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Nationale

Sellal dit «la vérité» : «C’est une nécessité pour réguler le marché»

Sellal dit «la vérité» : «C’est une nécessité pour réguler le marché»

Les dernières déclarations du chef du gouvernement sont à inscrire dans « le registre des aveux » des hauts responsables de l’Etat. La reconnaissance implicite de Abdelmalek Sellal quant à l’anarchie qui règne sur les marchés algériens -notamment ceux versés dans la vente de produits de large consommation- est en fait un événement.

Le chef de l’exécutif a, en effet, reconnu que l’Algérie a encore besoin d’importer des produits de consommation parce que « nous avons encore besoin de fixer les prix sur le marché ».

Il va sans dire que la concurrence ne peut être effective que si les produits soumis à la vente répondent à certains critères de qualité, et les produits importés peuvent s’avérer, dans certains cas, référentiels.

Le Premier ministre était dans ce cas précis lorsqu’il a affirmé que la réduction de l’importation ne signifiait pas l’interdiction de certaines marchandises car l’Algérie a encore besoin d’une concurrence pour fixer les prix et offrir un meilleur choix au consommateur.

La réduction de la liste des importations ne signifie nullement l’interdiction de certaines marchandises car nous avons encore besoin de fixer les prix sur le marché et de garantir la qualité d’une part, et d’offrir un meilleur choix au consommateur algérien d’autre part, a indiqué Sellal à partir d’El-Oued où il a effectué une visite de travail et d’inspection.

Les récentes restrictions opérées à la faveur de la mise en application de certaines directives, notamment celles relatives aux licences d’importation, ont eu des répercussions sur les marchés locaux.

Ceux des fruits et légumes, pour ne citer que cet exemple, ont connu des flambées ahurissantes et difficilement supportables par les moyennes bourses.

Des produits locaux à qui, naguère, les marchands se contentaient d’accorder de peu illustres places sur leurs étals sont en effet cédés deux, voire trois fois leur prix réel en l’absence de produits importés, désormais soumis au fameux sésame.

Usant d’un ton plutôt nouveau, Abdelmalek Sellal a reconnu que l’Etat a le devoir d’informer le citoyen, « de lui dire la vérité », et de l’associer à la construction de son pays. D’aucuns conviennent qu’en l’absence de chiffres réels prouvant que les Algériens ont vécu, durant la dernière décennie, bien au-dessus de leurs moyens, ont fini par admettre la réalité.

Le PIB algérien reste en effet très en deçà des aspirations des sphères économistes du pouvoir, la consommation tout azimut et le déséquilibre du commerce extérieur engendré par les perturbations souvent à la baisse qu’ont connu les trois dernières années les marchés mondiaux des hydrocarbures, principales sources de devises pour le pays, restent en effet les principaux freins à l’épanouissement économique, ceci nonobstant les efforts que ne cessent de fournir les autorités à tout les niveaux pour réactiver la machine productive locale (industrie, agriculture, tourisme et même celle des services).

Un déséquilibre qui en plus oblige les pouvoirs publics à recourir aux réserves de change accumulées à la faveur des pics enregistrés durant les années 2000 sur les marchés pétroliers.

Abdelmalek Sellal a précisé lors de son allocution dans la ville des mille coupoles que les mesures du gouvernement de rationalisation des dépenses publiques et de maîtrise du commerce extérieur tendaient à « préserver les équilibres macro-financiers du pays et le pouvoir d’achat du citoyen tout en poursuivant les programmes de logement, de santé et d’éducation ainsi que les efforts d’appui à l’investissement productif ».

Un investissement seul garant, à en croire les économistes, d’une croissance de l’économie nationale. Le Premier ministre avait pourtant donné des instructions aux différents acteurs économiques et ce depuis deux ans (2015-2016) pour tenter d’atteindre l’objectif de réduire de 15% la facture des importations, un taux loin d’être atteint à en croire les derniers chiffres fournis par le directeur des relations publiques et de l’information à la Direction générale des douanes, Djamel Brika.

Ce dernier avait en effet annoncé que les importations avaient baissé d’un peu plus de 9%. Elles se sont chiffrées à en croire ce responsable à 46,72 milliards USD en 2016 contre 51,7 milliards de dollars en 2015, en baisse de 9,62%.

Seulement, les baisses des exportations ont engendré un déficit de la balance commerciale de 17,84 milliards de dollars durant l’année 2016, contre un déficit de 13,71 milliards en 2015, selon M. Brika. Un déficit comblé alors par le recours aux réserves qui vont finir par s’épuiser d’ici 2020, en référence aux prévisions les plus optimistes.

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