuis son retour à la Maison-Blanche en janvier, l’accusant sans fondement d’un prétendu « génocide blanc ». Il a aussi infligé à Pretoria des taxes douanières de 30 %, les plus élevées pour l’Afrique subsaharienne.
Cependant, pour le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, ce sommet devrait apporter de nouvelles solutions aux multiples crises qui secouent le monde, notamment sur les questions du financement du développement, la transition énergétique et l’endettement des pays pauvres. Son thème est « Solidarité, Égalité, Durabilité ».
Pour sa présidence du G20, Pretoria a indiqué avoir des priorités : le renforcement de la résilience face aux catastrophes, la viabilité de la dette pour les pays à faible revenu, le financement d’une transition énergétique juste ainsi que l’exploitation des minéraux critiques pour une croissance inclusive et un développement durable.
L’Afrique du Sud a mandaté une équipe d’experts pour analyser les inégalités mondiales de richesse et proposer des solutions au sommet. L’équipe, dirigée par le prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz, a appelé à la création d’un panel international pour s’attaquer à « l’urgence des inégalités » qui laisse 2,3 milliards de personnes en situation d’insécurité alimentaire modérée à grave.
Pour Pretoria, les perspectives de croissance sont menacées par les barrières commerciales et les nouveaux risques géopolitiques, bouleversées par les nouvelles règles du jeu imposées par la Maison-Blanche avec les surtaxes douanières. Elle plaide pour une revitalisation du multilatéralisme.
Le ministre des Finances sud-africain, Enoch Godongwana, en ouverture d’une réunion de deux jours avec ses homologues du G20 près de Durban (est), a déclaré que « l’inflation ralentit progressivement et que les conditions financières ont commencé à se stabiliser dans certaines régions », mais « l’incertitude continue de peser lourdement sur les perspectives de croissance mondiale ». « L’augmentation des barrières commerciales, les déséquilibres mondiaux persistants et les nouveaux risques géopolitiques sont des préoccupations importantes », a-t-il ajouté. Ces défis, associés aux effets du changement climatique, risquent de rendre les objectifs de développement durable « encore plus hors d’atteinte », a-t-il estimé.