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Nationale

Seul un sixième du parc auto a moins de 3 ans

Seul un sixième du parc auto a moins de 3 ans

Bien que les Algériens achètent de moins en moins de voitures neuves, faute de disponibilité sur le marché, – seul un quota de 50 000 voitures est prévu pour cette année contre 440 000 en 2014 -, il n’en demeure pas moins que le parc automobile national a enregistré durant l’année 2016 une augmentation significative.

Près de 6 millions (5 986 181) de véhicules circulent actuellement sur les routes algériennes contre 5 683 156 en 2015, soit une augmentation de plus de 303 000 unités.

Si les véhicules neufs se raréfient en attendant que les choses se clarifient quant à la politique visée par l’Etat, il est cependant facile d’observer un vieillissement de la flotte automobile après l’embellie financière de la décennie écoulée et l’injection d’un nombre impressionnant de voitures, notamment touristiques, toutes marques confondus.

Un parc monopolisé, faut-il le préciser, par les marques françaises, coréennes, japonaises et allemandes mais qui s’est vu renforcer à partir des années 2000, par des labels américains ou encore chinois.

Les règles établies par le gouvernement Sellal pour l’activité des concessionnaires et importateurs et les exigences faites quant à la livraison préalable de la fameuse licence a fait grimper, contre toute attente, les prix des véhicules « montés « localement, dépassant tout entendement

Une réalité qui fait que nombre d’entre les acteurs activant dans le circuit n’eurent d’autre choix que de s’orienter vers d’autres créneaux tout autant porteurs. Le marché de l’occasion en tête, ou encore la représentation multimarque.

Et comme la nature a horreur du vide, les importations de véhicules neufs par des particuliers ont, cette année, connu aussi une hausse conséquente qui s’est chiffrée à 530 millions de dollars. Une augmentation confirmée par le ministre du Commerce lui-même. Samedi, Ahmed Saci a en effet indiqué que la totalité des véhicules importés depuis le début de l’année 2017 ont été achetés à l’étranger par des particuliers par leurs propres moyens.

530 millions de voitures importées grâce aux licences des moudjahidine

Interrogé sur les 530 millions d’importations de véhicules enregistrés sur les cinq premiers mois de l’année en cours, le ministre a expliqué que ces voitures avaient été importées par des particuliers avec leurs propres moyens financiers en utilisant les licences des moudjahidines. « C’est leur droit sachant que, maintenant, on ne peut pas l’importation des véhicules « , a-t-il ajouté.

S’agissant de l’octroi des licences d’importation des véhicules au titre de l’année 2017, le ministre s’est gardé de donner la date de leur livraison, laissant entendre que celles-ci restent tributaires des résultats de la commission installée par le ministère de l’Industrie chargée d’établir un nouveau cahier des charges pour la construction automobile.

« Le travail se fait actuellement au ministère de l’Industrie pour requalifier le cahier des charges relatif à la construction automobile », s’est-il contenté de préciser.

Cet état de fait implique que le marché des voitures devrait connaître une certaine léthargie durant le second semestre puisque nombre d’intermédiaires dans la chaîne de revente adoptent, dès lors, le wait and see. Une « torpeur » en partie aussi à l’origine de la hausse des prix du marché d’occasion.

Les chiffres publiés par l’Office national des statistiques (ONS) montrent que le nombre de véhicules immatriculés et réimmatriculés durant l’année 2016 a connu une hausse de près de 23% par rapport à l’année 2015.

Ainsi sachant qu’en 2015 un peu plus de 1 500 000 véhicules ont été immatriculés et réimmatriculés, l’année dernière fait ressortir plus de 1 850 000 véhicules immatriculés et réimmatriculés, soit une hausse de près de 350 000 véhicules dont une très large majorité est constituée de « vieilles voitures ».

Autre constat fait par les spécialistes du secteur, la rareté du neuf et les prix exorbitants affichés au niveau des showrooms des concessionnaires, en sus du marché de la pièce de rechange qui, de son côté, s’est aussi adapté aux besoins du marché.

Les réajustements des prix se sont répercutés sur le marché d’occasion lequel a fait un saut remarquable, et ce bien qu’il soit précisé en haut lieu que la facture d’importation de pièces de rechange n’a connu aucune baisse.
En 2016, la flotte auto compte un véhicule
pour 6,6 Algériens

Toutefois, et sur la base des chiffres fournis par l’ONS, peu de familles algériennes se trouvent privées de véhicule en cette deuxième décennie du XXIe siècle.

Avec six millions de véhicules circulant dans le pays, soit une moyenne de un véhicule pour 6,6 Algériens, il est en effet rare de trouver des familles sans voiture. Bien que celles qualifiées de moyenne ou encore aisées peuvent être à l’origine de cette montée des statistiques.

Certaines famille de cinq personnes peuvent en effet se retrouver avec autant de véhicules souvent neufs, au moment où d’autres familles, plus nombreuses, restent limitées à une voiture, souvent d’occasion, pour huit à dix personnes.

En effet, selon l’Office national des statistiques (ONS), le parc national automobile comptait 5 986 181 véhicules à fin 2016, contre 5 683 156 véhicules à fin 2015, en hausse de 5,33%, correspondant à une augmentation de 303 025 unités entre les deux années.

Concernant le nombre de véhicules qui ont été immatriculés et réimmatriculés en 2016, il a atteint 1 856 150 dont 192.171 véhicules neufs, contre 1 505 403 opérations d’immatriculation et de réimmatriculation en 2015, soit une augmentation de 23%.

Les véhicules immatriculés portent sur les véhicules neufs ainsi que les véhicules réformés et accidentés qui ont été réintégrés dans le parc national automobile, est-il encore précisé.

Par semestre, le nombre de véhicules immatriculés et réimmatriculés a atteint 1 004 083 unités au premier semestre 2016, tandis que le second semestre a enregistré 852 067 opérations d’immatriculation et de réimmatriculation, soit une diminution de 152 016 véhicules par rapport au premier semestre 2016, correspondant à un recul de 15,14%.

Par catégorie, ce sont les véhicules de tourisme qui ont fait l’objet du plus grand nombre d’immatriculation et de réimmatriculation en 2016, avec un nombre de 1 385 275 véhicules, soit 73,17% de la totalité des véhicules immatriculés et réimmatriculés durant l’année dernière.

Concernant la répartition régionale, les cinq premières wilayas qui ont compté le plus grand nombre d’opérations d’immatriculation et de réimmatriculation sont celles d’Alger avec 146 662 unités (15,74% de la totalité), suivie de Blida avec 136.584 (14,53%), de Tébessa avec 92.501 unités (10,07%), de Constantine avec 78.625 (8,5%) et de Djelfa avec 72.707 (7,86%).

Une comparaison avec les années précédentes peut s’avérer aussi intéressante. En 2014, l’Algérie a importé près de 440 000 véhicules contre 300 000 en 2015. Le quota de 2016 a été fixé à 152 000.

Pour cette année, les concessionnaires devraient se partager le nombre de 50 000 unités, et ce en attendant, bien entendu, que leur soient délivrées les licences qui seront tributaires d’un cahier des charges aux conditions drastiques, notamment celles relatives à une participation à la production industrielle locale.

Et tout ceci contribue, on s’en doute, au maintien sur nos routes de vieilles carrosses à l’origine de nuisances environnementales avérées.

Ceci au moment où, dans d’autres pays, notamment de la rive Nord méditerranéenne, la politique est largement orientée vers une vision réformatrice de tout le secteur visant à diminuer au maximum les gaz dégagés par les machines roulantes et dont les effets nocifs, aussi bien sur la santé humaine que sur l’environnement, ne font plus de doute.

5 % véhicules français roulent à l’électricité

En France, pour ne donner que cet exemple, l’actuel gouvernement n’a pas manqué de mettre parmi ses priorités une réduction significative des véhicules roulant aux carburants traditionnels (gasoil et l’essence) jusqu’à arrêt de leur production à l’orée 2040.

Pour ce faire, un projet a été soumis à l’Assemblée de ce pays pour mettre en place ce dispositif à partir de janvier 2018 : le nombre des anciens véhicules à carburant fossile dont la date de mise en circulation est antérieure à 1997 pour le diesel et avant 2001 pour l’essence.

Dans le projet, il est fait aussi une proposition visant à encourager les citoyens français propriétaires de ce type de véhicules, en leur accordant une prime de transition, à opter pour un véhicule plus neuf ou d’occasion de type hybride ou électrique.

Les derniers chiffres publiés par les institutions de sondages de ce pays montrent qu’à la fin 2016, près de 5 % de la flotte auto est constituée de véhicules dotés de la nouvelle technologie (électrique)

Dans le monde, selon des statistiques publiées par le journal Word’s Auto plus de 1 milliard 100 millions de véhicules circulent actuellement, contre 980 millions en 2010. A l’origine de ce boom, le marché chinois qui prend des envolées ces dernières années.

La puissance asiatique occupe désormais la seconde place avec un parc automobile de près de 78 millions d’unités et détrône le Japon, troisième sur le podium. Les Etats-Unis qui restent loin devant avec leurs 240 millions d’unités, restent de loin le pays le plus polluants de la planète en ce domaine.

Reste que, selon les spécialistes, le pire est à venir. Sachant qu’un Chinois sur 17 possède actuellement un véhicule, loin derrière les Etats-Unis où l’on compte un véhicule pour 1,3 Américain, l’enrichissement de la société chinoise verra dans les toutes prochaines années un inévitable renforcement du parc auto chinois, et s’il est fait comparaison avec le niveau de vie actuel des habitants du pays de l’oncle Sam, il faut compter un milliard de véhicules supplémentaires. Par conséquent, une quantité astronomique d’émissions de gaz polluants à effet de serre est en perspective.

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