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Nationale

Sidi Mohamed Ferhane : 1 200 milliards de DA pour des projets surévalués

Sidi Mohamed Ferhane : 1 200 milliards de DA pour des projets surévalués

Un haut responsable, le DG de la prévision au ministère des Finances, Sidi Mohamed Ferhane, a lancé un véritable cri d’alarme ce lundi sur les ondes de la Chaîne III au sujet des projets gelés puis relancés, mais avec une surévaluation du coût inquiétante.

Le montant a été estimé à 1 200 milliards de DA, selon lui. Mais c’est surtout en matière d’impact de cette dépense sur l’entreprise que la question de son efficacité pose problème, selon Sidi Mohamed Ferhane qui pointe du doigt les comportements de certains ordonnateurs accusés à demi-mot de dilapider, voire de jeter l’argent par les fenêtres, qui « pèsent sur les équilibres financiers de l’Etat ».

Ces ordonnateurs ou donneurs d’ordre, qu’il n’a pas identifiés, n’ont pas respecté le nouveau cadre budgétaire triennal plafonnant les dépenses publiques à l’effet de prévenir ou, tout au moins, limiter les tensions sur les équilibres internes institué à partir de juin 2014 par la loi de Finances de 2017.

Le DG de la prévision au ministère des Finances justifie l’actuel déficit financier, d’environ 11 milliards de dollars, par la baisse de la fiscalité pétrolière, compliquée par « des ordonnateurs qui ont mis les pouvoirs publics devant le fait accompli en libérant des projets censés être gelés », dit-il. Sidi Mohamed Ferhane explique que suite aux instructions du Premier ministre, « ces dépenses, occasionnées par ailleurs par d’importantes surévaluations de projets de l’ordre de 1 200 milliards de DA, ont commencé à être plus strictement régulées ».

Un rapport de la Banque mondiale (BM) établi en 2003 sur 27 projets, et les analyses entre 2005 et 2007 font le constat suivant : « Chaque projet a fait l’objet de six réévaluations en moyenne, avec des retards de 5 à 6 ans pour un délai d’environ 10 ans. Entre 2005 et 2007, les réévaluations dans le transport varient entre 15 et 30% par rapport au portefeuille initial, et le ratio des ressources utilisées est parfois supérieur de 7 fois. Une nouvelle instruction du Premier ministre vient d’ordonner à tous les ministres de prendre des mesures urgentes pour « réduire et éponger les dettes » des entreprises publiques économiques de leur secteur respectif envers le Trésor public. La raison en est que ce dernier est aujourd’hui fortement sollicité et soumis à une forte pression en raison de l’accumulation des dettes, de l’incapacité des entreprises publiques de s’en acquitter dans les délais, ainsi que de la possibilité de recourir à de nouveaux emprunts auprès des banques et du Trésor, ce qui aurait un impact négatif sur l’économie nationale et les revenus publics.

Cette instruction, portant le numéro 16/12 et adoptée suite à la réunion du conseil d’administration du Conseil de participation de l’Etat du 12 décembre 2018, présidée par le Premier ministre en tant que président du conseil, prévoit un certain nombre de mesures et d’ordonnances pour les ministres des secteurs concernés afin de faire face à l’accumulation de la dette et à la situation catastrophique de la plupart des entreprises publiques économiques, qui « menacent désormais le Trésor public de faillite ». L’instruction stipule que les ministres de divers secteurs « sont tenus de suivre les recommandations issues du Conseil de participation de l’Etat afin de lutter contre la détérioration de la situation financière des entreprises publiques, notamment en ce qui concerne leurs dettes ».

Le Premier ministre a ainsi ordonné aux membres de son gouvernement de “mettre en place des comités ad hoc” au niveau de leurs départements, « lesquels sont appelés à rendre compte périodiquement de la situation de ces entreprises au ministre du secteur ». La

directive du Premier ministre enjoint également aux PDG de ces entreprises de faire leurs propositions sur les procédures à suivre pour « payer ces dettes et leur accorder la plus haute priorité », tout en les obligeant à « soumettre des rapports périodiques à leur tutelle sur la situation financière de leurs entreprises ou leurs groupes, ainsi que sur les procédures qu’ils ont suivies ».

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