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Nationale

Six hôtels en souffrance à Tizi-Ouzou

Six hôtels en souffrance à Tizi-Ouzou

Les six établissements hôteliers de l’Entreprise touristique de Kabylie (ETK), touchés par l’opération de réhabilitation et de modernisation lancée en 2016, rouvriront leurs portes avant la fin de l’année en cours. C’est ce qu’ont fait savoir les responsables du secteur de l’hôtellerie à Tizi-Ouzou. L’hôtel Lalla-Khedidja rouvrira le 1er novembre 2019, le Belloua au cours du mois de septembre, le Bracelet d’argent d’Ath-Yanni et l’hôtel Tamgout à la fin de décembre 2019.
Quant aux hôtels Amraoua de Tizi-Ouzou et Thala-Guilef, ils seront livrés au cours du mois de décembre 2020. Nous réitérons que c’est la promesse faite au wali hier, à l’occasion de sa sortie au niveau du chef-lieu de wilaya où il s’est rendu aux hôtels Lalla-Kheddija, le Bellaoua et Amraoua, encore en chantier. Notons qu’en raison du faible rythme d’avancement des travaux, la livraison risque de tarder. Ni le wali, ni le PDG du groupe de l’Hôtellerie Touristique et Thermalisme (HTT), Lazhar Bounafa, ni aucun autre membre de la délégation accompagnant le wali n’ont cru à la possibilité d’honorer ces rendez-vous.
Au chantier de Lalla-Khedidja, le taux d’avancement des travaux est estimé à 50%. « Il est quasiment impossible de terminer les travaux d’ici à septembre de l’année en cours même si on mobilise tous les moyens possibles et on travaille sans relâche », a fait savoir au Jeune Indépendant un élu local. Ni l’opération de carrelage des sols, ni le crépissage des murs, ni toute autre opération de maçonnerie n’ont été encore exécutés. Et encore moins l’électrification et les travaux de badigeonnage des murs et autres opérations de décor. Seuls les gros œuvres, qui remontent à l’époque même où l’hôtel était en construction, sont visibles. Au niveau de l’hôtel le Belloua, la situation est pire. Dans la cour et devant le portail d’accès principal, il n’y a que des amas de gravats, de briques, de planches et autres éléments témoignant d’un début de chantier. A l’intérieur, les murs et les piliers, dont le ciment et l’acier les composant vous agressent, renseignent que beaucoup reste à faire en matière de travaux. Le même constat sera fait à l’hôtel Amraoua. Sur les lieux, les chargés de réalisation des travaux de restauration de l’hôtel Thala-Guilef ont projeté à l’écran l’établissement en chantier. Les images renseignent également sur le faible taux d’avancement des travaux. A la question posée par Lazhar Bounafa au présentateur sur la date de livraison de l’hôtel, celui-ci a avoué son incapacité d’avancer la moindre date en raison des aléas qui risquent de survenir. Mais sur insistance du PDG du Groupe HTT, le présentateur a fini par avancer celle de décembre 2020. Notons enfin que l’enveloppe dégagée pour l’opération de réhabilitation et de modernisation de ces établissements hôteliers est de plus de 800 milliards de dinars. Le démarrage des travaux remonte à mai 2017. Le délai de réalisation initial était de 12 mois. Il va sans dire que les rallonges financières pour les travaux en question ont été inévitables. Concernant l’hôtel Lalla-Khedidja par exemple, les travaux ont démarré le 24 mai 2017. Le délai de réalisation a été fixé à 12 mois, soit au plus tard à juin 2018. Le montant du marché a atteint, après réévaluation, 229.742.664, 75 DA. Pour bon nombre d’experts, ce montant aurait pu servir à construire un hôtel flambant neuf. Concernant l’établissement hôtelier le Bracelet d’Argent d’Ath-Yanni, le début des travaux de restauration remonte aussi au 24 mai 2017 pour 12 mois. Aujourd’hui, la fin des travaux de réhabilitation s’annonce loin encore. Sur le plan financier, la situation est aussi décourageante. Le montant initial du marché était de 230.688.585, 54 DA, mais après réévaluation, il a été porté à 234.285.162, 56 DA. Il convient relever qu’aucune explication n’a été fournie sur le motif de ces réévaluations. Pour l’hôtel Amraoua, le montant des travaux dépasse les 400 millions de DA.

Il y a lieu de noter enfin que dans un point de presse, le wali a reconnu que c’était une erreur d’avoir décidé la fermeture des six hôtels en même temps pour procéder à des travaux de restauration et de réhabilitation. Selon la conception de Mahmoud Djemaâ, il aurait été judicieux de réhabiliter ces hôtels l’un après l’autre pour éviter des pertes économiques. A une question du Jeune Indépendant sur le respect des délais, le wali a rétorqué qu’il ne pouvait se prononcer qu’après évaluation de la situation. « L’administration est prête à accompagner les entreprises dans le règlement des problèmes qu’elles pourraient rencontrer sur le terrain », a-t-il dit. Les journalistes présents ont profité de ce point de presse pour interpeller le wali sur d’autres volets constituant l’actualité au niveau de la wilaya de Tizi-Ouzou. Le Jeune Indépendant l’a fait sur le dossier brûlant de l’ENIEM de Oued-Aïssi. Le wali a fait savoir que les nouvelles concernant cette entreprise de l’électroménager sont « bonnes ». « Pour le moment, dit-il, les ateliers de l’ENIEM sont pourvus de la pièce détachée indispensable au montage de ses différents appareils électroménagers ; il reste à continuer le travail sur le volet portant les démarches à faire au niveau de la banque pour l’obtention des crédits dont elle (l’entreprise) a besoin ». « Cependant, ajoute encore Mahmoud Djemaâ, il est impératif pour les travailleurs et les responsables de l’ENIEM de Oued-Aïssi de revaloriser leur travail, c’est-à-dire d’assurer une bonne production et de rendre leurs produits compétitifs ».
Le wali a signifié que dorénavant l’ENIEM d’Oued-Aïssi est tenue de mettre sur la table des vecteurs d’ordre économique pour convaincre ses partenaires banquiers et non des arguments reposant sur le segment social. 
Saïd Tissegouine

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