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Nationale

Situation au Mali : Le plaidoyer d’Alger pour l’unité du pays

Situation au Mali : Le plaidoyer d’Alger pour l’unité du pays
Ahmed Attaf.

Alors que le Mali traverse une nouvelle spirale de violences marquée par une offensive d’envergure de groupes rebelles, l’Algérie sort du silence pour réaffirmer son soutien à l’unité de son voisin. Dans un contexte de chaos sécuritaire et de lourdes pertes au sein du commandement militaire à Bamako, la diplomatie algérienne appelle à la préservation de la souveraineté malienne face à la menace de déstabilisation régionale.

Depuis quelques jours, le Mali a replongé dans le chaos et l’incertitude. Une offensive sans précédent a été menée par plusieurs groupes rebelles contre des installations et des bases militaires à travers des régions du nord, du centre et de l’est du pays, principalement à Kidal, Gao et Tissalit. Des informations contradictoires ont circulé sur les réseaux sociaux concernant la prise de villes et de villages, au moment où Bamako a confirmé la mort de son ministre de la Défense Sadio Camara et la blessure de plusieurs hauts gradés de son armée.

Des hommes armés appartenant au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) ont revendiqué, samedi dernier, cette série d’attaques coordonnées avec le mouvement armé touareg de l’Azawad contre des positions stratégiques de la junte au pouvoir au Mali, en périphérie de Bamako et dans plusieurs villes importantes du pays.

Ce regain de violence a mis le pays dans une situation des plus confuses. Les observateurs n’arrivent pas à avoir une idée réelle sur les combats qui se déroulent, sur l’ampleur des dégâts et le bilan concernant les victimes. Des interrogations ont même surgi sur le rôle des centaines de soldats russes de l’Africa Corps, obligés de se retirer de leurs bases au nord du pays principalement à Kidal.

Sur la scène internationale, c’est l’inquiétude et l’expectative qui règnent sur un pays secoué par une instabilité chronique depuis 2020, et ce après deux coups d’Etat menés par des militaires. La junte avait d’abord rejeté l’Accord d’Alger, qui avait permis au Mali de retrouver une certaine stabilité dans les régions touarègues, avant de relancer sa guerre contre les mouvements Azawad grâce aux soutiens du contingent russe Africa Corps, et d’une société spécialisée turque qui assurait la sécurisation des installations névralgiques du pays.

De plus, la junte est allée plus loin sur le plan de la politique intérieure, décidant de la dissolution des partis politiques et la nomination sans élection du chef d’Etat, ouvrant même un bras de fer avec les pays membres de la CEDEAO, un groupement régional des Etats de l’Afrique de l’Ouest. 

Sur le plan économique, c’est pratiquement la crise et l’inflation qui perdurent. Le pays a subi depuis plusieurs mois un véritable siège des groupes terroristes qui empêchaient le carburant d’arriver, créant des pénuries et paralysant tout le pays.

Cette dégradation de la situation dans un pays qui partage plus de 1 000 kilomètres de frontières avec l’Algérie ne laisse pas indifférent et suscite logiquement des réactions. Par la voix du ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, Alger a réaffirmé la position constante de l’Algérie en faveur de l’unité, de la souveraineté et de la stabilité de l’Etat du Mali.

Dans une déclaration rendue public, le chef de la diplomatie nationale a insisté sur le soutien indéfectible de l’Algérie à l’unité du Mali, de son territoire, de son peuple ainsi que de ses institutions, soulignant que cette position s’inscrit dans la continuité des principes fondamentaux de la politique étrangère algérienne.

« L’Algérie, a indiqué son chef de la diplomatie, rejette catégoriquement toutes les formes et manifestations de terrorisme, qui ne peut être ni justifié ni toléré, quelles qu’en soient les motivations et les causes ». Il a estimé que cette position « c’est ce que dicte à l’Algérie sa douloureuse expérience avec ce fléau ».

Attaf a ajouté que l’Algérie appelle au renforcement de la « cohésion nationale au sein de l’Etat du Mali frère, car cette cohésion nationale constitue le meilleur rempart contre le phénomène du terrorisme et le bouclier sur lequel on peut véritablement compter pour faire face à ce fléau avec toute l’efficacité requise ».



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