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Nationale

Séminaristes: La jeunesse algérienne ne lit pas

Séminaristes: La jeunesse algérienne ne lit pas

Le petit théâtre de la maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou a été, jeudi, l’espace intime d’un débat portant sur la littérature, la poésie et la chanson. A ce rendez-vous intitulé « Parole aux artistes » et animé par Slimane Belharet, étaient présents comme invités le célèbre chanteur Ali Idhefllawen et son complice de groupe musical, Ali Ouali, l’écrivaine El Djouher Amhis et la poète Na Dahbia des Ouacifs.

Comme invitée surprise, Fadhma Belaïd, et qui n’est autre que la fille du poète et résistant Ahmed Oumeri, tué par balle en compagnie de son ami, le I6 février 1947 à Aït-Bouadou. Son petit-fils, âgé de 45 ans et répondant à l’appellation de Belaïd Amar, était également présent dans la salle pleine à craquer. C’est d’ailleurs ce petit-fils qui apprendra à l’assistance, qui écoutait religieusement, qu’un livre sur la vie de son grand-père maternel sera bientôt édité et mis en vente.

L’homme révélera également que son grand-père, Ahmed Oumeri, né en I9II au village Ath-Djemâa, douar Ath-Bouadou a non seulement côtoyé de hautes personnalités du Mouvement national dont feu Messali Hadj, mais était aussi à la tête de 300 hommes armés prêts à se lancer dans un mouvement insurrectionnel dès cette année 1947 pour la libération du pays de l’emprise coloniale française.

Amar Belaïd conclura enfin que c’était le jour même de l’assassinat de son grand-père que fut créée l’Organisation Secrète (OS) du Mouvement national. Notons enfin qu’Ahmed Oumeri a laissé une veuve et trois filles. Sa veuve est décédée en janvier dernier et ses filles sont toujours vivantes.

Dahbia née en I939, Fadhma, née en I944 et Ouardia, née en I947. La benjamine est venue au monde quelques jours seulement après le décès de son père. C’est suite à ces éclaircissements concernant le profil d’Ahmed Oumeri où durant longtemps, la légende se mêla à l’histoire que l’animateur Slimane Belharet passa au second volet du programme. C’est Na Dahbia des Ouacifs, qui la première, émerveilla la salle par ses poèmes lyriques. Ses poèmes ne sont autres qu’une sévère critique sur les fantasmes de la société moderne algérienne.

De son côté, Ali Idefellawen, ingénieur en génie civil, parlera longuement de son groupe, des conditions de sa création et de son parcours artistique. Suite à une question qui lui a été posée, Le célèbre chanteur, dira qu’à ses débuts dans la chanson (année 1975) jusqu’à la fin de 1980, la primauté était réservée à l’art et l’argent était loin de constituer une quelconque motivation pour l’artiste.

Son ami et complice, Ali Ouali, médecin de son état et guitariste, accompagnateur dans le chant au sein du groupe Idheflawen, appuiera ce constat. Quant à la dimension de la chanson et musique algériennes, d’expression kabyle particulièrement, sur la scène internationale, Ali Idheflawen dira qu’en réalité, celle-ci dépend du degré migratoire de celles et ceux s’en réclamant.

« En ce qui me concerne, étant que notre communauté est forte au Canada, bien des Canadiens ont dansé au rythme de ma musique quand je me suis produit à Montréal », dira Ali Idhiflawen. Et d’ajouter aussitôt : « En définitive, la dimension de notre patrimoine musical et artistique dépend fondamentalement de notre communauté basée à l’étranger « .

Et parallèlement à leurs propos, Ali Idheflawen et son ami et complice de toujours, Ali Ouali, ont interprété certaines de leurs anciennes chansons lesquelles ont émerveillé le public qui n’arrêtait pas d’ailleurs d’en demander. Concernant ce groupe musical, nous terminons avec cette anecdote d’Ali Idheflawen. Kateb Yacine a été accompagné à sa dernière demeure, au cimetière d’El Alia, par une chanson d’Idhflawen, et ce fidèlement à sa dernière volonté.

Pour sa part, Mme El Djouher Amhis, parlera longuement de ses travaux littéraires, basés surtout sur la lecture et l’explicitation des auteurs algériens à l’instar de Mouloud Mammeri, Mouloud Feraoun, Abdelhamid Benhadouga, Malek Ouary, Mohamed Dib et Tahar Djaout Prochainement, Mme El Djouher Amhgis traitera des œuvres de Rachid Mimouni et Assia Djebbar.

Cette femme de lettres, tout en déplorant le peu d’intérêt qu’accorde les jeunes Algériens à la lecture, plaidera pour le développement de la langue et culture algériennes, amazighes particulièrement. A noter que Mme El Djouher Amhis a considéré que la langue française est loin d’être le meilleur outil pour s’informer et se cultiver alors qu’elle-même a fait toute son intervention dans la langue de Molière.

S’adressant particulièrement aux femmes, la femme de lettres leur recommandera d’éduquer leurs enfants dans la langue maternelle et surtout de leur assurer une bonne éducation culturelle. Lors du débat, une intervenante, enseignante d’anglais, une mère doit d’abord jouir d’une bonne culture afin de l’inculquer à ses enfants.

La même intervenante, qui dénoncera le faible niveau de culture générale dont souffrent de nombreuses personnes, cite l’exemple d’une jeune mère de famille, enseignante de son état, qui a toujours cru que Mouloud Feraoun était d’origine égyptienne. Cette mère de famille et non moins enseignante, a fait une confusion avec l’empereur-dieu de l’Egypte antique, Faroûûn.

« Dans ces conditions, s’écria l’intervenante, comment assurer une bonne et parfaite connaissance à sa progéniture ? ». Mme El-Djouher Amhis ne trouva comme explication à la question que celle-ci : « La jeunesse algérienne manque de lecture « .

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