Selon Saihi : 47 000 nouveaux cas de cancer par an
L’Etat a déployé des efforts colossaux pour la prise en charge des malades atteints du cancer dont environ 47 000 nouveaux cas sont recensés chaque année. C’est ce qu’a fait savoir Abdelhak Saihi, ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière.
Le premier responsable du secteur a également affirmé que 49 % du budget des médicaments est alloué aux traitements d’oncologie. Concernant la disponibilité des médicaments, il a souligné que l’Algérie dispose d’une nomenclature incluant 1 053 DCI (dénomination commune internationale des médicaments), dont 30 % sont destinées au traitement des cancéreux.
Il a, dans ce sillage, réfuté l’existence d’une pénurie de médicaments, expliquant qu’il s’agit plus « d’une perturbation dans la distribution due à des facteurs externes » et « ne concerne que 42 médicaments, soit seulement 4 % de l’ensemble des DCI ». Il a tenu à souligner que dès qu’une perturbation est signalée, son département s’attelle, dans les plus brefs délais, à trouver des solutions pour notamment remplacer les médicaments manquants par un traitement équivalent.
Concernant les prises de rendez-vous pour les traitements de radiothérapie, il a assuré que ses services ont déployé des efforts pour que les délais soient écourtés à une semaine, au maximum quinze jours, et ce grâce à la mise en place d’une plate-forme numérique pour la prise de rendez-vous, accessible même par téléphone, dans l’optique de faciliter l’accès des malades à leurs séances de traitement. De plus, le ministre a affirmé que « tous les accélérateurs ont été réparés et sont opérationnels » et « des enveloppes financières ont été débloquées par l’Etat pour l’achat de nouveaux accélérateurs installés au niveau des hôpitaux ».
En outre, M. Saihi a déclaré que l’Etat déploie de grands efforts pour faire progresser le secteur, notamment en accordant, cette année, un budget estimé à 738 milliards de dinars. Il a ajouté que depuis 2020, 148 nouvelles infrastructures de santé ont déjà été réalisées. D’ici à la fin de l’année, le nombre total s’élèvera à 200 infrastructures entièrement équipées en matériels et en ressources humaines nécessaires.
325 milliards de dinars consacrés à la prévention
La prévention est l’un des volets prioritaires du secteur de la santé, qui y consacre « près de 325 milliards de dinars », a souligné le ministre qui annonce que, bientôt, sera déposé le projet d’une nouvelle loi consacrée à la prévention sanitaire.
Les programmes de prévention s’articulent notamment autour des campagnes de dépistages précoces des différents types de cancer dont le cancer du sein et celui du côlon, a expliqué M. Saihi. Il s’agit aussi de l’organisation de campagnes de sensibilisation et de prévention des maladies non transmissibles, à l’instar des maladies cardiovasculaires, de l’obésité et du diabète, et ce à travers des programmes prônant « une alimentation équilibrée et encourageant la pratique d’activités physiques et sportives », a-t-il souligné.
Il a, par ailleurs, déclaré que « le diabète est une véritable préoccupation sanitaire en Algérie », soulignant que « plus de 4 millions de personnes diabétiques sont enregistrées et que 18 % des jeunes risquent de développer un diabète ». De même, l’alerte est également donnée pour l’obésité qui touche actuellement 14 % d’hommes et 16 % de femmes.
Le premier responsable du secteur a tenu à mettre en exergue l’importance de la santé scolaire, soulignant que « la prévention débute dès l’école avec la mise en place de dépistages précoces et la prise en charge de l’enfant dès la détection de la moindre maladie, en l’orientant vers les structures de santé concernés ».
Par ailleurs, en réponse à la question du départ massif des médecins spécialistes vers l’étranger, le ministre a répliqué que ce phénomène est « minime et ne connaît pas l’ampleur que veulent lui donner certains ». Il a ajouté : « Il est vrai qu’il y a un certain nombre de départs de médecins à l’étranger et toutes les portes sont ouvertes pour leur retour, mais nous, en Algérie, nous ne considérons pas qu’il s’agisse d’un départ massif. » Il a conforté ces propos en affirmant que depuis 1990, environ 32 000 spécialistes ont été formés, dont 16 287 se trouvent aujourd’hui dans le secteur public et 13 000 dans le secteur privé.
Il a ajouté que l’Algérie est la mieux placée au niveau continental avec un ratio de 8 spécialistes pour 1 000 habitants, ce qui est très proche des recommandations de l’OMS qui est de 12 spécialistes pour 1 000 habitants. Il a également annoncé en plus de la publication, avant la fin de l’année, des statuts particuliers des différents corps de la santé, que les conditions socioprofessionnelles des spécialistes du secteur public seront nettement améliorées. Il a affirmé, dans ce sillage, que l’Etat mettra également tout en œuvre pour apporter le matériel médical nécessaire afin de leur permettre d’effectuer leur travail de manière optimale.
Le ministre a tenu à souligner qu’il existe une couverture médicale pour presque toutes les spécialités dans les hôpitaux du Sud et que, pour les cas qui le nécessitent, des opérations de jumelage avec les hôpitaux des autres régions sont mises en place.
Concernant la réalisation de l’hôpital algéro-qatari-allemand, M. Saihi a annoncé que demain, le 12 octobre, sera signé l’accord final pour le lancement des travaux, qui sont prévus durant les prochaines semaines. Il a ajouté que d’ici à un an ou un an et demi, certaines parties de cet hôpital seront livrées alors qu’il sera entièrement réceptionné dans deux ans.