Sommet Afrique-Corée : Alger réaffirme ses ambitions continentales à Séoul
Chargé par le président Abdelmadjid Tebboune, Ahmed Attaf a pris part, ce lundi, aux travaux du sommet ministériel à Séoul. Alors qu’Alger et la Corée du Sud célèbrent 20 ans de relations privilégiées, le ministre a insisté sur la parfaite convergence entre ce partenariat et l’Agenda africain 2063, tout en multipliant les coulisses diplomatiques en marge de l’événement.
Devant ses homologues africains et coréens, le chef de la diplomatie algérienne a, d’abord, dressé un bilan globalement positif du partenariat depuis le sommet de 2024, tout en soulignant l’urgence d’accélérer sa concrétisation. « Nous évaluons le chemin parcouru à travers deux mots : le soulagement et l’ambition. Le soulagement, au regard des progrès déjà accomplis. L’ambition, parce qu’il reste encore beaucoup à bâtir pour consolider cette dynamique », a-t-il déclaré.
Evoquant la convergence entre les objectifs du partenariat Afrique – Corée et l’Agenda continental, il a précisé que « nous constatons une réelle cohérence entre cette coopération et les priorités de l’Agenda africain 2063, ce qui confirme la pertinence de notre approche commune et l’utilité de renforcer la coordination africaine ». Le ministre a également salué l’engagement croissant de la République de Corée en faveur des mécanismes de coopération continentale, estimant qu’il s’agit d’un levier important pour consolider le principe de l’appropriation africaine des projets communs.
Par ailleurs, le message le plus appuyé d’Alger concerne l’avenir technologique du continent. « L’enjeu aujourd’hui est qu’il faut éviter que l’Afrique reste en marge des grandes révolutions technologiques qui redessinent l’économie mondiale, qu’il s’agisse de l’intelligence artificielle, de la robotique, des nanotechnologies ou des énergies renouvelables », a mis en garde M. Attaf.
Dans cette perspective, le deuxième volet abordé par M. Attaf concerne « l’appréciation de l’approche pragmatique qui caractérise ce partenariat. Une approche clairement illustrée par les différents programmes et projets de coopération déjà lancés afin de soutenir les priorités du continent africain dans plusieurs secteurs clés, notamment le commerce intra-africain, les infrastructures, l’agriculture, l’industrie, les technologies modernes, la numérisation et l’innovation ».
La priorité à l’heure actuelle, consiste, selon M. Attaf, à éviter que « l’Afrique ne reste en marge de ces révolutions, comme elle avait été marginalisée par le passé lors de la révolution industrielle alors qu’elle subissait le joug du colonialisme, puis exclue plus tard de la révolution informationnelle en raison des séquelles et des héritages persistants de ce même colonialisme ».
Deux décennies de relations privilégiées
Par ailleurs, « l’Algérie se félicite vivement de la relation qui la lie à la République de Corée, une coopération stratégique, privilégiée et singulière, marquée cette année par le vingtième anniversaire de sa signature », a-t-il martelé. Il a expliqué : « Alger considère également ce partenariat bilatéral comme l’un des piliers du partenariat global Afrique – Corée, d’autant plus qu’il porte des projets qui dépassent le cadre strictement bilatéral pour revêtir une dimension pleinement continentale, à l’image du projet important de création du Centre africain des technologies de l’information et de la communication et des technologies avancées ».
Au regard de l’ensemble de ces considérations, l’engagement de l’Algérie demeure, selon le chef de la diplomatie, constant en faveur de l’implication et de la contribution à donner davantage de valeur ajoutée à la relation stratégique qui la lie à la République de Corée, en renforçant son dynamisme et son contenu. Par ailleurs, « au-delà de cette dimension bilatérale, l’Algérie veille également à participer activement au développement et à la consolidation du partenariat Afrique – Corée, une coopération qui ne cesse de se diversifier et de s’élargir », a-t-il affirmé.
Dans le cadre de sa participation aux travaux de la réunion ministérielle du partenariat Afrique – Corée à Séoul, le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, a multiplié, le même jour, les entretiens bilatéraux en marge des travaux.
Il s’est notamment entretenu avec le ministre tunisien des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti. Les deux responsables ont examiné les préparatifs de la prochaine réunion du comité de suivi algéro-tunisien, appelée à évaluer l’état d’avancement des conclusions de la 23e session de la Grande commission mixte entre les deux pays. L’objectif affiché est de consolider la coopération bilatérale et de la hisser au niveau des ambitions fixées par les dirigeants des deux pays, le président de la République Abdelmadjid Tebboune et le président Kaïs Saïed.
Par ailleurs, le chef de la diplomatie a également eu des discussions avec la ministre des Affaires étrangères de la République du Bénin, Corinne Amori Brunet. A cette occasion, il a salué sa récente nomination et réaffirmé sa volonté de renforcer les relations de coopération et de fraternité entre Alger et Cotonou, dans un contexte marqué par le développement progressif de la présence diplomatique entre les deux pays.
Les échanges ont également porté sur plusieurs questions d’intérêt commun, notamment l’évolution de la situation dans la région sahélo-saharienne, un espace jugé stratégique pour la stabilité régionale.