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Culture

SILA:‘’Qa’adâ au cœur de la médina’’ de Abdelmadjid Bentchoubane

SILA:‘’Qa’adâ au cœur de la médina’’ de Abdelmadjid Bentchoubane

Vrais, spontanés, simples, les 19 récits qui composent le recueil de Abdelmadjid Ibn Tchoubane, intitulé ‘’Qa’adâ au cœur de la médina’’, qui vient de paraître aux Editions Anep, (et présenté au SILA 2018) sont d’agréables promenades dans les allées de certains quartiers populaires algérois.

Parmi la foule bigarrée de personnages qui s’y meuvent, il ne se trouve au bout du compte qu’un seul héros : Alger, El-Djazaïr ! Alger, la cité-mémoire, avec sa Casbah et ses ruelles tortueuses, ses artisans industrieux et soigneux à la tâche, ses venelles qu’embaument des bouts de légende, la mythique Cantéra aux remugles pieds-noirs, « Santodji » et ses lieux de baignade fétiches, Notre-Dame d’Afrique et ses joyeux drilles baignant dans une ambiance d’insouciance… La narration est un sacré bain de mémoire, qu’illumine et sublime l’irrésistible joie de raconter, de ‘’reconvoquer’’ des noms et des lieux, de déballer quelques réminiscences de l’enfance et aussi de reproduire -souvent avec une scrupuleuse et tatillonne fidélité- celle des autres, êtres chers, parents et amis, qui ne sont plus de ce monde… Ces feuillets épicés de 205 pages déroulent aussi des fragments de mémoire pour dire les tribulations écolières dans l’école des Pères-Blancs ‘’Petit-Séminaire Saint-Augustin’’, prestigieux établissement scolaire privé, auquel s’attache le souvenir de son inusable directeur, le mythique Père Jeanney.

Ou encore, dans le même quartier algérois, l’atmosphère qui prévalait dans l’établissement pédagogique des sœurs Salésiennes où la rigueur était de mise… Le récit déroule dans un climat chargé de tension un pan de la guerre de Libération nationale, ainsi que les rencontres extraprofessionnelles qui eurent lieu dans l’atelier d’ébénisterie de Ammi Abdelkader, rue Benachère – en face du premier Cercle du Mouloudia- réceptacle de gens d’horizons divers.

On y lit aussi, dans la foulée, l’histoire de l’élimination spectaculaire à Bab-el-Oued, le 29 avril1957, du si longtemps insaisissable bourreau d’Alger, le chef guillotineur Justin Daudet, ‘’paisible tenancier de bar’’ rue de Tanger dans la vie civile, coupeur de têtes de moudjahidine à l’heure du laitier dans la sinistre prison de Barberousse (Serkadji). Des torrents de larmes et de sang, beaucoup d’espoir et de soleil animent ces tranches de vie et de mémoire que s’applique à faire revivre la plume alerte de l’auteur

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