-- -- -- / -- -- --
Nationale

Selon une enquête sur les jeunes : Un tiers sont sans formation et sans emploi

Selon une enquête sur les jeunes : Un tiers sont sans formation et sans emploi

Les résultats de cette enquête sont non seulement prévisibles, mais aussi effarants sur la situation intenable que vit une bonne partie de notre jeunesse, pratiquement livrée à elle-même et loin des préoccupations essentielles des institutions et autres organismes de l’Etat, censés les prendre en charge.

Ainsi, un jeune algérien sur trois âgés entre 15 et 29 ans est en situation de NEET (Not in Education, Employment or Training. Ni étudiant, ni employé, ni stagiaire). Des jeunes qui ne sont donc pas pris en charge par aucune des institutions de l’Etat.

C’est ce qu’a indiqué Kamel Boucherf, enseignant à l’Ecole nationale supérieure de sciences politiques et chercheur au Centre de recherche en économie appliquée pour le développement (CREAD), qui se fie aux résultats de l’enquête Sahwa que le CREAD a conduit, et qui a publié un ouvrage collectif : « La jeunesse algérienne : vécu, représentations et aspirations ». Ainsi, 30% de ces jeunes sont pris en charge par une seule institution : « La famille ». Selon lui, ces jeunes sont victimes de l’oisiveté car ils ne suivent aucune formation et ne travaillent pas. Une situation qui ouvre les portes aux problèmes, d’où l’inquiétude des uns et des autres. « On s’inquiète beaucoup pour cette catégorie », a-t-il souligné, signalant que certains d’entre eux se dirigent vers l’informel, et encore « quand il y a une chance, car ce n’est pas évident ». Tirant la sonnette d’alarme sur la gravité de la situation qui fait que ces jeunes se retrouvent dans « la nature », ce professeur,s qui est intervenu lors de la 3ème édition des débats qu’a organisés le Forum des chefs d’entreprise (FCE) hier, estime que cet état de fait est prévisible. « Quand on laisse un jeune avec ses aspirations sans aucun programme pour meubler sa journée, on s’attend à quoi ? », s’est-il interrogé, soulignant la nécessité de prendre en charge cette catégorie. Il a fustigé le ministère de la Jeunesse et des Sports qui est le premier concerné, lui qui est censé organiser des journées d’études et installer des comités d’études à même d’implémenter les résultats de cette étude dont « il n’est même pas au courant ! ».

Censée être une richesse et un levier de croissance, la jeunesse, ce capital humain, est sous-utilisée. Ainsi, un sur quatre (25%) de ces jeunes souhaite quitter le pays pour absence d’opportunités professionnelles et en raison de la qualité de vie.

L’inadéquation de la formation et le marché du travail ont été aussi longuement discutés lors du débat initié par le FCE : La jeunesse algérienne : une menace ou opportunité démographique ? Pour M. Boucherf, les opérateurs économiques doivent être impliqués dans l’élaboration des programmes de formation afin de rapprocher les formations des besoins du marché du travail. Il a cependant affirmé que beaucoup a été réalisé par l’Etat qui a investi dans la formation avec l’injection de budgets colossaux à cet effet, mais un problème d’efficience est signalé. Selon lui, l’université accomplit sa fonction sociale en répondant à un besoin social de formation, mais n’accomplit pas sa mission économique, alors qu’elle est censée réaliser les deux à la fois. Il a dans ce sens signalé des obstacles bureaucratiques auxquels on est confronté dans la démarche de faire intervenir « un homme de terrain » à l’université pour faire part de son expérience. « Nous avons besoin de l’expérience et du savoir-faire de ces opérateurs économiques », a-t-il soutenu, affirmant que d’énormes ressources existent dans les deux côtés qu’« il faut juste lier ».

A noter que les résultats de l’étude Sahwa, l’enquête sur la jeunesse, sont disponibles dans un ouvrage collectif. Nacer Eddine Benhamouda, qui a présenté les résultats, a aussi exposé des recommandations. Il est préconisé de réaliser cette enquête périodiquement pour mesurer l’évolution de la situation des nouvelles générations juvéniles, de faire une analyse comparative avec les autres pays de la région. Il est surtout recommandé de repenser l’articulation éducation-formation et formation initiale-formation continue mais aussi d’impliquer davantage le secteur économique dans la gestion du secteur formation.

Commentaires
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email