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Nationale

Ses compagnons se souviennent de l’architecte de la Révolution

Ses compagnons se souviennent de l’architecte de la Révolution

« Il ne faut jamais utiliser l’histoire pour des fins politiques ; l’histoire, c’est une valeur de la nation ; c’est sa propriété aussi. » C’est ce qu’a déclaré Lakhdar Bouregaâ, commandant de l’ALN (Wilaya IV) hier, commentant le 60e anniversaire de l’assassinat de Abane Ramdane, en décembre 1957 au Maroc.

L’officier de l’ALN à fait cette déclaration lors du Forum d’El Moudjahid, dont la thématique portait sur « la Révolution et les institutions de la Révolution « . Plusieurs historiens et compagnons de l’architecte de la révolution algérienne étaient présents à ce forum. Lakhdar Bouragaâ estime qu’ « il faut éloigner la politique quand il s’agit d’histoire « .

« En politique, nous pouvons choisir et prendre des décisions ici et là, chose qui n’est pas permise en histoire. » L’histoire pour lui « constitue un repère dans toute société, « c’est une boussole qui nous guide ; sans elle, nous nous perdrions « . Pour ce qui est de Abane Ramdane, l’intervenant témoigne de « son courage, son esprit d’union, son franc-parler et son ‘’agressivité’’ dans ses communications « .

Il poursuit : « Abane a donné un nouveau souffle à la révolution, et c’est lui qui a pris conscience du manque de mécanismes d’application de la déclaration du 1er Novembre « .

C’est dans ce sens que plusieurs institutions ont été créées, souligne de son côté Sadek Bakhouch, chercheur en histoire. « Abane disait que la révolution doit avoir des institutions « , indique cet universitaire.

Et c’est à partir de là que l’Union générale des travailleurs algériens confiée à Aïssat Iddir, et l’Union générale des étudiants musulmans algériens furent créées.

Le chercheur en histoire a indiqué aussi que l’architecte de la révolution, connu pour être un fédérateur, un rassembleur et le symbole de toute l’Algérie, a joué un grand rôle dans la construction des institutions de l’Etat.

« Il a réussi à unifier tous les courants. Abane disait que la révolution ne réussira qu’avec la participation de tous les courants de la société, appelant le peuple à s’unir sur une idée commune pour combattre la France. « 

Faisant allusion aux centralistes sortis de prison le 13 mai 1955, que Abane avait contactés pour rejoindre la révolution de novembre. Bakhouch s’est arrêté sur les grandes stations du parcours du moudjahid en commençant par ses années d’école jusqu’à son intégration à la révolution en 1955, en passant par ses années de prison, où il a lu un nombre impressionnant de livres.

De son côté Tahar Gaïd, un compagnon de Abane, est intervenu pour témoigner de sa grande capacité à prédire les événements à venir dans la révolution, et sa vision lointaine. « Abane a tout de suite intégré la révolution pour combattre l’ennemi. »

Son compagnon rejette l’idée que le moudjahid était dictateur, dans la mesure où il acceptait le débat, « et il était à l’écoute de toutes les parties « .

Pour ce qui est de l’assassinat de Abane, le flou demeure toujours et les différents intervenants n’ont rien rapporté sur ce crime. Toutefois, Sadek Bakhouch estime que Abane « a bel et bien été assassiné « à la suite de moult différences de vision.

Nous pouvons retenir que Abane Ramdane, surnommé « l’architecte de la révolution », est mort sans voir l’indépendance de l’Algérie. Néanmoins, il a vécu pour une cause et il est mort pour cette cause. Cette commémoration coïncide avec la deuxième année de la mort de Hocine Ait Ahmed, un homme qui a marqué l’histoire et le champ politique algériens.

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