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Monde

Si Kobané résiste, l’Irak est au bord de l’effondrement

Si Kobané résiste, l’Irak est au bord de l’effondrement

Les jihadistes du groupe terroriste Etat islamique (EI) étaient freinés hier dans leur offensive dans la ville syrienne de Kobané, où les Kurdes ont repris deux positions, tandis qu’en Irak l’armée repoussait leur assaut contre une grande ville de l’ouest du pays.

Signe de l’inquiétude grandissante des pays occidentaux, une conférence vidéo a réuni dans l’après-midi le président américain Barack Obama et des dirigeants européens, dont le Britannique David Cameron, le Français François Hollande et l’Allemande Angela Merkel.

Ces dirigeants ont discuté de la stratégie de la coalition internationale alors que sa campagne de frappes aériennes n’a pas empêché l’EI de continuer à avancer tant en Syrie qu’en Irak ces dernières semaines.
Tout en se déclarant « très inquiet » pour Kobané, Barack Obama a assuré mardi que sa stratégie « fonctionnait » et visait le long terme. Des propos pour le moins contradictoires.
Au cours des 48 dernières heures, la coalition a augmenté le nombre de raids sur les positions de l’EI à Kobané, réussissant à freiner la progression des terroristes qui étaient arrivés lundi jusqu’au centre-ville.

Le groupe terroriste ultra-radical crée par une alliance arabo-occidentale anti-syrienne a récemment fait venir des renforts en hommes pour faire face à la résistance des femmes et hommes des Unités de protection du peuple (YPG), la milice kurde qui défend la ville, qui ont affirmé leur détermination à se battre « jusqu’au dernier » pour « sauver » la troisième ville kurde de Syrie.
Mieux armés, les terroristes contrôlent environ 50% de Kobané, et cherchent à l’isoler totalement en bloquant dans le nord l’accès des Kurdes à la Turquie, jusqu’à présent sans succès.

Depuis le début le 16 septembre de l’offensive jihadiste à Kobané, près de 600 personnes, en majorité des combattants, ont péri, et quelque 70 villages sont tombés aux mains de l’EI. En outre plus de 300.000 habitants ont fui, dont plus de 200.000 en Turquie et des milliers en Irak.

Dans l’Irak voisin, l’armée irakienne, aidée de tribus, a repoussé un assaut de l’EI lancé avant l’aube contre Ramadi, le chef-lieu de la province occidentale d’Al-Anbar.
Cette province, majoritairement sunnite, est devenue un objectif majeur pour les jihadistes qui veulent prendre le contrôle des zones qui lui échappent encore. Ils la contrôleraient à 85%, selon un haut responsable de la province.

« A Al-Anbar, la bataille est rude » face à des jihadistes qui se déplacent « librement », a reconnu un porte-parole du ministère américain de la Défense, le colonel Steven Warren. L’EI a resserré ces derniers jours l’étau autour d’Amriyat al-Fallouja, l’un des derniers fiefs de l’armée à Al-Anbar, désormais quasiment assiégé.
Après l’arrivée de renforts de l’armée, « nous attendons les ordres (…) pour lancer une contre-attaque et lever le siège de la ville de trois côtés », a indiqué le chef de la police d’Amriyat al-Fallouja, Aref al-Janabi.

L’enjeu est de taille car si la ville tombe, « la bataille se déplacera aux portes de Bagdad et Kerbala », la cité sainte chiite au sud de la capitale irakienne, selon un responsable local.
Dans ce contexte, le président Obama avait averti mardi que la campagne contre l’EI allait prendre du temps et qu’il y aurait immanquablement des « revers ».

Il s’exprimait à l’issue d’une réunion avec les chefs militaires de 22 des pays membres de la coalition rassemblés à Washington pour la première fois depuis le début de la guerre contre l’EI, fort de dizaines de milliers de combattants dont des Occidentaux.
Les pays de la coalition souhaitent une plus grande implication de la Turquie, notamment en permettant l’utilisation de ses bases par les avions américains. Mais Ankara rechigne à aider les Kurdes à Kobané, alors que l’armée de l’air turque a bombardé lundi des positions en Turquie des rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). 

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