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Nationale

Senat et le tweet de Valls : Un grave dérapage

Senat et le tweet de Valls : Un grave dérapage

La photo du Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, sciemment publiée par le Premier ministre français Manuel Valls, risque d’envenimer davantage les relations, déjà très tendues depuis quelques jours, entre Alger et Paris.

La France pouvait-elle soupçonner que l’onde de choc allait ainsi prendre de l’ampleur ? Du tweet posté par le Premier ministre Manuel Valls au lendemain de sa virée algérienne, citoyens et institutions se mettent désormais derrière le locataire d’El-Mouradia. Un geste jugé « inacceptable » et émanant d’un responsable français qui n’a aucun sens de la retenue ni de culture d’Etat.

Si d’aucuns estiment -et les médias français le reconnaissent- que les présidentielles françaises pourraient se jouer au-delà de la rive sud de la Méditerranée, ça serait faire preuve d’ingénuité que de penser le contraire.

Le cortège des futurs candidats à l’Elysée ayant fait halte ces deux dernières années dans les pays du Maghreb ne laisse plus de doute.
Mais ce qui semble étrange, à en croire des observateurs avisés, c’est la campagne visant le plus grand pays d’Afrique.

Qu’un journal, quelle qu’en soit son audience, exploite une probable implication d’un ministre dans les scandales révélés par Panamas papers pour impliquer « délibérément » le président de la République, ou qu’une chaîne de télévision ose tourner en dérision « un symbole pour une génération d’Algériens « , cela aurait pu s’apparenter à une stratégie visant à faire capoter la visite de Manuel Valls à Alger, mais que ce dernier s’invite lui-même dans un tel lynchage, cela dénote que la future campagne électorale française a d’ores et déjà annoncé la couleur.

Et, partant, la lune de miel souhaitée par Bouteflika et Hollande aura été de courte durée. A en croire l’attitude du très probable rival de l’actuel président socialiste à la primaire, un revirement de plusieurs degrés est, semble-t-il, amorcé.

Après la présidente du Front national, Marine Le Pen, qui de coutume pointe l’Algérie pour en faire à tout bout de champs le bouc émissaire, ou encore Nicolas Sarkozy du parti Les Républicains, lequel ne manque pas d’égratigner Alger dès qu’il se trouve à l’une ou l’autre des frontières maghrébines, à présent c’est au tour du socialiste Manuel Valls de se positionner sur la même ligne de départ pour une course qui pourrait s’annoncer cruelle.

Certes, avec du recul, Alger se donne le temps pour riposter et c’est de la chambre haute du Parlement algérien que la riposte est venue.
Le Conseil de la nation a ainsi considéré que « les attaques consécutives émanant de différents milieux français reflètent un acharnement systématique allant en sens contraire des avancées réalisées ces dernières années pour l’édification d’une relation algéro-française privilégiée aux perspectives stratégiques basées sur les intérêts partagés, la confiance et le respect mutuels ».

Dans un communiqué diffusé jeudi, la Chambre parlementaire présidée par Abdelkader Bensaleh a relevé que « l’exploitation d’une photo du président de la République constituait un « dérapage grave qui outrepasse les limites de la décence politique et les us diplomatiques », saluant l’élan du peuple algérien qui « ne tolère aucune atteinte à son Etat, ses symboles et ses institutions ».

Un élan qui s’est en effet matérialisé à travers quelques marchées « improvisées » ici et là à travers tout le territoire à l’image de la région de Khenchela où plusieurs dizaines de citoyens avaient tenu à marquer leur indignation face aux manœuvres de la « France néocoloniale ».

La missive du Sénat précise en outre que « la campagne orchestrée contre l’Algérie s’est une fois encore confirmée à travers le comportement répréhensible du Premier ministre français Manuel Valls, après l’honneur qui lui a été fait d’être reçu par le Président de la République, un dérapage grave dénotant une intention malveillante et procédant d’un penchant irréfléchi qui transgresse les règles d’éthique, les us diplomatiques et les limites de la décence politique ».

Le communiqué de la chambre haute du Parlement rappelle l’adhésion, dès le début, des membres du Conseil de la nation à cet élan pour se dresser dans différentes tribunes et à la faveur d’événements politiques ou sociaux à travers tout le territoire national.

« Le devoir national dicte à toutes les Algériennes et à tous les Algériens de rester vigilants et de faire échec à tous les complots visant à déstabiliser l’Algérie pour affaiblir ses positions », ajoute le Conseil de la nation.

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