Sécurité routière : l’État déclare la guerre aux camions surchargés
Face à la multiplication des accidents et à la dégradation prématurée du réseau routier national, les autorités passent à la vitesse supérieure. Le ministre des Travaux publics et des Infrastructures de base, Abdelkader Djellaoui, a sonné la mobilisation générale pour imposer une politique de tolérance zéro, articulée autour d’un contrôle rigoureux et d’une coopération interministérielle inédite.
La chasse aux camions en surcharge est désormais officiellement ouverte. Ce phénomène, devenu un véritable fléau pour la sécurité des usagers comme pour la pérennité du patrimoine routier, fait l’objet d’un durcissement notable de la politique de contrôle.
Inscrivant cette démarche dans l’application stricte du nouveau code de la route, le ministre a rappelé que l’enjeu dépasse la simple régulation technique. Il s’agit avant tout de préserver des vies humaines, tout en protégeant les infrastructures qui constituent les veines nourricières du développement économique et social du pays. Selon les analyses du département ministériel, les véhicules dépassant les limites réglementaires deviennent de véritables dangers ambulants. Leur maîtrise est altérée, leurs distances de freinage s’allongent dangereusement et leur stabilité est compromise, augmentant par là même la gravité potentielle des collisions sur les axes routiers.
Au-delà de la sécurité immédiate, c’est l’intégrité du réseau national de 147 220 kilomètres qui est en jeu. Abdelkader Djellaoui souligne que les surcharges sont responsables de la dégradation précoce des chaussées, des ponts et des ouvrages d’art. Cette situation pèse lourdement sur les finances publiques, alors même que près de 30 % du budget annuel du secteur est déjà consacré à l’entretien et à la réhabilitation d’environ 2 000 kilomètres de routes chaque année. À titre d’exemple, des investissements massifs sont continuellement injectés pour la maintenance de l’autoroute Est-Ouest, afin de garantir la viabilité de cet axe stratégique majeur.
Pour endiguer ce phénomène, l’État actionne plusieurs leviers simultanés. La stratégie repose notamment sur le respect impératif de la charge légale de 13 tonnes par essieu, une norme désormais intégrée dès la conception des nouveaux projets d’infrastructure. Parallèlement, le maillage du territoire par des stations de pesage, tant fixes que mobiles, va être densifié. Cette modernisation du dispositif technique s’accompagne d’une refonte du cadre juridique et d’une synergie intersectorielle. Le ministre a appelé à une coordination étroite entre la Gendarmerie nationale, les ministères de l’Intérieur, des Transports et de la Justice, afin d’harmoniser les efforts en matière de contrôle, d’application de la loi et de prévention.
Toutefois, le premier responsable du secteur demeure lucide : la répression, bien qu’indispensable, ne suffira pas à elle seule. Il insiste sur la nécessité de mener des campagnes de sensibilisation ciblées envers les transporteurs et les professionnels du secteur. La culture du respect des normes de charge doit s’ancrer dans les pratiques quotidiennes des acteurs du transport.
Dans cette optique, la signature d’une convention visant à doter les unités de la Gendarmerie nationale de nouvelles stations de pesage mobiles est saluée comme une avancée concrète et décisive vers un contrôle plus réactif sur le terrain.
En guise de conclusion, Abdelkader Djellaoui lance un appel solennel à l’ensemble de la profession et aux usagers. Il rappelle que la sauvegarde des vies et des infrastructures relève d’une responsabilité partagée, exigeant une éthique de conduite irréprochable de la part de chaque acteur. C’est par cet engagement collectif, alliant respect du code de la route et vigilance accrue, que la collectivité parviendra à transformer durablement le visage de la sécurité routière en Algérie.