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Nationale

Sellal menace de limoger les walis bureaucrates

Sellal menace de limoger les walis bureaucrates

Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, a sommé les walis d’alléger les procédures administratives aux opérateurs économiques afin de leur faciliter l’acte d’investir. « Tout responsable qui bloque le processus d’investissement sera bloqué à son tour », a-t-il averti à l’adresse des responsables locaux, lors de la rencontre gouvernement-walis qui s’est déroulée hier à Alger.

Outre son rôle de veiller à la stabilité et à l’ordre public, le Premier ministre a considéré que le wali devrait aussi s’impliquer pleinement dans le développement local, à travers l’attraction des investissements et l’accompagnement des opérateurs pour les aider à réussir leurs projets.
Pour souligner leurs prérogatives en matière de développement local, Sellal a rappelé que le foncier industriel, qui est la base essentielle de tout investissement, est du ressort des walis en coordination avec le ministère de l’Industrie.

« Nous avons cinquante zones industrielles à réaliser et pour accélérer ce processus d’industrialisation, j’ai demandé personnellement au ministre de l’Industrie de me faire un avant-projet sommaire afin de concéder le foncier aux investisseurs dès la finalisation de cet avant-projet », a-t-il assuré.

Il a précisé que le foncier sera distribué par le wali, le responsable de l’investissement du ministère de l’Industrie et le directeur des domaines. Le Premier ministre a estimé dans ce contexte que le taux d’avancement des projets et la consommation des crédits ne sont pas les seuls indices de la gestion locale. Mais que cette performance se traduit également par la création d’activités et d’emplois, l’implantation d’investissements et d’entreprises et l’évolution de l’attractivité économique des territoires dont ils sont responsables.

Concernant l’exploitation des terres agricoles, le Premier ministre a admis que le secteur de l’agriculture accuse toujours un retard malgré les progrès réalisés ces dernières années. « Il y a plein de terres agricoles en jachère », a-t-il fait constater en affirmant que des instructions ont été données au ministre de l’Agriculture afin de faire une étude globale permettant de rentabiliser au mieux ces surfaces agricoles utiles inexploitées. Sellal a même parlé de partenariat national public-privé pour l’exploitation de ces terres abandonnées.

Pour surmonter la baisse des ressources de l’Etat, générées essentiellement par les hydrocarbures, Sellal a estimé que l’investissement productif est la seule issue qui permettrait au pays de traverser cette conjoncture difficile marquée par l’effondrement des prix de l’or noir et des matières premières. Malgré cette période de vaches maigres, le Premier ministre reste optimiste quant à l’avenir du pays. « Nos marges de manœuvres budgétaires et financières nous permettent d’aborder avec sérénité la situation (…) La conjoncture actuelle est, certes, difficile mais elle offre aussi une excellente opportunité d’introspection et de prise de décisions audacieuses pour construire une nouvelle vision économique et modifier nos modes de fonctionnement et de régulation », a-t-il affirmé

Une fois de plus, le Premier ministre a tenu à rassurer l’opinion publique que son gouvernement ne compte pas imposer au peuple la politique d’austérité. Pour remédier au déficit budgétaire, il a affirmé que l’Algérie a opté pour la croissance et la relance économique et la rationalisation de ses dépenses.

Dans ce cadre, sellal a fait appel à la sagesse et à l’intégrité des responsables locaux qui devraient utiliser l’argent public à bon escient. Sellal a reconnu par ailleurs que l’économie nationale tend toujours vers les opérations commerciales plutôt que vers l’investissement productif. « Mais dorénavant les choses vont changer », a-t-il affirmé.

Optimiser la sphère informelle au profit de la production

Pour relancer la machine économique du pays, le premier responsable du gouvernement veut même associer ceux qui travaillent dans le secteur de l’informel. Se référant aux analystes, il a soutenu que le secteur de l’informel n’est pas tout fait négatif car il a tout de même contribué à la croissance économique et à la création d’emplois.

« Nous voulons inverser la tendance de l’économie informelle pour servir la production locale plutôt que les importations », a-t-il dit. A la fin de son discours, le Premier ministre a mis en garde contre le scepticisme. « Ce mal incurable dont l’Algérie doit se prémunir. Nous n’avons pas le droit d’être sceptiques, nous n’acceptons pas la déprime », a-t-il martelé.

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