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Sommet de l’OPEP à Vienne : Nouvelles convergences

Sommet de l’OPEP à Vienne : Nouvelles convergences

Les ministres de l’Energie de l’Opep et des partenaires du cartel, qui convergent vers Vienne pour une réunion demain, devraient parvenir à prolonger l’accord de limitation de la production malgré une situation géopolitique tendue.

Sauf surprise, cet accord de limitation, décidé à la fin de 2016 par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et à laquelle se sont joints d’autres producteurs, dont la Russie, devrait pouvoir être renouvelé.

Son application depuis le début de 2017 a participé à une baisse des réserves mondiales et fait remonter les prix. Les participants, qui avaient déjà étendu au printemps la durée de l’accord jusqu’à mars 2018, doivent désormais discuter de son futur.

Entre les pays du cartel, les tensions sont élevées. Le prince héritier saoudien a ainsi qualifié fin novembre le guide suprême iranien de « nouvel Hitler », et le Qatar est toujours soumis à un blocus de ses voisins arabes. Pourtant, les spécialistes du secteur estiment que ces conflits devraient peu influencer les négociations.

« Dans le passé, quand l’Irak a envahi le Koweït, ou pendant la guerre entre l’Irak et l’Iran, les rivalités étaient politiques et même militaires. Ces pays parvenaient tout de même à travailler dans le cadre de l’Opep », a rappelé Richard Mallinson, analyste géopolitique pour Energy Aspects.

Au contraire, la géopolitique pourrait faciliter le travail du cartel.
Ainsi, l’arrivée au pouvoir en Arabie Saoudite, en juin, du fils du roi Salmane, qui a assuré son emprise sur le trône en faisant arrêter près de 200 personnalités en novembre, pourrait jouer en faveur de l’accord.

« Derrière (le ministre de l’Energie) Khaled al-Faleh se tient le décideur en chef, le prince héritier Mohammed ben Salmane, ou MBS », ont expliqué les analystes en matières premières de RBC.
« Son plan de réforme de l’Etat aura plus de chance de réussite avec un baril de brent à 60 dollars. Décevoir MBS peut conduire à tout, sauf à une promotion, et le ministre al-Faleh va devoir tout faire pour parvenir à ses fins », ont-ils ajouté.

Résultat, le ministre saoudien réclame publiquement une extension de l’accord jusqu’à la fin de l’année prochaine, quitte à trop gonfler les espoirs des investisseurs.

« L’Opep n’a pas très bien géré les attentes du marché, et nous nous attendons donc à un renouvellement jusqu’à la fin de 2018 », a estimé pour l’AFP Joel Hancock, analyste spécialiste du pétrole chez Natixis.

Pourtant, certains dirigeants de grands groupes pétroliers russes se sont montrés sceptiques sur la nécessité de prolonger l’accord, renforçant les craintes de voir la Russie ne pas respecter l’accord, comme cela s’était passé en 2008.

La production quotidienne russe, de 11,3 millions de barils de brut en octobre, dépasse les 10 millions produits par l’Arabie saoudite, selon l’Agence internationale de l’énergie. « Or le président Vladimir Poutine, qui a déployé la force militaire russe en Syrie et a reçu pour la première fois le roi saoudien à Moscou, cherche à renforcer sa présence dans la région.

« En rentrant dans le jeu de l’Opep, la Russie a une position excellente dans la région. Si elle sortait du rang et dépassait ses objectifs de production, elle perdrait en crédibilité au Moyen-Orient », a expliqué Bjarne Schieldrop, analyste chez SEB. Pour la Russie comme pour l’Opep, il s’agit également de faire face aux Etats-Unis.

Dopées par les gisements de pétrole non conventionnel, les extractions américaines ont atteint en novembre leur plus haut niveau hebdomadaire depuis 1983 et le début de la compilation de ces données.

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