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Nationale

Sidi Saïd joue l’apaisement

Sidi Saïd joue l’apaisement

Le bras de fer Ali Haddad-Tebboune a donné lieu ces derniers jours à une violente polémique dans les milieux politiques, syndicaux et patronaux. Une polémique qui n’a pas épargné Sidi Saïd, le patron de l’UGTA, l’un des partenaires et signataires de la fameuse déclaration d’El Aurassi. Sidi Saïd est devenu rapidement le « mouton noir » de cette affaire et est montré du doigt comme étant celui qui a fait un choix délibéré, basé sur des considérations personnelles ou régionalistes, voire politiciennes.

Tout le monde aura vite fait de résumer cette histoire en deux mots : Sidi Saïd apporte son soutien à Ali Haddad contre Tebboune. C’est à partir de là que les réseaux sociaux et autres médias et sites inondent leurs lecteurs en s’attaquant directement au SG de la Centrale syndicale, en distillant des informations sur son implication dans des prétendus détournement de l’argent des œuvres sociales des postiers. 

Une cabale de plus ? Veut-on créer de la discorde en soufflant sur la braise et en ciblant une organisation importante, qui est censée avoir et entretenir de bons rapports avec le gouvernement et collaborer également avec le patronat, les deux seuls garants de la préservation de l’emploi des travailleurs ?
Y a-t-il vraiment un profond malaise au sein de la Centrale ? Existe-t-il une réprobation de la part de dirigeants syndicalistes sur ce soutien de Sidi Saïd à Ali Haddad ? Pour en savoir plus, nous nous sommes rapprochés du siège de l’UGTA pour connaître au moins l’avis des syndicalistes. Sur les lieux, le climat est normal, les syndicalistes ne semblent pas donner d’importance à ce qui se dit sur leur patron puisque pour la majorité, cela relève de l’intox. Rencontré hier sur place, un membre de l’UGTA et proche collaborateur d’Abdelmadjid Sidi Saïd, qui a requis l’anonymat, a affirmé que « le secrétaire général de l’UGTA est « serein et déterminé à poursuivre ses engagements au service de la République pour le développement socio-économique du pays ». Les syndicalistes rencontrés sur place balaient d’un revers de main les fausses accusations et les suspicions en déclarant sans ambages que le patron de la plus puissante centrale syndicale est « un homme propre qui n’a jamais volé l’argent des œuvres sociales ».
Il a révélé que « lors de notre dernière réunion, Sidi Saïd a réitéré, au nom de l’UGTA, son soutien indéfectible au président de la République et le respect au plan d’action du gouvernement Tebboune ». Les membres du syndicat affirment « qu’il n’y a aucun conflit ni mésentente avec le Premier ministre et que l’UGTA a toujours été aux côtés du gouvernement lorsqu’il s’agissait de soutenir des revendications socioprofessionnelles des travailleurs ».

Cependant, le secrétaire général souhaite éviter des déclarations publiques « en cette période où nous estimons qu’il y a amalgame entre le respect de la déontologie et des valeurs républicaines avec ce qui s’apparente, à travers des commentaires maladroits, au soutien à une personne ». Pour ce proche collaborateur de Sidi Saïd, on a versé dans la polémique et le dénigrement. « Le niveau de nos valeurs s’est abaissé jusqu’aux discussions de café rapportées sur des réseaux sociaux afin de manipuler l’opinion publique », nous dit-on. Selon les propos de certains membres du syndicat, Sidi Saïd est déterminé à montrer du doigt ceux qui n’ont jamais aidé au développement du pays et qui continuent avec leur mauvaise foi à semer la discorde au sein de la société. Sidi Saïd a toujours déclaré « qu’il faut commencer d’abord par préserver nos valeurs », rapporte encore notre source syndicale.

S’agissant du soutien à Ali Haddad, le secrétaire général de l’UGTA aurait affirmé à ses proches collaborateurs qu’« il a apporté son soutien à une personne respectable qui représente un patronat employant en Algérie plusieurs dizaines de milliers de travailleurs ». Sidi Saïd ne justifie pas ce soutien, mais simplement aurait dit qu’il défend « les valeurs républicaines et le respect de l’éthique ». Il a soutenu, en aparté à ses assistants, qu’« on ne peut pas quand même humilier une personne que nous avons invitée à une fête ». Notre interlocuteur nous a confié que Sidi Saïd estime qu’il est indélicat, en tant que secrétaire général de l’UGTA, de rester les bras croisés devant un fait qui relève de la pure humiliation d’un chef d’entreprise qui emploie plus de 15 000 personnes.

S’agissant justement des mises en demeure adressées au groupe ETRHB appartenant au président du FCE, le SG de l’UGTA aurait déclaré qu’il « n’a pas le droit de s’immiscer dans la gestion propre d’une entreprise », avant d’ajouter à l’adresse de ses proches collaborateurs : Cchacun est responsable de ses actes de gestion. » Le plus juste est de rester solidaire dans un cadre légal, et l’UGTA a un rôle à jouer dans la cohésion et la préservation de bons rapports de cohabitation entre le gouvernement, le patronat, les chefs d’entreprises et les travailleurs, notamment dans une période économique aussi cruciale.

Il est clair que si le patron de l’UGTA ne veut en aucun cas se démarquer de son soutien à la déclaration d’El Aurassi, en dépit des attaques frontales qu’il subit, il montre de véritables signes d’apaisement dans ce qui s’apparente à une bataille d’arrière-garde sur des échéances politiques encore lointaines.
 

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