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Nationale

Sellal avertit les syndicats de l’éducation

Sellal avertit les syndicats de l’éducation

La conférence nationale sur l’évaluation de la mise en œuvre de la réforme de l’école, dont les travaux ont débuté hier à Alger, a été l’occasion pour le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, de prévenir les enseignants contre le lancement d’éventuels mouvements de grève comme ceux ayant marqué le secteur de l’éducation ces dernières années.

Dans son discours inaugural, il a exhorté les 450 000 enseignants de « concourir » à la stabilité nationale en tenant l’école loin des surenchères politiques. Pour le Premier ministre, il faut consacrer avant tout la stabilité sociale qui reste le fondement de la stabilité nationale. Il a précisé à ce propos que « tout enseignant a le droit d’avoir des activités politiques mais loin de l’établissement scolaire ». Le Premier ministre, qui leur a presque signifié l’interdiction des grèves au cours de la prochaine rentrée scolaire, a averti que les surenchères, qui pourraient porter atteinte à l’école, ne seront pas tolérées. « Il est difficile d’admettre les grèves illimitées qui n’émanent pas de nos valeurs et qui prennent en otage l’avenir des élèves, comme elles engendrent des répercussions négatives sur lui et sur l’école », a-t-il ajouté. Sellal s’est toutefois repris en tenant à préciser qu’il est certes avec le droit syndical, et qu’il voit « d’un mauvais œil » un enseignant comparaître devant la justice. En échange des grèves pour faire valoir leurs revendications, Sellal propose aux enseignants la voie du dialogue qui devrait être maintenue entre les professionnels de l’éducation et leur tutelle. « Le gouvernement va déployer tous ses efforts pour répondre aux revendications des syndicats », a-t-il promis en leur demandant toutefois de tenir compte de la conjoncture actuelle du pays marquée par la baisse des recettes nationales qui ont reculé de 47,1%. Le Premier ministre a souligné le rôle primordial des enseignants dans la formation de l’élite de demain, fer de lance du progrès de l’Algérie. 

45 milliards de dollars consacrés à l’éducation entre 2010-2014 

Sellal a réitéré l’engagement de l’Etat à poursuivre ses efforts en faveur du secteur « névralgique » que constitue l’éducation nationale. Il a rappelé qu’entre 2010 et 2014, l’Etat algérien a dépensé près de 45 milliards de dollars dans le domaine de l’éducation « C’est le meilleur investissement que nous puissions faire », s’est-il félicité, en ajoutant que la formation de la ressource humaine est le défi qui s’impose à l’Algérie car c’est ce qu’il lui permettra d’avoir une économie forte. Revenant sur la conférence dont la tenue coïncide avec l’accès à l’université de la promotion issue de la réforme, il a expliqué que l’objectif est d’apporter une évaluation objective et non pas de sortir avec une nouvelle réforme. « On ne peut se permettre de revenir en arrière », a-t-il estimé, rappelant qu’il y a eu beaucoup d’acquis qui sont palpables. Sellal a ajouté qu’il échoit à chaque cycle d’apprendre à l’élève un programme défini, citant à titre illustratif le cycle primaire chargé de lui apprendre à lire et à écrire sans pour autant « le noyer dans des théories ».

Pour sa part, le ministre des Finances, Abderahmane Benkhalfa, est revenu sur le volet budgétaire en écartant tout « recul » ou restriction de budgets dans certains secteurs comme l’éducation ou la formation suite à la baisse du prix du pétrole, précisant qu’il s’agit « plutôt des mesures de rigueur ». En marge de cette conférence, le ministre a expliqué qu’il s’agit de mettre plus d’efficience et de faire en sorte que les budgets retournent avec des résultats et des performances meilleures et de perdre moins de temps dans les situations d’inactivité. « Le pays a besoin de retrouver la notion de la valeur dans le travail, le temps, l’argent et même dans l’éducation », a expliqué le ministre des Finances.
 

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