Sofiane Aïssaoui : «Mon projet est de créer une fédération de MMA et de former des champions» – Le Jeune Indépendant
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Sofiane Aïssaoui : «Mon projet est de créer une fédération de MMA et de former des champions»

Sofiane Aïssaoui : «Mon projet est de créer une fédération de MMA et de former des champions»

Sofiane Aïssaoui surnommé « The Lion » est un combattant des Arts martiaux mixtes (MMA) reconnu sur la scène internationale. Son parcours, en France, marqué par une ascension fulgurante et une blessure grave, l’a amené à s’interroger sur l’humilité et la persévérance. Aujourd’hui, ce franco-algérien a pour ambition de développer le MMA en Algérie, en créant une fédération et en formant de futurs champions. Dans cet entretien accordé au Jeune Indépendant, Sofiane Aïssaoui se livre à cœur ouvert sur son parcours, ses motivations et ses projets pour l’avenir du MMA en Algérie. Il évoque également les défis auxquels il a dû faire face et son engagement à redonner à son pays.

Le Jeune Indépendant : Parlez-nous de votre parcours sportif, en particulier de votre transition du judo au MMA ?

Sofiane Aïssaoui : J’ai commencé le judo à l’âge de 4 ans et j’ai persévéré dans cette discipline jusqu’à mes 22 ans, atteignant le niveau international. J’ai combattu partout en France et à l’étranger. Après cela, j’ai ressenti l’envie de relever un nouveau défi en me tournant vers le MMA. En quelques mois seulement, j’ai intégré l’équipe de France et participé aux championnats du monde et d’Europe. Mes performances m’ont ensuite ouvert les portes du statut de combattant professionnel.

Pourquoi le choix du MMA ? Qu’est-ce qui vous a attiré dans cette discipline ?

Tout d’abord la possibilité de parcourir le monde et d’assurer un avenir financier confortable en accédant au statut de champion. Cette discipline, par sa nature multidisciplinaire, offrait l’opportunité de démontrer des aptitudes dans divers domaines sportifs, ce qui constituait un défi motivant. J’ai dû relever des défis au niveau technique, car je débutais dans le MMA sans bagage. J’ai dû puiser dans les ressources disponibles sur internet pour apprendre les techniques de base. Cela a rendu le début de ma carrière particulièrement ardu, mais m’a permis de développer une persévérance et une débrouillardise qui m’ont été précieuses par la suite.

Quelles leçons avez-vous tirées de votre expérience dans le MMA ?

L’humilité et la modestie. Au début de ma carrière, j’étais l’une des rares personnes à intégrer rapidement l’équipe de France et à participer aux championnats du monde, devenant très vite champion. Alors, j’ai pris la grosse tête. Puis, une grave blessure m’a fait comprendre l’importance de rester modeste et humble.

Quel est votre regard sur l’état actuel du MMA en Algérie ?

Le MMA en Algérie en est encore à ses balbutiements. Si l’enthousiasme et la volonté de pratiquer ce sport existent, les infrastructures font cruellement défaut. Les quelques clubs existants proposent des cours de MMA, mais ne répondent pas aux standards internationaux. Mon ambition est de créer une fédération de MMA en Algérie, qui permettrait d’encadrer la discipline, de la structurer et de lui donner les moyens de s’épanouir. Mon objectif est de développer le MMA en Algérie et de faire émerger de futurs champions. J’espère que cela se réalisera le plus vite possible. Dès que je rencontre les personnes compétentes, je m’efforce d’avancer rapidement. Plus vite ce sera fait, mieux ce sera. Cette fédération permettra d’organiser des événements et un championnat d’Algérie. Ensuite, les meilleurs combattants participeront aux championnats d’Afrique, puis du monde.

Selon vous, quels sont les principaux obstacles au développement du MMA en Algérie et quelles solutions préconisez-vous pour les surmonter ?

L’absence de salles d’entraînement adéquates constitue un frein majeur. L’installation d’infrastructures modernes et équipées dans les grandes villes, telles qu’Oran, Alger et Annaba, permettrait d’accueillir les pratiquants dans des conditions optimales et de favoriser la progression de la discipline.

L’engouement des femmes pour les sports de combat, notamment le judo et le karaté, en Algérie est en plein essor. Que pensez-vous de cette tendance ?

Je trouve cela important. Nous vivons dans une société qui semble de plus en plus dangereuse, peut-être pas encore en Algérie, car je n’y vis pas, mais dans d’autres pays. C’est important pour les femmes d’apprendre des sports de combat. Cela leur permet de s’émanciper et de se défendre en cas d’agression. De nos jours, les femmes devraient avoir autant d’impact sur le plan sportif et représenter leur pays au même titre que les hommes.

Dans votre événement « Arènes des Sacres », vous avez mis en avant des combats de MMA féminin…

En France, il y a peu de combats féminins, et dans le monde également, ils sont rares. Je veille toujours à inclure au moins un combat de femmes, qu’il s’agisse de professionnelles ou d’amateurs, lors de mes événements. Je suis engagé dans le développement du sport pour les femmes. Cette cause me tient particulièrement à cœur, d’ailleurs, ma fille et ma petite sœur pratiquent également le MMA. La nouvelle édition des arènes des sacres sera différente des autres. Elle se déroulera dans un Zénith de 4000 personnes, contrairement aux éditions précédentes qui se tenaient dans une salle de 1500 personnes. Il y aura davantage de combats professionnels et internationaux au programme. Je participerai moi-même à cet événement, où je tenterai de remporter la ceinture des 84 kilos. De plus, des tournois amateurs ont été organisés, ce qui est rare en France. Nous sommes les seuls à proposer ce type de compétitions amateurs, où les participants sont rémunérés pour les inciter à s’investir davantage.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui veulent se lancer dans ces disciplines en Algérie ?

Je leur conseillerais d’avoir une grande rigueur et d’être très disciplinés. Les sports de combat sont plus difficiles que les autres disciplines car on prend des coups et on se fait mal. Cela demande une grande force mentale. Ils ne se résument pas à être agressif et à frapper des gens, ni à avoir simplement des muscles. Il faut également avoir un cerveau, pour la préparation mentale et la stratégie nécessaire pour battre un adversaire.

Y a-t-il des athlètes algériens qui vous ont marqué ?

Je n’en ai pas vu beaucoup car je n’ai pas exploré toute l’Algérie. Mais je pense à un jeune de Bordj Bou Arreridj, pratiquant le kickboxing et intéressé par le MMA, qui est très talentueux. Je crois que si l’on repère davantage des jeunes algériens, ils pourraient devenir de grands champions. Il y a beaucoup de potentiel. Moi, pratiquant le judo, celui qui m’a toujours inspiré en Algérie, c’était Amar Benyekhlef.

Avant d’entamer mes deux ou trois semaines d’entraînement en Algérie, j’étais en France, bénéficiant de tout le confort et des infrastructures nécessaires pour m’entraîner correctement. Mais, je ressentais le besoin de sortir de ma zone de confort. Je suis venu sans coach, sans préparateur physique, sans savoir où cela me mènerait. Je voulais affronter la difficulté de bout en bout, tel que dans un combat. De plus, le fait de savoir que je suis dans mon pays d’origine ajoutait une saveur particulière à cette expérience. Je me suis senti beaucoup plus prêt, beaucoup plus à l’aise ici qu’au début de ma préparation en France.

Quels sont vos projets sportifs en dehors de l’Algérie ? Avez-vous des combats ou des compétitions de prévus prochainement ?

J’ai des propositions de grandes organisations mondiales comme le PFL et le KSW. Nous attendons de voir ce que nous allons choisir. Peut-être que si je mets un KO lors de mon combat la semaine prochaine, l’UFC m’appellera. Je ne sais pas encore. En France, j’ai accompli tout ce que je voulais. J’ai ma propre salle, mon propre événement, je suis combattant professionnel, j’ai été membre et sélectionneur de l’équipe de France. Je ne vois pas ce que je pourrais faire de plus, à part peut-être signer avec une grande organisation. La France m’a beaucoup donné et j’ai aussi beaucoup contribué. Maintenant, j’aimerais rendre tout ce que j’ai pris en France en l’apportant à l’Algérie. Il y a beaucoup d’Algériens qui veulent partir. Je peux dire que la France n’est pas mieux que l’Algérie. Les Algériens n’ont rien à envier aux Français. En France, quoi qu’il arrive, vous ne serez jamais considérés comme des Français. Il ne faut pas croire que la France est un Eldorado. J’espère remporter mon combat la semaine prochaine. J’aimerais inviter tous les Algériens qui liront cet article à me suivre désormais sur les réseaux sociaux pour me soutenir. Avec un peu de chance, nous pourrons bientôt établir une fédération et former de nouveaux champions, qui je l’espère, seront encore meilleurs et plus forts que moi.

(*) Sofiane Aïssaoui, né le 23 août 1991 à Revin en France, est un pratiquant franco-algérien d’arts martiaux mixtes (MMA), Pancrace et Karaté Mix, dans la catégorie des poids welters.

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