-- -- -- / -- -- --
Nationale

Sellal : Faut-il un nouvel exécutif ?

Sellal : Faut-il un nouvel exécutif ?

« Nous sommes sur la bonne voie et notre politique est claire », et le « pays n’a pas été ébranlée et il ne le sera pas ». Tout le monde, parmi les observateurs, était sceptique sur les propos très optimistes du Premier ministre Abdemalek Sellal.

Alors que les indicateurs officiels et officieux indiquent bel et bien que l’Algérie est en train de vivre les premiers contrecoups de la crise des recettes pétrolières, voilà que Sellal se met à contre-courant de tous ces chiffres. Bien qu’il écarte une éventuelle banqueroute de l’économie du pays, Sellal se met carrément face à des évidences que les propres institutions de l’Etat diffusent.

C’est ainsi que ses assurances sont battues en brèche par des chiffres inquiétants publiés récemment par le ministère des Finances, qui font état justement de la persistance des déficits et surtout de la hausse incroyable des dépenses publiques rien que lors des deux premiers mois de cette année, pourtant inscrite comme l’année de la rigueur et de l’austérité.

En fait, Sellal se veut plutôt rassurant à l’endroit de l’opinion publique et des opérateurs économiques, quand il met en valeur son projet de « modèle économique », dont la tripartite sera l’occasion d’en débattre et d’en connaître les contours. C’est lors de cette réunion, prévue le 5 juin, que le lancement effectif de ce modèle ou programme sera donné.

Pour le gouvernement, un tel projet nécessite l’adhésion du patronat et surtout de la centrale syndicale, d’autant que Sellal précise que ce programme est étalé sur trois ans, de 2016 jusqu’en 2019, année de la prochaine présidentielle.

Cela montre, aux yeux des observateurs, que le gouvernement œuvre inlassablement à endiguer la chute des cours du pétrole, la baisse vertigineuse des réserves de change et surtout le creusement des déficits budgétaires.

Annoncé depuis des mois, ce modèle économique, qui n’est qu’une suite de réformes structurelles et un assainissement des climats des affaires et de l’investissement avec des facilitations multiformes dans des secteurs à forte valeur ajoutée comme l’agriculture, les TIC, les services ou le tourisme, va t-il se suffire des adhésions « spontanées » du Forum des chefs d’entreprise (FCE) et de l’UGTA ?

Ces deux entités ont des feuilles de route bien tracées, articulées autour de la défense des intérêts économiques des entrepreneurs privés ou des avantages sociaux des travailleurs, à les soutenir dans leur combat contre la bureaucratie et la précarité professionnelle.

Ces deux blocs sont plus que des alliés stratégiques dans la mise en place et la mise en route de ce modèle économique. Ils sont les socles sur qui tout doit être bâti. Ce genre de « pacte » économique et social est d’une importance capitale, qui va propulser les réformes dans une bonne trajectoire.

Sauf que ce programme souffre plutôt d’une carence de taille. Certains des observateurs pensent que la « viabilité » de ce modèle est intimement liée à la ressource humaine, c’est-à-dire qu’il lui faut des « managers », des « meneurs d’hommes » et non de simples « ministres » ou des technocrates.

Autrement dit, un modèle ou un programme nouveau, basé sur une démarche différente et novatrice et une vision moderniste diamétralement opposée à celle d’aujourd’hui, exige des hommes aux convictions bien ancrées.

Car il ne s’agit pas de loi qu’il faudra publier au Journal officiel ou de la mise en place d’une législation, mais d’une pratique longue et « acharnée ». De plus, cela doit être cohérent, homogène et dans un esprit solidaire et très pragmatique. 

Commentaires
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email